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Fonction publique territoriale

Nouveau cadre d’emplois des ingénieurs et concours d’administrateur : débats houleux au CSFPT

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Philippe Laurent, president du CSFPT © Valerio Vincenzo

La réforme "tant attendue" du cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux ne fait pas du tout l’unanimité. Lors de la séance plénière du Conseil supérieur de la FPT du 16 septembre, les organisations syndicales ont exprimé leur désaccord à l’unanimité sur deux des projets de décret (sur quatre), entraînant ainsi une nouvelle présentation du texte lors d’une prochaine réunion.

 

La scission du cadre d’emplois des ingénieurs

Quatre textes sur les ingénieurs territoriaux figuraient à l’ordre du jour du CSFPT du 16 septembre. Les deux premiers portaient sur le cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux nouvelle version (statut et échelonnement indiciaire). Ces deux textes ont reçu un avis favorable à la majorité, mais avec 12 voix contre et 8 abstentions côté syndicats.
Le nouveau cadre d’emplois sera bientôt composé de trois grades (ingénieur, ingénieur principal et ingénieur hors classe).

Les textes fixent aussi le seuil démographique d’exercice des fonctions selon le grade occupé, les conditions de reclassement, dans ce nouveau cadre d’emplois, des ingénieurs et ingénieurs principaux.

Cette réforme vise également à revaloriser la carrière des ingénieurs. Selon l’un des projets de décret, la rémunération terminale du grade d’ingénieur est portée de l’indice brut 750 à l’indice brut 801. Insuffisant selon certains syndicats.

A noter : l’un des projets de décret supprime la liste des diplômes nécessaires, au profit d’une référence à la possession d’un diplôme scientifique et technique sanctionnant une formation d’une durée au moins égale à cinq années d’études supérieures après le baccalauréat.
Ainsi, les titulaires d’un tel diplôme pourront bientôt aussi bien se présenter au concours d’ingénieur qu’à celui d’ingénieur en chef.

Un troisième grade à accès fonctionnel qui passe mal

Les deux autres projets de décret, qui ont essuyé un refus catégorique de la part des syndicats, portent en effet sur la création d’un nouveau cadre d’emplois des ingénieurs en chef territoriaux, composé de trois grades (ingénieur en chef, ingénieur en chef hors classe, ingénieur en chef général) dont le troisième constitue un grade à accès fonctionnel (Graf).

C’est ce troisième grade qui a notamment fait l’objet d’âpres discussions. Jésus de Carlos (CGT) déplore notamment « le blocage des ingénieurs principaux, qui ne pourront pas progresser sur ce troisième grade ». « Les employeurs ont été sensibles à nos arguments, commente-t-il. S’ils ne bénéficient pas de ce grade, les ingénieurs vont quitter leur collectivité. L’ingénierie va quitter les collectivités les moins importantes. »

« Comme pour les cadres de santé, le gouvernement prône l’homologie avec l’Etat, mais dans les textes la différence avec les territoriaux se fait toujours sentir », souligne Claudie Coste (Unsa). « Le ministère applique encore une fois une logique de mauvais parallélisme avec l’Etat », commente aussi Pascal Kessler (FA-FPT).

Plusieurs syndicats ont ainsi relayé les inquiétudes de nombreux acteurs dénonçant notamment la mise en place d’un déroulement de carrière plus intéressant surtout pour les ingénieurs de l’Etat.

Selon le projet de décret, ce troisième grade culminera à la « hors échelle D » (HED). « Nous avons aussi voté contre ce texte car nous demandons que ces grilles hors échelle soient transparentes. Et il faut noter que les ingénieurs en chef à l’Etat peuvent aller jusqu’à la « hors échelle G » », insiste Jésus de Carlos.

Examen professionnel de promotion interne contingenté

« Pour garantir un niveau de compétences adapté aux membres de ce nouveau cadre d’emplois, un examen professionnel de promotion interne contingenté au niveau national est mis en place (passage du cadre d’emplois des ingénieurs au cadre d’emplois des ingénieurs en chef) », précise le communiqué du CSFPT.
« Cette possibilité de contingenter les nominations va à l’encontre de la libre administration des collectivités », déplore Claudie Coste.

Enfin, la mention dans le décret de l’Institut des sciences et technologies de Paris (ParisTech) comme établissement conventionné avec le CNFPT pour la formation initiale des ingénieurs en chef « oblige le CNFPT à travailler prioritairement avec ce groupement d’intérêts particuliers composé de plusieurs écoles dont certaines n’ont pas vocation à valoriser les missions de services publics mais à développer ceux des entreprises privées », souligne Jésus de Carlos. Un amendement visant à ce que le décret ne cite aucune école en particulier n’a toutefois pas été accepté par la DGCL.

Avec l’avis défavorable à l’unanimité des organisations syndicales, les deux textes concernant les ingénieurs en chef devront être présentés de nouveau lors d’une prochaine séance du CSFPT.

Le nouveau concours d’administrateur et la nouvelle épreuve de mise en situation professionnelle

A l’ordre du jour également, un projet de décret réformant le concours des administrateurs territoriaux.
« La nature et le programme des épreuves des trois concours d’accès au cadre d’emplois des administrateurs font l’objet d’une refonte globale afin d’adapter le recrutement aux besoins des employeurs locaux, l’environnement professionnel des administrateurs territoriaux évoluant fortement et étant caractérisé par la présence de multiples acteurs et de problématiques complexes », précise Philippe Laurent dans son communiqué.

Les discussions ont été nombreuses sur la nouvelle épreuve de mise en situation professionnelle collective. « Cette nouvelle épreuve représente une dérive. On continue de favoriser les candidats issus de milieux sociaux favorisés », souligne Jésus de Carlos.

« Nous avons voté pour ce texte. Notre amendement, qui visait à baisser de 3 à 2 le coefficient de cette nouvelle épreuve qui nous paraît plutôt innovante, a été accepté », explique Claudie Coste.
Au final, l’avis du CSFPT est favorable à la majorité des membres. Le collège employeur a voté pour à l’unanimité, et les syndicats ont accordé 7 voix pour, 11 voix contre, et 2 abstentions.

Concours de conservateur du patrimoine spécialité « archives »

Enfin, deux derniers textes visaient :

  •  à rendre facultative, pour les candidats qui candidatent au concours de conservateur du patrimoine dans la spécialité « archives » et pour les candidats qui concourent dans trois spécialités dont la spécialité « archives », l’épreuve écrite de latin des concours,
  • et à rétablir un enseignement obligatoire du latin dans la formation initiale pour les lauréats, ayant concouru dans la spécialité « archives » mais n’ayant pas choisi le latin à l’épreuve de langue.

Ils ont tous deux reçu un avis favorable à la majorité des membres du CSFPT.

La prochaine séance plénière se tiendra mercredi 14 octobre.

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  1. 1. Lallemand974 21/09/2015, 07h12

    Je partage tout à fait cet avis et je m'élève en plus sur le fait que rien n'ai fait pour les ingénieurs qui arrivent au terme du grade ingénieur principal et qui ne peuvent pas passer ingénieur en chef et qui voient leurs carrières stagnées jusqu'à la retraite avec encore + 10 ans à rester avec le même indice terminal ...

  2. 2. lexetordo 18/09/2015, 18h15

    Ancien fonctionnaire du C.F.P.C. et de la Mairie d'une grande ville de France, je suis très bien placé pour savoir que nombre d'Ingénieurs et un nombre encore plus grand d'Administrateurs, n'ont pas du tout le niveau qui devrait être le leur : Nommés par copinage syndical ou autre, promus au grade supérieur à indice de rémunération égal, par exemple. A quoi servent donc les Universités et les grandes écoles d'Ingénieurs ? A contrario, j'ai vu des brevetés d'Etat Techniciens supérieurs, se retrouver aux ordres de prétendus Ingénieurs ou même prétendus Techniciens chefs ignares, promus par leurs syndicats : Une véritable honte. J'ai 71 ans. Dont acte.

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