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Economie numérique

[Data] Airbnb squatte les villes touristiques

Publié le • Par • dans : France

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france-airbnb-une © Lagazette.fr

La plateforme de locations de chambres et de logements entre particuliers (en principe) a fait son nid dans les grandes villes touristiques, concurrençant à des degrés divers l'offre hôtelière. Nous avons analysé dans le détail les données de Lourdes, Chamonix et La Rochelle, des champions de la fréquentation touristique.

 

Il n’y a pas qu’à Paris que la présence d’Airbnb croît : la plateforme de locations de chambres et de logements entre particuliers, du moins c’est le concept initial, se développe aussi dans les autres communes françaises très touristiques, sans que cela les inquiète outre mesure, à ce jour. Pourtant, la récolte de la taxe de séjour et cette nouvelle concurrence pour les offices de tourisme, qui servent de centrale de réservation, sont des sujets qui n’ont rien de virtuel.

Mais l’offre de chaque territoire présente ses particularités : nombre d’offres, type de biens, prix moyen par nuit, capacité d’accueil… Les villes contactées ont une vision floue de l’offre de la plateforme, quand elles en ont une. Il est pourtant possible d’en avoir une première approche en explorant les données.
En reprenant l’approche de notre confrère du Temps.ch Jean Abbiateci à Genève, nous avons « scrapé » les données du site, pour effectuer des zooms sur trois villes, dont deux sont présentes dans le top dix des villes les plus fréquentées. Nous avons également retenu Chamonix, pour le tourisme de montagne. Les données sur les capacités d’accueil “classiques” sont issues de l’Insee, 2015.
Nous avons également pu obtenir des données directement par la compagnie, qui a bien voulu nous fournir un fichier pour les villes concernées. La confrontation entre notre recherche et les chiffres fournis par l’entreprise montre des écarts importants. Airbnb annonce par exemple 300 annonces actives pour la ville de Carcassonne quand nous en avons récupérées 1300. La différence tient sans doute au périmètre pris en compte, car les hébergements situés dans des villes voisines sont inclus.

Airbnb précise en effet que “pour chaque ville, il s’agit du chiffre pour les annonces de la ville et les villes limitrophes, car nos voyageurs ne séjournent pas en hypercentre, mais sont répartis dans plusieurs quartiers et les villes les plus proches.” Mais ces données fournies par l’entreprise ne sont pas exhaustives : en  récupérant les offres par tranche de prix, on obtient plus de résultats, sans doute parce que le périmètre des villes envisagées pour chaque tranche diffère. Ainsi, il n’est pas toujours possible de connaître précisément le nombre d’offres sur une ville. DEn outre, notre étude des données récupérées est limitée à 1000 par ville recherchée.

En survolant les points de la carte, vous accédez au détail des chiffres (ceux d’Airbnb, et les nôtres). Plus le point est foncé, plus l’offre d’Airbnb se rapproche de celle des hôtels, en volume de chambres(1).

A La Rochelle, des appartements et même des bateaux

Située sur la côté Atlantique, La Rochelle (Charente-Maritime) se situe au 4ème rang des villes les plus visitées, avec 4 millions de touristes par an. Cette ville de 75 000 hab. dispose de 44 hôtels, pour 1866 chambres, 360 emplacements de camping et 2291 places dans les autres hébergements collectifs.

La recherche sur Airbnb fait ressortir environ 2500 solution d’hébergement. Une offre importante donc, rapportée aux chambres d’hôtel « officielles ». Sur les 1000 données que nous avons étudiées, quasiment la totalité concerne La Rochelle. Les autres annonces sont situées dans deux communes limitrophes : Angoulins et Ayrté. Le prix moyen pour une nuit est de 74 euros, beaucoup moins qu’à Chamonix (177 euros).
La typologie des offres montre une majorité de logements « entiers », loin du partage d’un lit, le concept originel. A noter les locations sur bateau, qui montrent que l’offre épouse la particularité du territoire. Le site de l’office de tourisme ne propose pas encore cette catégorie.

L’analyse des capacités d’accueil montre qu’un tiers est en concurrence directe avec l’hôtel :

Presqu’un dixième des propriétaires Rochelais louent plusieurs biens, mais la majorité se cantonne à deux biens. Peu sont de gros loueurs, à l’image de Sylvie, 12 biens, qui ne cache pas sa qualité de “gestionnaire de logements sur la ville de La Rochelle et environs », et dont on trouve la trace aussi sur Homelidays. Ou Franck, dix biens, à la sybilline bio : “Les passeurs de vies. L’Economie au service de l’Humanité”.
Si gites et B&B sont présents, nous n’avons pas relevé d’hôtel.

Lourdes, la miraculée

Encore un miracle à Lourdes (14743 habitants – Haute-Pyrénées), du moins du point de vue des hôteliers : alors que la commune est la seconde la plus visitée de France, avec 6 millions de touristes, et jouit d’une réputation internationale, elle enregistre quelques dizaines de biens seulement sur Airbnb, une goutte d’eau face à l’offre hôtelière classique : 144 hôtels, 11841 chambres.

Toutefois, l’offre affichée est très exagérée : si l’on cherche “Lourdes” sur la plate-forme, 850 annonces sont recensées mais elles englobent des propositions qui peuvent être située à plus d’une heure de la ville (Eaux-Bonnes), et jusqu’à Pau, à 45 minutes en auto.

Les offres se répartissent pour moitié en chambre privée, moitié en logement entier. La capacité d’accueil est, pour l’essentiel, limitée à deux personnes. Sur le même créneau donc que les hôteliers. En y regardant de plus près, une bonne partie des offres sont proposées par des professionnels, gîte mais aussi hôtel : on en trouve deux, à Lourdes, dont l’un a mis ses six chambres en location, sous 6 annonces différentes !

Sur l’ensemble des locataires, seulement 4 louent plusieurs biens, dont l’hôtelier. Aucune hypothèse ne permet d’expliquer de manière convaincante cette singularité. L’office de tourisme avance que Lourdes reçoit beaucoup de groupes, qui par définition utiliseraient peu ces solutions d’hébergement. Mais dans le même temps, le volume de touristes « hors groupe » reste très élevé. L’âge des touristes (plus âgés pour Lourdes que pour d’autres destinations) pourrait expliquer une méconnaissance de ces nouvelles offres numériques ; mais là encore, l’office de tourisme relève que Le Bon coin, autre site de petites annonces, est assez utilisé.

Chère Chamonix

Mondialement réputée, Chamonix (Haute-Savoie), la capitale de l’alpinisme reçoit chaque année 2,5 millions touristes, pour seulement 8900 habitants. Son offre hôtelière s’élève à 48 hôtels pour 1775 lits, plus 1 018 emplacements de campings et 5 093 lits en autres hébergements collectifs.

Airbnb nous a indiqué que la commune et ses environs proposaient 800 offres, un poids non négligeable là encore. D’autant que nous en avons compté 3400 avec notre méthode par tranche de prix.
Sur les 1000 données scrapées, une majorité, environ 670, se situe dans Chamonix. Le reste est majoritairement situé aux Houches, une des communes de l’intercommunalité à 10 minutes du centre-ville, et à Saint-Gervais, située, elle, hors de la vallée, à 30 mn de voiture.

Le prix moyen des nuitées est élevé, à 177 euros en moyenne.

Comme à La Rochelle, on voit bien que l’idée originelle d’Airbnb est perdue de vue, avec une part très minoritaire de chambres. Le fort volume d’appartements reflète la pression immobilière que subie cette étroite vallée, aggravée par un foncier disponible rare.

L’offre entre moins en concurrence frontale avec les hôteliers, mais davantage avec le parc de locations.

Les multi propriétaires représentent presqu’un cinquième du total (74 sur 402), et plus de la moitié loue au moins trois biens, ce qui, au tarif des locations à Chamonix, assure, potentiellement, un beau complément de revenu. On trouve parmi eux des professionnels « officiels », comme le premier d’entre eux, Nick, avec 51 offres de logement. Relevons encore l’agence Snostation, enregistrée en 2011, avec 40 biens.

D’autres confrères ont effectué ce travail, à Nice et Strasbourg, qui sont également dans les 10 villes de France les plus fréquentées. Et un même constat : les idéaux des origines, l’économie du partage s’effacent peu à peu.

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    Notes

    Note 01 - les chiffres pour chaque ville ont été recueillis dans la semaine du 20 juillet. Les chiffres correspondent à une photographie à un instant T, les annonces sont très volatiles - Retourner au texte

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Thèmes abordés Développement économiqueDéveloppement localEconomieNumériqueTourisme

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  1. 1. Fred 28/08/2015, 09h17

    Parce que vous avez réellement cru à l'économie du partage mis en avant par Airbnb ? Petit biais me semble t-il, rien n'empêche de louer un appartement entier mais de partager des moments avec ses hôtes.

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