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Carrières

Du privé au public : comment bien négocier le virage

Publié le • Par • dans : A la une emploi, Actu Emploi, Dossiers Emploi, France

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booster-carriere-une © simple cartoon - Fotolia

Ils l’ont fait ! Par convenance personnelle ou mus par les circonstances de la vie, nombre de fonctionnaires viennent à la territoriale après avoir initié leur carrière dans le secteur privé, Quelles raisons les ont portés à prendre cette décision ? Comment ont-ils vécu ce virage proche parfois de la reconversion ? Et qu’en retirent-ils aujourd’hui, dans ce croisement de compétences qui ne peut qu’enrichir chacune des parties ? Alors qu’aucune statistique ni études officielles n’éclaire précisément la dynamique, voici, en sept portraits, les principales étapes d’un choix de chemin qui n’a rien d’un chemin de croix !

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Comment booster sa carrière dans la fonction publique

 

1/ Pour profiter d’une opportunité significative…

Banquier chargé du développement des entreprises de la Côte d’Azur puis directeur des affaires immobilières à Monaco, j’ai toujours fait primer l’intérêt du projet professionnel sur le cadre dans lequel il prend forme. Ainsi lorsqu’en 2012, le maire de Carros (11 500 hab., Alpes-Maritimes) recherchait un spécialiste susceptible d’animer les projets immobiliers locaux (plus de 50 000 m² de SHON), je me suis laissé tenter par l’opportunité. Bien m’en a pris, car c’est à la FPT que reviennent aujourd’hui les plus beaux enjeux du développement local… Aussi, après trois ans comme DGS et « dircab », j’ai choisi de poursuivre dans l’univers public.

Jean-Luc GAUBERTI, 53 ans, contractuel, directeur du Syndicat intercommunal du domaine skiable de Valberg (communes de Guillaumes, Péone et Beuil surclassées 5 000/10 000 hab, Alpes-Maritimes).

 2/… Ou parce que mieux vaut prévenir que subir !

J’ai déroulé vingt-cinq années de ma vie professionnelle en tant que conducteur de travaux/chef de chantier des travaux publics, en PME et groupe international. Mais le contexte économique se dégradant, j’ai entamé un bilan de compétence à la faveur duquel le service public local est apparu comme une bonne solution, à la jonction de mes compétences techniques et de mes aspirations relationnelles. Le pas franchi, j’y ai effectivement trouvé un poste dont la palette de missions compense largement une perte certaine d’autonomie.

David PONCET, 44 ans, lauréat du concours d’agent de maîtrise de janvier 2015 – spécialité VRD-Bâtiment, responsable des services techniques de Valmeinier (500 hab., surclassée 10 000/20 000 hab., Savoie).

3/ Un accueil chaleureux, mais un choc culturel

Ma carrière se déroulait sous les meilleurs auspices quand j’ai eu envie d’autre chose, davantage objectivé par l’intérêt général, dans un ancrage plus territorial. Bref, un ressourcement plus qu’un mouvement ! Côté conditions de travail, le pari est à l’évidence réussi, même si la tension du temps politique peut valoir la pression des objectifs commerciaux. L’accueil simple et chaleureux des collègues a simplifié mon intégration, tout comme la proximité avec les élus, fort appréciable quand on réalise un tel changement de carrière.
La taille de la collectivité y est sans doute pour beaucoup. Mais il ne faut pas pour autant nier le choc des cultures, et ressourcement a aussi rimé avec renoncement : une rémunération minorée de 30 %, et, surtout, une organisation très différente, où l’anticipation et le mode projet ne sont pas encore pleinement intégrés. Sans oublier la place du politique, pour lequel le rationalité technique n’est qu’une donnée parmi d’autres !

Vincent ROUSSEL, 35 ans, contractuel, directeur financier de la CC des pays de l’Aigle et de la Marche (25 communes, 21 500 hab., Orne).

4/ Ce qu’il faut savoir abandonner…

Venu à la FPT après une carrière réalisée pour l’essentiel dans les autoroutes, j’y ai apporté tous les outils du privé sur lesquels repose une organisation orientée client au moment où, justement, le laboratoire départemental s’affrontait à la concurrence. Pour certains, la transition a été aussi délicate que, pour moi, ingérer pour les fondamentaux de la gestion publique ! Mais la plupart des agents y ont in fine trouvé une source de motivation supplémentaire. Reste néanmoins, comme inscrit dans les gènes de l’organisation publique, un « rapport au chef » qui entrave la responsabilisation et la réactivité des équipes. Venir au public, c’est donc aussi accepter l’abandon d’une part d’autonomie, de décision et de flexibilité.

Philippe DAMARIN, 49 ans, contractuel, DGA patrimoine, infrastructures et laboratoire départemental au conseil départemental de l’Aisne.

 5/ Mais la fierté conquise de s’inscrire dans la continuité

Quels postes, dans le secteur privé, permettent de s’inscrire dans le temps et l’espace, à l’image de ceux de la territoriale ? Acteur plein et entier du développement local du territoire sur lequel je vis, j’agis à la fois dans l’objectif d’une opérationnalité concomitante au mandat comme pour l’avenir, au chevet de dossiers structurant le périmètre sur le moyen et long terme. Cette triple dimension donne de la grandeur à nos missions, et je suis fier d’inscrire ainsi mon travail dans la continuité. C’est là assurément un sentiment qui n’a pas de prix !

Bruno BIANCHI, 51 ans, contractuel, directeur du développement économique, de l’emploi et de la formation à CA creilloise (4 communes, 72 000 hab., Oise).

6/ Une rencontre profitable à chacun

Après dix-sept années au marketing de grands groupes, j’ai ressenti le besoin de dépasser les seuls objectifs de rentabilité. Cet horizon nouveau, je l’ai trouvé dans la FPT — intégrée via l’INET après une formation à l’IPAG de Paris II — où je suis heureuse de mettre désormais le marketing au service de politiques publiques bâties au plus près des populations.
Le virage, qui impacte toute la famille, suppose, bien sûr, des renoncements matériels, voire des abandons plus subtils, comme celui d’évoluer dans un univers similaire à celui de ses amis par exemple. Il m’a aussi fallu acquérir des savoirs différents, à commencer par la « langue diplomatique » du politique et les fondamentaux. En échange, j’ai apporté à une FPT en pleine mutation des réflexes indispensables, notamment pour y animer une véritable réflexion sur la place des usagers et sur les outils du contrôle de gestion. Entre des salariés du privé de plus en plus nombreux à rechercher du sens et un service public local devenu attentif à faire rimer performance et efficience, la rencontre n’a jamais été aussi évidente et profitable à chacun.

Isabelle VERON, administratrice territoriale, DGA droit et citoyenneté à Bagneux (49 000 hab., Hauts-de-Seine).

 7/ En être ou ne pas en être, telle est la question !

Servir « la chose publique » a toujours fait partie de mes aspirations même si mes débuts s’inscrivaient dans le secteur marchand jusqu’en 2011, date de mon arrivée au CCAS de Montbéliard (Doubs). Passer le concours d’attaché territorial dans la foulée relève donc de la même logique personnelle, comme l’expression tangible de ma volonté d’intégrer pleinement la « famille » en en adoptant également le nom, les usages et les coutumes. Toutefois, prétendre que cette décision n’est pas sans effet positif sur une carrière serait mentir car dans l’univers public, la titularisation reste le sésame d’un parcours professionnel plus dynamique et attractif.

Nadège SIMONIN, 36 ans, attachée territoriale, DGA chargée des affaires scolaires et culturelles à Macot La Plagne (1 800 hab., 32 000 lits touristiques, Savoie).

La voie des 3ème concours

Selon les catégories d’emploi, la FPT propose plusieurs voies d’accès : directe, contractuelle, ou par le biais de concours. Dans ce dernier cas sont notamment ouverts, aux côtés des concours externes, les 3ème concours qui réservent au recrutement de professionnels issu de la société civile jusqu’à 10 % des postes de certains concours, sans condition de diplôme ni limite d’âge (sauf professions réglementées). Seule exigence : justifier d’une expérience professionnelle de quatre ans (ou plus pour certains concours) dans le privé, au sein d’une association ou être titulaire d’un mandat d’élu local. Attention, l’activité doit s’avérer en lien avec la nature et spécialité du poste visé.

La préparation peut se faire, soit seul — par exemple à l’aide des ouvrages proposés par la Documentation française ou appuyée à distance par le CNED, soit en présentiel (IPAG, CEPAG ou encore GRETA).

Les modalités d’inscription sont à retrouver sur le site de la FNCDG, ceux des centres de gestions départementaux ou sur celui du CNFPT pour le concours d’administrateur territorial.

Conseils « d’initiés »

  • « Les usagers ne sont pas des clients, les élus ne sont pas des patrons… Et les agents ne sont pas des salariés ! Il y a donc une forme de dialogue, voire de psychologie, à acquérir pour ne pas commettre d’impair. »
  • « La fonction publique est un univers très encadré dont les fondamentaux doivent être assimilés, quel que soit le poste occupé : « s’acculturer par la lecture d’ouvrages et /ou le suivi de formations si la collectivité ne propose pas d’elle-même un parcours d’intégration. »
  • «Multiplier en amont le recueil d’informations, notamment auprès de personnes ayant elles-mêmes expérimenté la « migration » (anciens de l’école de formation par exemple…) »
  • Et surtout… « oublier ses a priori et préjugés : celui qui vient à la FPT pour se tourner les pouces et profiter de la sécurité de l’emploi ne pourra que se retrouver fortement déçu compte tenu des challenges. »

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  1. 1. daryum59 08/09/2015, 12h36

    Bonjour
    mouvement du privé vers le public et la FPT, mais il faudrait également parler des fonctionnaires qui optent pour le privé ou le parapublic
    exemple : ingénieur des travaux vers la SNCF, la RATP, EDF, gestionnaires réseaux ( Eau, etc)
    cela serait interessant de démontrer que les 2 sphères public privé ne sont plus étanches ( surtout pour les cadres supérieurs), on connait l'appétit des énarques pour les grands groupes industriels

  2. 2. MARIOS80 08/09/2015, 09h13

    Booster sa carrière du privé au public, n'est vrai que pour les cadres ou les personnes diplômées.
    Pour les autres, rien n'est moins sûr.
    Hélas, il y a encore trop de barrières qui permettent aux agents de monter en grade et en compétences.
    Et, je crains fort que cela ne change jamais.
    Puisque tout comme le privé, le public privilégie les diplômes bien plus que l'expérience acquise au fil des années.
    Rien n'est fait pour aider les agents peu diplomés. Et, le pire c'est pour les fonctionnaires dont les cadres sont des contractuels. A ce niveau, aucun espoir de pouvoir être promus ou proposé à l'avancement.

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