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Le Nord affine son plan d’austérité

Publié le • Par • dans : Actualité Club finances, Régions

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calculatrice, livre de compte et tickets de caisse © Pixabay CC0 Public Domain

Compliqué et douloureux. Le plan d'austérité du plus gros département de France se précise. Mercredi 2 septembre, Jean-René Lecerf, le nouveau président (LR) de la collectivité, a détaillé sa stratégie pour réussir à faire face à ses dettes et à ses obligations.

 

Chiffres-clés

Le RSA dans le Nord en chiffres :
150 000 allocataires du RSA dans le Nord (5 % des allocataires du RSA au niveau national pour 2,6 % de la population française).
Le budget du RSA est de 600 millions d'euros par an, avec une augmentation en 2015 de 60 millions d'euros.
Le nombre d'allocataires à augmenté de 18 % entre 2010 et 2015. Le Nord a un taux de chômage de 12,9 %.

« Juste pour éponger les promesses de subventions faites par nos prédécesseurs, nous devrions sortir plus de 2,5 milliards d’euros. Avec les 200 millions d’euros maximum d’investissement par an permis par nos finances nous sommes « tranquilles » pour 12 ans. », ironise Jean-René Lecerf (LR), sur le mode éculé mais toujours efficace du « c’est la faute à l’équipe d’avant ». Les services du département trient les subventions « promises » afin de ne retenir que celles à honorer obligatoirement, d’un point de vue juridique et/ou de sécurité des personnes, détaille le président du conseil départemental du Nord.

En plus de ce tri drastique, qui va notamment entrainer une pause sérieuse sur la réhabilitation et la reconstruction des collèges, le département entame un plan de restriction budgétaire visant à dégager au moins 100 millions d’euros d’économie pour 2016.

Masse salariale

Des économies sur la masse salariale (9 300 agents) sont évidemment à l’ordre du jour avec pour objectif une réduction de 8 % du nombre d’agents. Pour pouvoir ne pas remplacer les agents qui partent, la collectivité veut notamment travailler sur l’absentéisme, qui s’élèverait à un taux de 10 % environ selon le département (sans préciser les absences prises en compte - le taux moyen serait de 7 % dans les grandes collectivités) ainsi que sur le redéploiement de personnel.

Par exemple redéployer des agents travaillant sur le secteur des grands projets, où il y a moins d’activité du fait de la faiblesse des investissements, vers ceux plus tendus comme le secteur de la réinsertion. « Le personnel, c’est 400 millions d’euros, si je réduis les coûts de 2 %, c’est déjà 8 millions d’économisés », note Christophe Picard, nouveau directeur général des services (DGS) arrivant des Alpes-Maritimes.

Sur le service départemental d’incendie du Nord (Sdis), le département compte aussi faire de sérieuses économies ; par exemple en mobilisant plus de pompiers volontaires et moins de professionnels ou en réalisant des commandes groupées de matériel. « La gestion du Sdis a été jusqu’ici aventureuse. C’est l’armée mexicaine. Il y a bientôt plus d’adjudants que de sapeurs-pompiers », attaque Jean-René Lecerf, très satisfait du travail actuellement mené par le conseiller départemental « tonton flingueur », Joël Wilmotte pour réaliser des économies.

Du coté des subventions culturelles, afin de limiter l’impact sur les quelques 200 structures soutenues par le département, ce dernier va réduire de 20 % ses subventions aux scènes nationales et aux grandes structures labellisées métropolitaines, jugées moins fragiles que les autres. La réduction sera de 10 % pour les structures hors métropoles et de 10 à 25 % sur les festivals.

Pour les collégiens, les chéquiers jeunes et pass’sport, qui offraient des réductions sur les activités sportives et culturelles ainsi que les dictionnaires ont été supprimés. « Mais cela ne représente que la mousse sur les vagues », explique le président.

Priorité à l’insertion économique

Le département veut avant tout travailler sur la problématique du RSA dont le reste à charge plombe lourdement son budget. Le reste à charge des 3 allocations individuelles de solidarité a en effet été de 379 millions d’euros pour 2014.
« Le reste à charge du RSA augmente de 60 millions par an pour le Nord. Nous allons monter au créneau avec l’ADF le 8 septembre. Si l’Etat n’intervient pas, les départements ne paierons plus le RSA », s’anime le président.

 

Lire aussi : Le coût du RSA, cause d’accroissement des inégalités entre départements

 

Le département souhaite également s’attaquer à la fraude, en rapprochant les fichiers informatiques de différentes sources notamment bancaires . « La fraude au RSA ne dépasse pas 2 ou 3 %, mais sur la masse cela représente déjà 13 millions d’euros », estime Jean-René Lecerf.

 

Lire aussi : « Le non recours aux prestations sociales est bien supérieur à la fraude » – Philippe Warin (politologue)

Remise à plat du soutien à l’insertion

Ensuite, le département veut remettre à plat l’ensemble des dispositifs d’insertion destinés aux allocataires du RSA qu’il soutient. « Nous avons des partenariats avec plus de 300 associations. Notre offre est illisible et il est impossible d’évaluer les résultats. Il faut une nouvelle gouvernance incluant le monde de l’entreprise avec une offre lisible et qui puisse être évaluée. Pour cela il ne faut pas plus d’une cinquantaine de partenaires », explique Jean-René Lecerf qui veut traiter en priorité l’accompagnement des allocataires du RSA capables de retrouver rapidement un emploi, soit environ un tiers des allocataires.

Pour améliorer l’insertion économique, il compte notamment sur le rapprochement amorcé par l’institution avec le monde de l’entreprise. « Nous avons déjà des résultats positifs sur le retour à l’emploi grâce au travail mené avec la chambre des métiers sur une unité territoriales de prévention et d’action sociale (UTPAS). Nous avons sanctuarisé les subventions pour nos partenaires comme la chambre des métiers », souligne Jean-René Lecerf qui souhaite en revanche transférer les ruches d’entreprises aux agglomérations.

Le président s’est également rapproché de la province de Flandre occidentale voisine, prête à embaucher des allocataires du RSA s’ils bénéficient au préalable d’une formation minimum au néerlandais. Pour creuser ce partenariat lui-même compte prendre des cours.

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