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[Opinion] Communication publique

Petit message aux communicants biterrois

Publié le • Par • dans : France, Opinions

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© D.R.

La Gazette reproduit le billet publié par Marc Thébault sur son blog le 13 septembre, consacré à la récente opération de communication de la mairie de Bézier.

Marc Thébault, Directeur de communication publique

 

Il m’a semblé nécessaire, alors que l’actualité vient de pointer à nouveau les agissements du maire de Béziers, et de sa communication, d’interpeller l’équipe des communicants de cette mairie et, par la même, toutes celles et ceux qui seraient visiblement trop tentés par le côté obscur de la Force. Une précision, je risque d’atteindre le Point Godwin assez rapidement. Mais avouez que le sujet l’induit un peu, non ?

Chers communicants de Béziers,

Depuis plusieurs mois maintenant, notre profession est régulièrement mise en avant dans tous les médias en raison, bien souvent, des diverses productions de votre direction. Pour autant, et bien que nous ne soyons pas les derniers à nous plaindre d’un manque d’intérêt de ces mêmes médias pour notre travail quotidien – sauf quand il est question de nos budgets « dispendieux » s’entend – peut-être aurions-nous préféré que ce zoom médiatique se focalise sur d’autres facettes de nos missions. Mais soit.

Histoire d’éviter au bébé de suivre l’eau du bain vers l’usine d’épuration la plus proche, donc de sauver ce qui peut encore l’être, je vais tenter, si vous en êtes d’accord chers communicants, de vous faire passer quelques messages. Parce que, voyez-vous, l’inaction et le silence ne me semblent pas les bonnes options.

D’emblée, soyez rassurés, je ne vais considérer que votre fonction – et les actions réalisées dans ce cadre – pas vos personnes, surtout parce que l’on ne se connait pas. Néanmoins, vous me pardonnerez si, par instant, j’ai tendance à penser, qu’en l’espèce, le zèle qui parait sous-tendre vos opérations peut être considéré comme signifiant d’une adhésion à la politique municipale biterroise qui dépasse ostensiblement le classique devoir d’obéissance de tout bon fonctionnaire. On s’attend un peu trop à vous entendre dire : « Vous vouliez 3 kg de mauvaise foi ? J’en ai mis 300 gr de plus… C’est rien, c’est pour moi, ça me fait plaisir ! », comme d’autres feraient preuve d’un zèle étonnant en période de rafles.

Votre travail est professionnel ? Sans aucun doute.

Tâchant de me rapprocher d’une forme d’honnêteté intellectuelle, je dois reconnaître votre professionnalisme. Et ce n’est pas forcément donné à tout le monde. Trois idées à retenir : cohérence, force d’impact, capacité à déclencher le buzz.

D’une part, nul ne peut contester la grande la grande constance de vos opérations. Alors que, parfois, nous pourrions nous laisser aller à un enfilage hasardeux de « one shot » opportunistes, vous suivez dans le temps une ligne éditoriale ferme. Je pense, en effet, que vous ne tomberez pas dans le piège de passer d’une couverture de magazine alertant sur les dangers de l’arrivée massive de réfugiés, à une autre qui mettrait en avant les vers d’Emma Lazarus, pourtant gravés au pied de la Statue de la Liberté :

Garde, Vieux Monde, tes fastes d’un autre âge !” proclame-t-elle
De ses lèvres closes.
Donne-moi tes pauvres, tes exténués,
Tes masses innombrables aspirant à vivre libres,
Le rebus de tes rivages surpeuplés,
Envoie-les moi, les déshérités, que la tempête me les rapporte
Je dresse ma lumière au-dessus de la porte d’or !

D’autre part, l’impact de vos publications est certain, servi par un graphisme visiblement pensé. Mise en page épurée, iconographie choc, mots choisis, sélection d’un seul message par média, l’ensemble est, à l’évidence, résolument tourné vers l’expression de l’essentiel et porté par la volonté que le plus grand nombre comprenne clairement le message. Je vous rassure d’ailleurs sur ce point, les messages politiques que vos publications diffusent sont d’une très grande limpidité et ne souffrent aucune ambiguïté quant aux objectifs sous-jacents de vos élus.

Enfin, même si je pourrais vous mettre en garde contre un abus de médiatisation qui risquerait de faire gonfler dangereusement vos têtes et celles de vos commanditaires, je ne peux que voir les articles de presse qui commentent vos actions s’accumuler à chaque publication. Ainsi, votre capacité à faire le buzz est indéniable ! Sur ce point, qui sait si elle ne déclenche pas quelques jalousies chez certains confrères, eux qui peinent tellement à voir reprendre dans les pages locales de la PQR leurs modestes campagnes.

« La forme, c’est le fond qui remonte à la surface » disait Machin (il y a tant d’auteurs présumés pour cette phrase que je renonce à me risquer d’en choisir un). Sur la forme, merci donc de ne pas nous imposer des affiches en Comic sans MS, des photos floues ou des slogans creux, d’autant qu’il nous faut, en plus, se fader un fond à pas piquer des vers, si je peux me permettre cette trivialité.

Mais, dites-moi, le monde que vous montrez n’est-il qu’un immense fake ?

Chers communicants, maintenant que j’ai tenté de vous donner quelques gages d’objectivité quant à vos aptitudes professionnelles, je dois avouer que j’aimerais changer de registre.

Disons-le d’entrée de jeu, certains peuvent penser que vous seriez la honte de notre profession. Ce serait une erreur d’appréciation notoire. En effet, nous ne faisons pas le même métier. Du tout.

D’abord, vous ne semblez pas être un service public d’information, tourné vers l’intérêt général, mais bien une direction de la propagande. Certes, aucun communicant public n’échappe au souhait de servir ses élus même si, parfois, cela ne correspond pas exactement avec le fameux intérêt général. Mais, reconnaissez que dans votre cas, ce systématisme tourne au lourdingue. Une alerte en passant : ce qui marquait les esprits il y a peu pourrait tourner à la moquerie générale en cas de récidives qui vireraient à l’auto-plagiat.

Ensuite, lorsque j’affirme que nous ne faisons pas le même métier, je pourrais dire également : parce que nous ne faisons pas partie du même monde. Et, ceci, non pas pour prendre une posture outragée, mais bien parce que vous mettez en communication un monde … qui n’existe pas. Tout simplement. Votre dernière réalisation (la falsification d’une photo de l’AFP) doit bien être lue comme la mise en scène déformante de la réalité, ressort également utilisé par des régimes politiques penchant sans hésitation vers le totalitarisme. Ainsi, loin de remplir la mission d’éclairer le débat public, ce dernier est pollué car alimenté de constructions artificielles. Bâtir la gloire de ses élus sur des mensonges, est-ce vraiment une tactique judicieuse ? Vous me rétorquerez peut-être que le « biaisage » est un sport pratiqué par nombre de communicants. Vous n’aurez pas tout à fait tort, car il arrive assez régulièrement d‘omettre tel ou tel détail fâcheux dans un article de magazine public, de régulièrement dépeindre un monde un peu trop idéal ou de ne parler que des trains qui arrivent à l’heure. Mais, comme dans toutes choses, ce sont les intentions qui teintent le message et c’est ce qu’est le locuteur qui en donne le sens réel. Si j’ai donc une certaine indulgence devant des comptes rendus hyper positifs d’évènements publics, j’en ai bien moins pour les tentatives d’embrigadement et, surtout, tout dépend de qui cela provient. Et puis, une dernière question, est-ce bien dans le monde que vous décrivez que vous voulez vivre ? Vraiment ?

Une propagande saturée de « moisissures argumentatives » ?

Comme le dit, sur son blog, Anne-Claire Ruel (citée par Bernard Dejarrie, délégué du Cap’Com, dans un billet de février 2015) : «… pour les communicants, une chose est sûre : la communication publique cesse là où la propagande débute. »

Dans le livre d’entretiens entre David Barsamian et Noam Chomsky, De la propagande (éditions 10/18), ce court passage est à retenir :

« Barsamian : Tournons-nous à nouveau vers l’Allemagne nazie. Joseph Goebbels, son ministre de la Propagande, a dit un jour : « Il ne serait pas impossible de prouver, en le répétant suffisamment et en maîtrisant la psychologie des personnes concernées, qu’un carré est en fait un cercle. Ce sont des mots, de simples mots, et l’on peut façonner les mots jusqu’à ce qu’ils habillent les idées déguisées. ».

Chomsky : […] Goebbels a tiré cette idée, comme le faisait Hitler, de la pratique des démocraties. Il avait été fort impressionné par les succès de la propagande anglo-américaine au cours de la Première Guerre mondiale et avait la sensation, non sans raison, qu’elle expliquait pour partie la défaite allemande. L’Allemagne ne pouvait rivaliser avec les efforts considérables de propagande des démocraties […]

Ainsi, les Britanniques avaient leur ministère de l’Information. Les états-Unis avaient la Commission d’information publique, plus connue sous le nom de « commission Creel ». Elle comptait des libéraux comme Walter Lippman et Edward Bernays (futur auteur de Propaganda – ndlr).

Ce dernier ne s’arrêta pas en si bon chemin et fonda l’industrie de la communication […] Un certain nombre de groupes en tirèrent la leçon. […] En sortirent les théories sociopolitiques influentes qui se développèrent dans les années 1920. C’est l’un des socles des sciences politiques modernes, comme de l’industrie de la communication et des médias. Cette découverte – ce « nouvel art de la démocratie », selon la formule de Lippman -, c’est que nous disposons de méthodes, comme dit Bernays, pour enrégimenter « l’esprit public exactement dans la même mesure qu’une armée enrégimente les corps de ses soldats » […]

C’est la démocratie qui leur fournit le terreau approprié. Car, en démocratie, on doit contrôler l’esprit public, la force étant exclue ou du moins réduite. à partir du moment où il faut enrégimenter et marginaliser les gens, en faire des « spectateurs de l’action », pas des « participants », selon l’expression de Lippman, on doit avoir recours à la propagande … ».

Un article intitulé « Petit recueil de 18 moisissures argumentatives pour concours de mauvaise foi » (à retrouver sous ce lien) recense avec précision (et délice) les biais de pensées, souvent volontaires, qui ne visent qu’à travestir la réalité. Un autre texte connu, attribué – par erreur malgré ce que dit l’auteur du billet (voir sous ce lien) – à Chomsky, analyse 10 techniques de manipulation de masses. Relisez bien, chers communicants, s’il vous plaît, ces deux textes et vous verrez que vos ficelles sont non seulement très grosses, mais elles sont très voyantes et parfaitement repérables. Donc repérées. Dit autrement, personne n’est dupe chers communicants, personne n’est dupe (ici, utilisation du « répété/chuchoté » cher à OSS 117 dans Le Caire, nid d’espions, comme quoi j’aime à varier mes sources).

Et si sonnait l’heure de la vigilance ?

A l’issue des élections régionales de 1998, d’étranges alliances s’étaient dessinées pour l’élection des présidents de région, en raison d’une proportionnelle plaçant, déjà en ce temps, le FN en position de faiseur potentiel de Rois. Je travaillais à cette époque en Rhône-Alpes, région loin d’être épargnée par ce débat et par le risque d’une gouvernance donnant une part belle à l’extrême-droite. Le DG de ma collectivité, homme de grandes valeurs morales, avait dans ce contexte cosigné avec d’autres homologues une tribune sur le thème de « Quand il faut sortir du devoir de réserve », appelant ainsi à la plus grande vigilance, à la plus grande mobilisation et, si besoin, à la désobéissance, les fonctionnaires risquant de se retrouver sous les ordres d’élus leur demandant de mettre en œuvre une politique impossible à accepter dans un pays démocratique. Puis-je vous demander de prendre quelques instants pour y réfléchir ?

Et si vous cessiez de cautionner ?

Aurélie Boullet, alias Zoé Shepard, vient de récidiver avec un troisième ouvrage qui va ravir les anti-fonctionnaires compulsifs, Zoé à Bercy. D’accord, cette demoiselle est très méritante. Elle dit certaines vérités, elle a été bien punie d’ailleurs (la pôvre !), mais elle ne lâche rien, tout ça, tout ça … Oui. Pourtant, j’aimerais qu’elle dépasse le stade répétitif du syndrome « Courteline » pour dénoncer avec le même talent et le même regard acéré des comportements d’agents publics largement plus graves que les abus de pause-café.

Pour bien faire comprendre mon idée, je reprendrais le célèbre documentaire de Frédéric Rossif, De Nuremberg à Nuremberg (2e partie, à partir de 55:25), qui se termine par ces mots :

« 20 ans après la chute de Berlin, dans le plus grand théâtre de la ville, la Volksbuhne, on joue une pièce de Peter Weiss […] « Enquête sur Auschwitz » :

Chaque dactylo, chaque télégraphiste entre les mains de qui passaient les ordres de déportation, étaient au courant. Chaque homme placé à l’un des milliers de postes administratifs dont dépendait la « Solution finale », savait de quoi il retournait. Chaque conducteur de train, chaque aiguilleur, chaque employé du chemin de fer qui avait à s’occuper du chargement des hommes, étaient au courant. Et chacun, à sa place, savait exactement ce qui devait être fait pour le bon fonctionnement de l’ensemble. ».

Communicants de Béziers, mes presque collègues, quel que soit votre poste, vous aussi vous savez. Et même si vous feignez de ne pas savoir (une question cependant : comment ne pas savoir ?), vous ne pouvez pas ne pas avoir cette conscience d’être devenu un maillon de l’ensemble, cet ensemble que vous cautionnez, de fait. Vous êtes responsables, chacun à votre niveau, des messages qui sont diffusés, peu importe que vous adhériez ou non à l’idéologie qui l’anime. Vous n’êtes pas à l’origine des idées (nauséabondes à mon goût – ndlr) exprimées ? Sans doute. Je l’espère et ce n’est d’ailleurs pas cela que j’interpelle. Ce qui m’importe, c’est d’en appeler à votre sens de la déontologie professionnelle ou, mieux, à votre conscience. Mon objectif n’est pas de vous demander de ne plus porter de messages politiques, c’est en principe notre mission. Il est seulement de vous proposer de réinterroger vos limites dans cet exercice. Et de vous demander (après avoir visionné cette vidéo éventuellement) de vous remémorer les abus en tous genres commis au nom du principe qui pose que la fin justifierait tous les moyens. En d’autres termes : jusqu’où êtes-vous prêts à aller tout en continuant à vous regarder dans un miroir ?

Dernier détail, vous ne serez pas tondus à la libération, les temps ont changé, mais souvenez-vous qu’à la fin, les méchants perdent toujours.

Cette tribune est parue à l’origine sur le blog de Marc Thébault

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  1. 1. thucy 19/09/2015, 16h26

    Merci beaucoup pour nous avoir partagé cette excellente tribune. Contrairement à quelques commentaires que je lis ici, il est salutaire de s'interroger sur les limites du devoir de réserve des fonctionnaires qui sont censés servir les valeurs de la République (vous vous rappelez notre belle devise: Liberté, Egalité, Fraternité ??), lorsque que des élus, sous prétexte qu'ils sont élus et donc "légitimes" se permettent de bafouer les règles de cette République. Rappelons qu'Hitler est arrivé au pouvoir démocratiquement, comme beaucoup de dictateurs. Etre élu démocratiquement ne donne pas droit ensuite à bafouer les règles de la démocratie... Il est important de le rappeler à ceux (et ils sont hélas nombreux) qui semblent l'oublier.

  2. 2. lucille 17/09/2015, 13h54

    il serait bien de transmettre cet article à Yann barthés et son équipe du petit journal....

  3. 3. Flam 4731 17/09/2015, 08h27

    C'est bien que "La Gazette" donne à ses lecteurs des leçons pour savoir bien communiquer mais est ce vraiment son rôle ? L'idéal serait néanmoins qu'elle se les applique à elle même. Mais comme on le sait, le cordonnier est souvent le plus mal chaussé....

  4. 4. anonyme qui s'exprime 16/09/2015, 16h26

    c'est bien que des gens se lèvent et disent et qu'un journal comme celui ci les publie .
    cordialement

  5. 5. Bon ou méchant ? 16/09/2015, 08h59

    Merci à la Gazette de nous dire qui est bon (ceux qui sont contre le FN) et qui est méchant au travers de cette longue tribune accordée à un "bon".
    C'est cela aussi la démocratie : éclairer le pauvre peuple incapable de juger par lui-même. Mais c'est noté dans l'article et cela s'applique aussi aux biens pensants qui tiennent les groupes de presse :
    "c’est que nous disposons de méthodes, comme dit Bernays, pour enrégimenter « l’esprit public exactement dans la même mesure qu’une armée enrégimente les corps de ses soldats » […].
    A propos de trucage il se dit que la photo qui a bouleversé le monde et qui permet à Charlie Hebdo de faire des caricatures (que je trouve nauséabondes, note de l'auteur...) a été prise après que le corps de ce pauvre enfant ait été déplacé. Je ne sais si c'est une invention complotiste. Tout ce que je sais c'est que si je découvrais un corps sur la plage, avant de prendre une photo ou de prendre des notes dans un carnet, j'essaierai de le sortir de l'eau au cas où il y aurait encore espoir de vie, mais il est vrai que je ne suis pas un communiquant et que je ne sais pas ce qui est bon ou pas.
    Je ne suis pas partisan du FN, pour un certain nombre de raisons que je n'ai pas à expliquer. Je remarque seulement les contradictions qu'il y a à frapper ce parti et à regarder avec affection les Trotskystes.
    Quand à la citation d'Emma Lazarus, je la trouve particulièrement déplacée. C'est facile de donner ce qui n'est pas à soi. Les rescapés des Indiens d'Amérique qui ont été presque exterminés par les immigrants doivent en apprécier "l'humour".
    Comme il est dit dans l'article nous ne sommes plus à la même époque et donc il ne faut pas craindre le même sort que les Indiens.

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