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Démocratie participative

5 conseils pour mettre en place son budget participatif

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Actualité Club finances, France

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budget © Flickr CC by Simon Cunningham

A partir du jeudi 10 septembre 2015, les Parisiens pourront élire les projets qu'ils souhaitent inscrire au budget 2016 de leur ville. Ces projets proviennent des 5000 idées émises de janvier à mars par près de 19 000 citoyens. De premiers enseignements peuvent être tirés de cette initiative.

 

La Ville de Paris n’a pas fait les choses à moitié puisqu’elle consacrera une enveloppe de 500 millions d’euros sur la mandature au budget participatif, dont 75 millions pour 2016. Cependant, si proposer un budget participatif à ses concitoyens peut séduire les élus, c’est une idée qui n’est pas sans risque : un échec aurait des retombées très négatives sur l’image de la collectivité et hypothéquerait de futures initiatives. Voici donc quelques conseils…

1/ Faire de la pédagogie

Parler budget et finances n’est pas très sexy, et attirer les citoyens sur ces thématiques n’est pas évident… La Ville de Paris pour des raisons de délais, mais aussi pour sensibiliser progressivement les habitants, a donc procédé en deux étapes. En 2014, elle avait présélectionné des projets et les avait soumis au vote des Parisiens. Plus de 40 000 ont exprimé leur suffrage. Début 2015, cette fois les citoyens ont été invités à proposer des projets. Pour cela, la collectivité a dû vulgariser les notions de budget de fonctionnement et d’investissement, les compétences de la ville, celles des mairies d’arrondissement… Elle a beaucoup communiqué via un site dédié où elle a donné des exemples de coûts, le calendrier… Elle a mené une campagne d’affichage, organisé des réunions publiques avec les mairies d’arrondissement. « Les conseils de quartier se sont mobilisés ainsi que de nombreuses associations. Certaines mairies d’arrondissement ont organisé un accueil pour permettre aux citoyens ne maîtrisant pas l’informatique de saisir leurs projets dans la plate-forme », souligne Aurélie Robineau-Israël, secrétaire générale adjointe de la Ville de Paris.

A lire aussi [Data] Budget participatif : la dure quête des votes

2/ Dimensionner les équipes dans les services

Fin mars 2015, 5 115 projets avaient été déposés sur la plate-forme Internet Madame la Maire j’ai une idée. « Nous ne nous attendions pas à un tel volume ! Il a fallu adapter nos process. Nous pensions gérer les propositions au fil de l’eau mais vu l’afflux, cela n’a pas été possible », se souvient Aurélie Robineau-Israël. Plus de 30 heures ont été nécessaires pour écarter les projets qui ne relevaient pas de la compétence de la ville, qui généraient une dépense de fonctionnement et non d’investissement, ou bien qui émanaient d’un non Parisien. 2 000 propositions ont ainsi été retoquées. Les projets restants ont été transmis aux différents services afin qu’ils évaluent leur faisabilité technique et leur coût. Ils n’avaient qu’un mois et demi pour instruire les dossiers. Chacun s’est organisé comme il l’a souhaité. « Nous avons fonctionné avec des renforts d’agents réaffectés. Le budget participatif étant reconduit chaque année, nous devons dimensionner les ressources de façon pérenne. » Au final, 77 projets parisiens et 557 projets d’arrondissement ont été ainsi été validés et évalués financièrement par les équipes.

3/ Avoir un outil informatique intégré

« Il faut un outil qui permette de déposer un projet mais aussi qui soit capable de traiter toute la chaîne allant de l’instruction, jusqu’au vote, la réalisation et la mise en œuvre », souligne Aurélie Robineau-Israël. Paris a prévu de se doter d’un tel outil pour la campagne 2016, car cette année ses équipes ont souffert… En effet, les Parisiens ont déposé leurs projets sur l’outil en ligne Madame la Maire j’ai une idée, qui sert pour d’autres thématiques. « Cependant, cette plate-forme n’avait pas un back office adapté au travail d’instruction des projets. Nous avons dû fonctionner à partir de tableaux Excel exportés de la plate-forme. Il a donc fallu effectuer des opérations manuelles pour que les dossiers soient exploitables par les services », explique la secrétaire générale adjointe de la ville.

Par ailleurs, le vote lui s’effectuera sur le site internet« Budget participatif », ce qui est là aussi source de complexité. Vu le volume des propositions à traiter, il est indispensable d’automatiser au maximum les processus. D’autant qu’ensuite il faudra mettre en œuvre les projets votés et continuer à communiquer sur leur avancement.

4/ Répondre à chaque participant

Les Parisiens qui ont déposé une idée ont pris sur leur temps pour participer. Il est donc nécessaire de les informer étape par étape de l’avancée du dossier. Tous ceux dont les projets ont été refusés, parce qu’irrecevables ou non réalisables techniquement, ont donc reçu une réponse personnalisée. « Chaque direction a produit les éléments de réponse, et une équipe au sein de la mission participation citoyenne a rédigé et envoyé les messages. C’est très chronophage mais essentiel pour la suite. Cela permet aussi de retisser du lien entre le citoyen et l’administration », explique Aurélie Robineau-Israël. Jusqu’à 10 agents en période de pic ont participé à cette tâche. Tout internaute peutconsulter la fiche des 5115 projets. Pour chacun, on sait s’il est soumis au vote ou non retenu et pourquoi.

5/ Inciter à la co-construction

Pour la campagne 2016, la ville va tenter de mettre l’accent sur la co-construction de projets, en favorisant les démarches collaboratives. En effet, cette année, beaucoup de Parisiens ont posté des projets qu’ils avaient construits seuls, sans avoir vérifié si d’autres avaient déjà proposé des idées similaires qu’ils auraient pu enrichir. La ville va donc ouvrir des pages sur des thématiques, où chacun pourra compléter des projets existants. Elle devrait également organiser cet automne des ateliers de travail le week-end sur des thématiques. Le résultat de ces échanges sera déposé sur la plate-forme à titre collectif et nourrira les débats. Favoriser la co-construction devrait permettre de réduire le nombre des projets et avoir des propositions un peu plus abouties mais aussi de recréer du lien entre les Parisiens eux-mêmes.

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