En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

1

Commentaire

Réagir

Social

Le serpent de mer du financement de l’aide à domicile

Publié le • Par • dans : Régions

1

Commentaire

Réagir

serpent de mer © Flickr CC by sa Bossom

La Seine-Maritime est sollicitée par la principale association d’aide à domicile en milieu rural pour revaloriser ses remboursements au titre de l’APA. Celle-ci s’y refuse et plaide pour une restructuration interne et l’émergence d’une solution au niveau national.

 

Depuis début septembre, l’association d’aide à domicile en milieu rural (ADMR 76) se trouve en cessation de paiement. Les salaires du mois d’août n’ont pu être payés. C’est la plus importante structure de ce type à l’échelle du département de Seine-Maritime. Aujourd’hui, elle emploie 1 500 personnes mobilisées quotidiennement auprès de 9 000 familles. Selon toute vraisemblance, l’ADMR 76 devrait être placée ce jeudi 17 septembre en redressement judiciaire. Un nouveau plan de sauvegarde de l’emploi – le deuxième après celui mené en 2014 (200 emplois supprimés) – n’est pas à exclure.

Les tensions avec le département illustrent les difficultés persistantes du financement de l’aide à domicile, un des noeuds de la future loi sur le vieillissement en cours de discussion au Parlement.

A lire aussi Projet de loi Vieillissement : les départements craignent pour le financement des réformes

Baisse continue d’activité

« Nous sommes dans une situation financière très délicate », concède Thierry Montreuil, président de l’association. Selon lui, cela s’explique par une baisse continue de son activité, notamment via les plans d’aide élaborés par les travailleurs sociaux du département. La structure doit également faire face à la concurrence exacerbée de nouveaux opérateurs privés. « Entre fin 2012 et aujourd’hui, nous avons perdu environ 500 000 heures de travail par an », détaille le responsable de l’ADMR 76. A cela s’ajoute un autre problème : la distorsion entre le taux horaire de prise en charge fixé par le conseil départemental et le coût de revient réel d’une heure de travail. « Le montant actuel de 19,40 euros ne nous permet pas de couvrir nos charges », constate Thierry Montreuil.

“Problèmes de gestion interne”

Le président a sollicité le conseil départemental, principal financeur de l’ADMR 76, pour obtenir une revalorisation. « Ce n’est pas à l’ordre du jour », rétorque Agnès Firmin Le Bodo, 1ere vice-présidente en charge des affaires sociales. « Cela ne règlerait rien », justifie-t-elle. En 2014, le montant a été augmenté à deux reprises sans que la situation de l’association ne s’améliore. Selon elle, les difficultés actuelles s’expliquent d’abord par “des problèmes de gestion interne liés à un accord sur la modulation du temps de travail ». Selon ce système, en période de contraction de l’activité, l’association rémunère des heures de travail non effectuées, grevant encore un peu plus ses comptes.

S’il admet « des difficultés » en lien avec ce fonctionnement, Thierry Montreuil n’y voit pas la cause principale de la situation actuelle. Le responsable de l’ADMR se prononce en faveur d’une refonte du mode de financement : « La signature d’une convention de moyens et d’objectifs pluriannuelle avec le versement d’une dotation globale nous donnerait beaucoup plus de sécurité et de visibilité. » Un changement auquel se refuse le département de Seine-Maritime. L’élue en charge des affaires sociales plaide d’abord pour une restructuration. « Nous sommes prêts à apporter notre aide », propose la 1ere vice-présidente.

Modèle économique défaillant

Compte tenu de son poids et de ses missions, le département ne peut se désintéresser du « cas » ADMR 76. En début de mois, il a apporté une avance de trésorerie de 900 000 euros pour permettre le paiement de 80 % des salaires de septembre. En outre, l’association perçoit 17,3 millions d’euros chaque année au titre de l’APA sur un budget global de 75 millions d’euros. « Nous serons très vigilants à ce qu’elle puisse continuer à exister », insiste Agnès Firmin Le Bodo tout en précisant que les marges de manœuvre de la collectivité sont « très limitées ». Dans ce contexte, l’élue laisse entendre que seule une nouvelle avance de trésorerie serait envisageable. Concernant une éventuelle aide d’urgence, elle la conditionne à une participation principale de l’Etat. « L’actuel modèle économique est défaillant au niveau national », soutient-elle. Et l’élue d’espérer que la loi sur le vieillissement vienne apporter des solutions viables et pérennes.

Haut de page

1

Commentaire

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés Finances localesGrand âgeSocial

Régions Normandie

Retrouvez tous nos produits sur La plateforme de mise en relation entre professionnels de la commande publique et fournisseurs

1 Commentaire

Ajouter un commentaire
  1. 1. déprimée 17/09/2015, 12h55

    Voilà ce qui arrive quand on ne prends pas en compte l'avis des aides à domicile lors de réunions dites stériles.On l'a assez répété à nos chers cadres supérieurs que tout le monde n'honorait pas leur contrat,mais on fait bosser toujours les mêmes et nous devons attendre un an pour toucher nos heures sup pendant que d'autre se l'a coule douce.Moi je suis dégoûtée de cette association et n'en n'attends plus rien.

  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.