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[Opinion] Culture

Sauvons nos conservatoires !

Publié le 25/09/2015 • Par Auteur associé • dans : France, Opinions

François de Mazières et Catherine Morin-Desailly

Respectivement député-maire de Versailles et sénatrice de Seine-Maritime, présidente de la commission des affaires culturelles du Sénat

Quelle ambition pour la culture dans notre pays ?  La suppression de l’aide de l’État aux conservatoires ainsi que l’annulation de nombreuses manifestations culturelles ajoutée à la baisse des dotations aux collectivités territoriales ont provoqué un réel traumatisme chez les acteurs concernés.

Conséquences considérables

On pourrait relativiser en observant que le montant des aides de l’État aux conservatoires avait déjà été fortement réduit ces dernières années pour ne plus se monter qu’à 30 millions d’euros en 2012 et 15 millions en 2014. Nous nous étions alors inquiétés de ce retrait et avions alerté sur ses conséquences. Même si la somme paraissait bien faible comparée à celle attribuée par les collectivités aux 36 conservatoires à rayonnement régional et aux 101 conservatoires à rayonnement départemental, « on ne saurait pour autant minimiser la portée de cet abandon », affirmaient en chœur artistes, enseignants, directeurs de ces établissements, parents d’élèves et élus lors de réunions organisées récemment à l’Assemblée Nationale et au Sénat. « Le désengagement de l’État a des conséquences considérables».

Si la qualité même des enseignements ne semble pas souffrir de ce désengagement, celui-ci se traduit sur le terrain par une baisse de la diversité de l’offre, de l’amplitude de l’ouverture de ces établissements et, surtout, par une augmentation importante des tarifs. Des postes de vacataires ne sont pas renouvelés, ce qui réduit l’offre. Des responsables des ressources humaines ont des réticences à reconnaître certains diplômes. Des travaux ou l’acquisition de tel ou tel matériel sont repoussés…

Comment alors ne pas s’interroger sur la suppression de la contribution de l’État à l’enseignement artistique, alors même que le gouvernement affirme que sa première ambition est la démocratisatio culturelle ? Une vraie rupture par rapport à l’ambition affichée par le plan Landowski, qui, du temps du ministre Malraux, avait posé les bases du renouveau de l’enseignement artistique en France en organisant, sous l’égide de l’État, un maillage du territoire national.

Aujourd’hui, hélas ! Le constat est implacable : sous son apparente impréparation, ces nouvelles orientations sont en réalité murement pensées.

Loi du 13 août 2004

Faut-il rappeler au gouvernement que la loi du 13 août 2004 prévoyait un aménagement de l’exercice des compétences des acteurs publics, un transfert des crédits budgétaires de l’Etat et une redéfinition des missions des établissements ? Ces dispositions s’accompagnaient également d’une vraie et utile réforme pédagogique. Peu enthousiastes, les régions ont cependant refusé d’appliquer cette réforme malgré les expérimentations réussies en Nord-Pas de Calais et en Poitou-Charentes, ainsi qu’en dépit des travaux parlementaires effectués pour identifier les blocages, formuler des propositions opérationnelles ainsi que des adaptations à la loi.

Le ministère de la culture a laissé faire, y trouvant un argument pour ainsi baisser et supprimer ses crédits, tout en poussant sa doctrine selon laquelle ces établissements seraient réservés à une élite, confondant là le sens de ce mot avec celui d’excellence et opposant artificiellement deux objectifs pourtant indissociables: l’exigence démocratique et l’exigence de la qualité. L’abandon des aides de l’Etat aux conservatoires part ainsi de l’argument selon lequel ceux-ci seraient peu populaires et qu’il faudrait tout miser sur l’éducation artistique et culturelle à l’école. Or, l’école, si elle doit sensibiliser aux arts et à la culture, ne peut en aucun cas dispenser d’une formation spécifique nécessaire à un approfondissement des disciplines. . Par ailleurs, ces établissements qui se sont largement ouverts aux pratiques amateurs et collectives étaient jusqu’alors, grâce aux aides publiques, accessibles à un très bas coût et de fait à des talents issus de milieux modestes.

Repliement local

En laissant la quasi-intégralité de la charge de ces établissements aux communes et parfois intercommunalités, le gouvernement prend un risque considérable. Dans une période de restrictions budgétaires très sévères pour les communes et leurs groupements, le désengagement total de l’Etat et son absence d’implication dans une claire répartition des charges entre les différents niveaux de collectivités territoriales ne peuvent aboutir qu’à un phénomène de « repliement local », les communes considérant qu’elles n’ont pour responsabilité que la formation initiale réservée à leurs seuls habitants. Cette évolution est, hélas, d’autant plus prévisible, que le système de la redistribution des richesses entre villes, d’une considérable complexité, lèse les communes dans lesquelles se trouvent justement ces établissements.

Dès lors, il est urgent d’inverser cette tendance. La grande majorité de nos musiciens, comédiens et danseurs professionnels sont issus de ces établissements complétés par le large réseau des écoles et associations locales.

Exception culturelle

A l’avenir, ceci ne sera possible que si l’Etat et les collectivités territoriales redéfinissent clairement leurs responsabilités respectives.

La loi de 2004 avait posé un principe simple : la formation professionnelle des artistes devait, selon un parallélisme des formes avec le reste de la formation professionnelle, être assumée par les régions, laissant aux autres niveaux de collectivités l’enseignement des premiers et seconds cycles. L’Etat aurait tout à gagner de reprendre ce mécanisme, mais ceci suppose au préalable qu’il reconstitue dès le budget 2016 l’enveloppe budgétaire préexistante qui sera transférée aux régions.

L’ambition démocratique suppose que l’on puisse à la fois répondre à un objectif de sensibilisation du plus large public, appelé à devenir majoritairement spectateur ou amateur, et de professionnalisation. En cela l’école et ces établissements restent parfaitement complémentaires.

L’exception culturelle française ne pourra être sauvée qu’à ce prix.

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