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Développement économique

Silver économie : « l’enjeu est sociétal mais aussi électoral »

Publié le • Par • dans : France

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Benjamin-Zimmer-UNE © Silver Valley

Lancée en grande pompe par Michèle Delaunay et Arnaud Montebourg en avril 2013, la silver économie, qui regroupe toutes les entreprises agissant pour et/ou avec les personnes âgées, est en plein développement. Un moyen pour les collectivités de développer économiquement un territoire tout en se préparant au vieillissement de la population.

 

Développer de l’activité économique et répondre aux besoins des personnes âgées, dépendantes ou non : c’est sur ce principe qu’en 2013 le ministre du Redressement productif, Arnaud Montebourg, et la ministre déléguée chargée des Personnes âgées et de l’Autonomie, Michèle Delaunay, ont lancé en France la silver économie. Cette filière porte un enjeu particulier pour les collectivités qui peuvent doper l’activité et les emplois – non-délocalisables – et proposer aux seniors une qualité de vie améliorée, notamment en cas de perte d’autonomie.

Deux ans après le lancement de la filière, La Gazette des communes a demandé Benjamin Zimmer, directeur de la Silver Valley, réseau de plus de 200 acteurs franciliens de la filière silver économie, de faire le point sur ce secteur.

Quels sont vos liens avec les collectivités territoriales franciliennes ?

Nous sommes financés par les pouvoirs publics à 50% : par la région Île-de-France, par le conseil départemental du Val-de-Marne et par la communauté d’agglomération de Seine-Amont. Avec ces acteurs, on travaille directement avec les directions des personnes âgées ou des personnes en situation de handicap pour faire connaître à ces décideurs les solutions que nous pouvons leur apporter et, le cas échéant, les faire tester.

Ils nous font également remonter des besoins pour qu’on puisse développer des solutions qui valent la peine. Par exemple, depuis quelques années, par le biais d’un fonds – la bourse Charles Foix – nous finançons des projets. Les thématiques de l’appel à projets de la bourse sont définies directement avec les acteurs institutionnels cités pour vraiment aller chercher des innovations qui répondent à des problématiques que vivent ces collectivités.

L’enjeu est de pouvoir rapprocher l’offre de la demande. Donc permettre aux collectivités, aux centrales d’achat, à tous  ces décideurs et prescripteurs d’avoir accès aux offres innovantes afin que le bon produit résolve le problème que vit la personne âgée.

La réponse à un besoin social passe donc toujours pas l’assurance d’avoir un marché pour l’entreprise ?

Nous sommes dans le “social business”, tel que l’a défini Muhammad Yunus, le prix Nobel d’économie : notre société évolue ; en évoluant, elle a des nouveaux besoins ; la réponse à ces nouveaux besoins, c’est la création d’activités économiques nouvelles. Nous, on est en plein dedans : on essaie de mettre en place un cercle vertueux où celui qui a un besoin l’exprime, à nous ensuite de faire en sorte de ne pas faire un produit pour une personne mais pour plusieurs milliers voire millions de personnes. Car derrière, on doit être dans des logiques industrielles qui vont plaire à des investisseurs et créeront de l’emploi.

On a souvent l’image, quand on parle de silver économie, de robots pour personnes âgées. Ce qui n’est qu’un marché de niche…

C’est un a priori. Il y a effectivement des robots mais, en fait, il y a plus de services innovants. Des services offerts pour porter les bagages des personnes âgées dans le train, du covoiturage pour aller faire des courses, en optimisant la course du taxi grâce à des algorithmes qui calculent comment prendre plusieurs personnes âgées sur un territoire donné… On n’est pas là dans de la domotique ! Nous sommes dans toutes les innovations qui vont apporter un bien-être à la personne âgée.

Le vieillissement de la population, on en parle depuis de très nombreuses années, qu’a apporté, ces deux dernières années, le lancement de la filière ?

Plusieurs choses rentrent en ligne de compte : les clients sur lesquels travaillent beaucoup d’entreprises ne sont pas les mêmes qu’il y a 10 ou 15 ans. En terme de consommation, la génération née avant la guerre était très économe, épargnait, dépensait peu. La génération des papy-boomers est une génération qui a inventé les règles de la grande distribution, de la personnalisation des produits… Elle attend énormément de choses de ses produits, qui ne doivent pas être stigmatisants. Les personnes qui conçoivent ces offres ont de plus en plus conscience de cette évolution. Le client n’attend pas juste qu’on lui propose quelque chose mais il s’investit, pose de vraies questions à des marques bien connues qui n’ont pas forcément encore développé des produits adaptés ou en évolution par rapport au vieillissement de ces gens.

Sur l’investissement dans les entreprises, grâce au lancement de la filière, plusieurs fonds de capital-risque se sont créés et ont commencé à investir dans des start-ups et PME  de la silver économie. De plus en plus de levées de fonds sont faites auprès des particuliers, en crowdfunding, et ces particuliers sont parfois des retraités. C’est assez intéressant car ils sont vraiment acteurs de leur avenir et de leur vieillissement.

Sur la partie distribution de ces biens et services, il reste toujours une difficulté dans ce secteur. De plus en plus de réflexions sont effectuées par des groupes comme Lapeyre ou Auchan, qui travaillent à développer des gammes de produits, notamment par le biais des packagings, et à mettre dans leurs rayons des produits qui sont pas stigmatisants pour les seniors mais qui répondent à leurs usages nouveaux.

Quel rôle les collectivités peuvent-elles jouer dans cette filière ?

Beaucoup d’organisations se mettent en place mais il y a surtout, je trouve, des responsabilités qui sont prises à haut niveau – de nombreux maires se renseignent – et montrent que l’enjeu est certes sociétal mais aussi électoral. Il est aussi intéressant de traiter les personnes âgées et les seniors dans leur globalité, il représenteront quand même un tiers des Français d’ici 5 à 10 ans : on ne peut pas nier que la société vieillit, on ne peut pas ne pas traiter ce fait. Ce qui se met en place au niveau national par les politiques comme l’adaptation de la société au vieillissement est repris au niveau local par les municipalités.

Que pensez-vous de la loi vieillissement, actuellement au Parlement ?

La loi est un avantage dans la mesure où elle souhaite adapter la société au vieillissement. Plus qu’une loi, je pense que c’est un projet sociétal. Cela met au cœur de la conception de nouveaux produits et services des enjeux liés à l’âge du client. C’est bien qu’il y ait cette loi pour encadrer le périmètre de toute cette filière.

La loi en elle-même propose un certain nombre d’éléments qui vont effectivement renforcer la prise en charge des personnes dépendantes. L’enjeu est d’obtenir plus de financements pour doter les gens de plus de moyens et de ressources pour avoir accès à l’APA. Néanmoins, avec les 140 millions prévus, on est encore loin de pouvoir combler tous les besoins.

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