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Santé publique

Fermeture de services d’urgences : “la réponse doit être régionalisée”

Publié le • Par • dans : France

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NE-PAS-REUTILISER © V. Vincenzo

Si le gouvernement a démenti les information du Figaro annonçant un risque de fermeture de 67 services d’urgences, la question de la suppression de services hospitaliers se pose régulièrement pour les élus. Pour Laurent El Ghozi, chirurgien et président de l’association “Élus, santé publique et territoire”, les élus doivent être mieux formés aux questions d’aménagement du territoire en matière de santé mais doivent aussi plus s’impliquer, avec une place bien définie.

 

En se basant sur un rapport paru cet été, le Figaro a annoncé lundi 31 août que 67 services d’urgences risquaient de fermer. Le gouvernement a démenti mais avez-vous peur pour ces services ?

Il n’y a rien d’alarmiste dans le rapport Grall. Le Figaro fait de la politique et sort des chiffres qui ne sont pas dans le rapport du directeur de l’Agence régional de santé du Nord-Pas-de-Calais. Il y a une organisation différente des services à proposer, c’est la réflexion de Jean-Yves Grall. Et il reprend l’exigence de distance : être à 30 minutes maximum d’un accès aux soins urgents, ce qui est loin d’être le cas partout aujourd’hui. Il y a des endroits où le seuil recommandé de 10.000 passages par an dans les services d’urgences ne doit pas être prise en compte, dans les vallées par exemple. La réponse doit être régionalisée. Et les médecins libéraux et les maisons de santé qu’on ouvre un peu partout en ce moment, avec des financements publics, doivent être plus impliqués.

Et les élus locaux ?

L’implication des élus est totalement insuffisante. Avec la loi Santé qui arrive au Sénat dans quelques jours, il faut qu’une place soit donnée aux collectivités locales.

Mais il faut aussi que là où est discuté l’aménagement du territoire en services de santé, les élus soient présents, comme dans les Conférences régionales santé et autonomie. Or depuis juillet 2014, l’Association des maires de France n’a toujours pas désigné tous ses représentants.

Les élus doivent se battre pour appartenir à la gouvernance territoriale de la santé. ESPT a d’ailleurs proposé des amendements à la loi Santé que des parlementaires doivent porter.

On a fait pour les maternités ce qu’il faut faire pour les urgences. Pour les maternités, on a créé trois niveaux pour utiliser au mieux les moyens : il n’y a plus assez d’accoucheurs, plus de pédiatres ou d’anesthésistes pour tous les services. Pour assurer la qualité, il fallait donc regrouper les services en fonction des difficultés dans la grossesse et des pathologies.

Faire des regroupements, cela veut quand même dire fermer des services. Les élus locaux ne le font jamais de bon cœur : comment leur demander de plus s’impliquer tout en acceptant de perdre des services ?

Le refus des fermetures est la réaction habituelle des élus. C’est une réaction démagogique, parfaitement compréhensible car ils sont très mal informés. Il y a un travail de pédagogie des ARS à faire auprès des élus. Leur rôle est aussi de leur expliquer pourquoi on fait ces choix de fermeture ou de réaménagmeent de services.

Mais il faut aller au-delà : les élus ne peuvent pas se plaindre et être absent des endroits où il peuvent s’exprimer comme dans les CRSA. Il faut que leur rôle soit indiqué dans la loi Santé pour qu’ils ne soient pas négligés. Ce n’est pas gagné mais il y a des endroits où cela se fait déjà : le Groupement hospitalier de territoire (GHT) de Seine-et-Marne a réuni tous les acteurs, élus compris, et a trouvé des solutions qui semblent satisfaire tout le monde. Il ne faut pas être simplement dans la contestation, il faut proposer.

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