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Interview

« La non-instrumentalisation de la laïcité dans le débat public est un préalable »

Publié le • Par • dans : A la une, Actu juridique, France

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Yann Lasnier, secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange Yann Lasnier, secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange © B. Geminel

Les collectivités disposent, depuis longtemps, d'outils divers pour transmettre le message de laïcité. Mais les débats actuels sur le vivre-ensemble et l'apprentissage de la citoyenneté ont mis en lumière la difficulté à trouver les bons mots et à s'accorder sur des références communes. Yann Lasnier, secrétaire général de la Fédération Léo Lagrange, association partenaire des collectivités sur l’apprentissage de la citoyenneté, milite pour des dispositifs émancipateurs.

 

Selon quels principes et avec quels outils la Fédération Léo Lagrange intervient-elle en matière de sensibilisation et de mise en œuvre du principe de laïcité ?

La laïcité a toujours été une valeur fondamentale et affirmée de la Fédération Léo Lagrange et ce, dès sa création il y a 65 ans. La laïcité, ce n’est pas combattre les religions, c’est simplement les réserver à la sphère privée. La laïcité, c’est également reconnaître le droit à l’incroyance. Cette valeur a été encore réaffirmée dans notre projet associatif renouvelé en octobre 2014. La laïcité telle que nous l’entendons n’est pas le poing fermé, c’est une main tendue. Elle se préoccupe d’abord de l’intérêt général dans lequel chaque individu se retrouvera en partie. L’esprit laïc est indissociable du pacte républicain. Pour sensibiliser à cette notion, la fédération met en place des programmes d’éducation citoyenne qui favorisent l’échange et le dialogue collectif pour accompagner l’individu dans son cheminement intellectuel et émancipateur. Cette sensibilisation doit aussi concerner nos salariés animateurs et formateurs qui sont confrontés parfois à ces problématiques. En tant qu’employeur, nous sommes dotés d’un règlement intérieur assez clair qui guide nos salariés animateurs et formateurs.

Quelle est la nature de la demande des collectivités auprès de la Fédération Léo Lagrange en la matière ?

Lorsqu’une collectivité s’adresse à nous pour la gestion d’accueils de loisirs, d’activités périscolaires ou de missions d’animations jeunesse, elle attend des animations éducatives de qualité qui puissent s’adresser à tous. Les attentes sont fortes sur la manière d’aborder des sujets de société tels que la laïcité. L’éducation populaire a beaucoup à apporter en matière de méthodes d’éducation active, participative et collective qui sont complémentaires de l’enseignement scolaire. Nous incitons nos animateurs à inscrire leur travail d’animation non pas dans l’occupationnel, mais dans le sens de notre projet éducatif qui poursuit comme objectifs, notamment en direction des enfants et des adolescents, le développement de l’esprit critique, le goût pour la vie en société, le sens des responsabilités, la convivialité et l’intérêt pour les autres. La mise en place de la réforme des rythmes éducatifs nous a permis de valoriser auprès des collectivités nos programmes et méthodes de pédagogie actives autour du jeu.

La demande des collectivités a-t-elle évolué depuis les événements du début d’année ?

La demande n’est pas explicite, en revanche la préoccupation l’est à tous les instants. C’est pourquoi il nous faut la prendre en compte sans toutefois agir de façon obsessionnelle. C’est la constance qui doit s’imposer.

A lire aussi La laïcité, une valeur à (re)définir pour la traduire en actes

Le débat actuel sur la laïcité vous semble-t-il en adéquation avec les attentes du terrain ?

Si la laïcité est un des piliers du vivre ensemble, elle n’est pas le totem qui saura résoudre à elle seule la question. La ségrégation sociale, scolaire, la « gentrification » des villes, la disparation des mixités sociales et culturelles sont un poison pour notre société. C’est cette question qu’il faut prendre à bras le corps, partout agir pour l’égalité des droits et des devoirs, générer des dispositifs favorisant l’égalité des chances, non pas en réduisant les niveaux mais en créant des chemins nouveaux. Des milliers d’associations de bénévoles, d’enseignants d’animateurs s’y consacrent. C’est eux qu’il faut encourager et conforter dans leurs actions.

Les professionnels avec qui la Fédération Léo Lagrange travaille en partenariat vous semblent-ils assez formés à la laïcité ?

Le besoin de formation s’est exprimé de manière générale de la part des professionnels de l’éducation formelle comme de l’éducation non formelle. Le sujet n’est en effet pas simple et ils sont les premiers à être confrontés aux traductions concrètes de ce concept au quotidien. Mais souvent, plus encore qu’une formation à la laïcité, il s’agit de savoir donner confiance à ces acteurs et les former à la capacité d’animer un débat citoyen. Plus largement, la compréhension de la fabrication des discriminations de tout ordre est essentielle. Et nous essayons de développer des modules de formation dynamiques qui vont dans ce sens.

Quelles propositions la Fédération Léo Lagrange formule-t-elle pour une laïcité mieux comprise et mieux appliquée ?

La non-instrumentalisation de la laïcité dans le débat public est un préalable. À la communauté éducative ensuite de générer et d’encourager de nouvelles approches pédagogiques pour susciter du débat et non du combat.

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