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Smart city

Les objets connectés, mais de quoi parle-t-on ?

Publié le • Par • dans : Dossiers d'actualité, France

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objets-connectes-une © Fotolia - Mimi Potter

Les objets connectés sont à la mode, mais ce terme générique recouvre des réalités hétérogènes, plus ou moins innovantes. Or, bien cerner ce qu’ils sont permet de ne pas se tromper sur les usages possibles.

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Smart city : les clés de la ville intelligente

 

Dans la catégorie des concepts à la mode sur lesquels les collectivités locales – et bien d’autres – adorent communiquer, les objets connectés figurent dans le haut du panier. Toute ville qui se veut “smart” l’utilise à un moment donné. Angers a inauguré sa “Cité des objets connectés”, soutenue par des fonds régionaux et européens ; Laval Mayenne Technopole a ouvert le Neoshop à Laval, proposant une ribambelle de produits “innovants” ; Nice et Cisco ont créé leur “boulevard connecté”, etc.

Objets connectés, “connected objects”, “Internet of things”…

Comme pour tous les termes dont raffolent le marketing, il n’est pas inutile de revenir à la définition.
De façon générique, un objet connecté est un objet augmenté d’une couche de capteurs qui lui permet de communiquer des données à un réseau informatique, via un intermédiaire – smartphone, ordinateur… -, ou directement, en les transmettant par différents moyens, sans fil ou non : WiFi, RFID, bluetooth, câbles…

“La notion vient des Etats-Unis, où l’on emploie deux termes : “connected objects” et “Internet of things”, précise Olivier Ezratty, consultant spécialisé dans l’innovation numérique. Ce dernier terme est trompeur : “L’objet peut être connecté à Internet mais aussi à un réseau local”, précise-t-il encore.

Grâce à sa couche d’électronique, l’objet connecté envoie des données issues de ces capteurs ou déclenche une action, voire les deux. Ainsi, des capteurs de pression sur une voirie déclencheront l’éclairage public au passage de piétons ou de véhicules.

Olivier Ezratty invite à relativiser l’impression de nouveauté, et, corollaire, la taille du marché : “L’innovation est un processus continu, les noms changent tous les 5 ans. Il s’agit souvent d’amélioration de produits déjà existants, les 3/4 du marché existent déjà. On a déjà observé ce phénomène avec d’anciennes vagues de technologies. Les grosses entreprises, comme Cisco ou IBM, sentent qu’il y a un filon à exploiter.” Il souligne toutefois plusieurs changements de fond qui induisent une massification des objets connectés et un accroissement de leurs possibilités d’analyse : “Le prix des capteurs, de la connectivité et du traitement des données a énormément baissé”.  Avec cette nuance : “les données vraiment utiles ne représentent souvent qu’une infime partie des données connectés.”

Un objet connecté n’est pas un “objet interface”

La définition technique a ses limites, estime encore Cyroul, consultant acerbe, qui se définit comme un “casseur de mythes publicitaires”. Partant de la nomenclature fondée sur le hardware(1), il note :

“Ce classement très cartésien, utilisé par les ingénieurs informaticiens et les marketeux du M2M(2), fonctionne très bien pour ranger tous les trucs qui se connectent à internet. Mais à quoi peut nous servir cette classification dans une démarche d’innovation ou de Creative Technologist ? A rien. Car n’appelons pas “innovation” le “rebranding” de quelque chose qui existe déjà, s’il vous plaît”.

Il faut donc être capable de s’extraire du point de vue purement technique pour innover dans les objets connectés. Et la première chose à faire pour créer un objet connecté original consistera à arrêter de l’assimiler à un “objet-interface”. Une approche radicale qui vous permet de penser l’objet au centre de votre dispositif, plutôt que de faire de la fausse innovation que tout le monde fait déjà.”

En clair, nous dit-il, appelons un chat un chat, un smartphone un smartphone. Ce qui n’empêche pas de développer des usages numériques pertinents à partir de ces appareils. “Un objet connecté décuple la puissance de ce que l’on faisait avant, alors qu’une interface fait la même chose, précise-t-il. Il n’est pas possible d’avoir un smartphone déconnecté, alors que l’on peut utiliser un parapluie sans connexion.” En attendant le jour où “nous nous passerons du smartphone comme intermédiaire, tout sera connecté… ”

Il conclue son article par ce conseil en forme de mise en garde :

“Encore plus que l’internet en son temps, les objets connectés sont le futur. Confondre ces objets et leurs potentiels avec de simples interfaces gadgets (du genre Google Glass ou smart watch) est désastreux. C’est à nouveau essayer de créer dans le digital en oubliant sa composante première : l’utilisateur, l’usager, le passant. (…) A l’issue de cette période, on trouvera deux types de marques/d’entreprises : celles qui auront inventé de nouveaux objets créant de nouveaux usages, et celles qui dépenseront des centaines de milliers d’euros pour rattraper les premières.”

Partir du besoin des usagers

“Il faut se poser la question de la valeur économique et de la valeur pour l’usager”, renchérit Olivier Ezratty. Dans un écosystème numérique en mutation perpétuelle et rapide, faire des choix innovants pertinents sans gaspiller de l’argent public peut avoir des airs de quadrature du cercle. Ainsi, la question du retour sur investissement n’est pas toujours tranchée pour des concepts qui en sont encore au stade du démonstrateur comme les smart grids. Il conseille de s’appuyer sur des objets “généralistes”, pour toucher un maximum d’usagers.

“Il faut définir les attentes du public-cible selon ses besoins, et pas les vôtres, et les tester en conditions réelles, pour voir si cela apporte une plus-value, dans une vision à long terme”, nous a détaillé encore Cyroul. Ces démarches de design de politique publique qui partent de l’usager commencent à faire leur chemin en France.

“La technologie est tellement peu mature qu’il y a un risque à investir”, reconnaît Cyroul. De ce point de vue, la mutualisation constitue une bonne façon de diluer les pertes et de ne pas exclure des collectivités moins riches. L’innovation numérique contraint, de façon générale, à changer de posture : “un outil numérique n’est jamais définitif, on est obligé d’itérer.”

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  1. 1. Lara 15/12/2015, 00h21

    intéressant (y)

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