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Sécurité civile

« Les arbres décisionnels permettent de mieux gérer les moyens pompiers »

Publié le • Par • dans : France

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pompiers © Flickr CC by Andrij Bulba

Les services d’incendie et de secours (Sdis) doivent moderniser leur gestion des départs réflexe grâce à l’utilisation d’arbres décisionnels, stipule une circulaire publiée le 5 juin dernier (1). Un groupe de travail formé par les ministères de la santé et de l’intérieur, qui s'est réuni pour la première fois vendredi 11 septembre, a été chargé d’élaborer des modèles d’arbres décisionnels, sur le principe de ceux qui sont rodés par la Brigade des Sapeurs-Pompiers de Paris (BSPP). Le docteur Frédérique Briche, chef de la section secours à personne au bureau médical d’urgence de la BSPP et membre de ce groupe de travail, expose l’intérêt de ce type d’outils.

 

FrederiqueBriche

En cas d’urgence vitale avérée ou potentielle, le pompier qui prend l’appel au 18 ou au 112 mobilise les moyens les plus proches de la victime dont il dispose, avant d’en référer au SAMU. C’est le départ réflexe. Pourquoi cette pratique doit-elle être modernisée ?

Cette modernisation a deux objectifs : d’abord, ajuster le périmètre du départ réflexe. C’est-à-dire, mieux distinguer les urgences d’emblée graves de celles qui ne le sont pas et peuvent être rebasculées au 15. Nous avons reçu 49 835 appels qui ont été transférés au SAMU sans envoi de secours  en 2014 par exemple.

Le but est aussi d’améliorer la gestion de la ressource. Normalement les personnes malades ou blessées devraient composer le 15 mais beaucoup appellent le 18, par ignorance, ou parce que le 15 n’a pas été en mesure de décrocher assez vite. Une proportion importante de ces demandes de secours ne justifie pas l’envoi des sapeurs-pompiers. Nous recevons 6 000 appels par jour dans le cadre du secours à victimes, mais réalisons moins d’un millier d’intervention.

Le référentiel du secours à personne et de l’aide médicale urgente fixe la liste des motifs de départ réflexe.Qu’est-ce que les arbres décisionnels vont apporter de plus ?

Ils vont aider l’opérateur pompier au centre de traitement de l’alerte (CTA) à identifier l’urgence vraie qui nécessite un départ réflexe. Prenons un exemple. Une personne se plaint d’une douleur dans la poitrine. Ce symptôme peut cacher un trouble grave, en particulier un infarctus ou un problème bénin. L’arbre décisionnel guide l’opérateur qui est secouriste chevronné mais pas médecin, dans les questions qu’il doit poser pour écarter un problème grave.

Comment avez-vous élaboré un tel outil ?

Nous nous sommes basés sur les motifs de recours dans les services d’urgence, pour faire le tour de tous les types d’appel que nous sommes susceptibles de recevoir et élaborer des fiches de procédures. Nous avons travaillé avec les quatre Samu de Paris et des départements de la petite couronne pour qu’ils valident le cheminement de la décision. Nous avons débuté l’élaboration de cet outil en janvier 2014 et il a été mis à disposition des opérateurs en novembre 2014.

Ils ont tous été formés à son utilisation. Les fiches sont présentées sous la forme d’un « Power point », mais nous travaillons à le transformer en un logiciel d’aide à la décision comme celui qui été élaboré par le Sdis et le Samu de Haute-Savoie. Grâce à ce système, les opérateurs sauront s’ils doivent déclencher un départ réflexe, quel moyen envoyer et sinon à quel service transférer l’appel.

Cet outil a-t-il permis de diminuer le nombre de départ réflexe réalisés par la BSPP ?

Oui nettement. Nous étions autour de 1200 avant et sommes passés sous la barre des 1000. Nous transférons beaucoup plus d’appel au Samu. Cet outil nous a aussi permis d’ajouter des motifs d’appel auxquels nos opérateurs n’étaient pas formés comme les maux de tête et à y apporter une réponse spécifique.

Ce symptôme peut cacher une hémorragie cérébrale, un problème très grave. L’arbre décisionnel leur permet d’éliminer des critères de gravité et d’évacuer les pathologies graves, avant de passer l’appel au 15.

(1) Les ministères de la Santé et de l’Intérieur ont tiré des conclusions du rapport Igas/Iga sur le secours d’urgence à personne, une feuille de route qui vise à clarifier le rôle des Sdis et des Samu, et les moyens de leur complémentarité. Leurs représentants ont été chargés de travailler sur ses modalités pratiques. La circulaire publiée le 5 juin se base sur leurs propositions.

 

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