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Grand Languedoc : la comédie du pouvoir local

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

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masque de comédie et de tragédie © Flickr CC by Tim Green aka atoach

Dans son dernier livre, le journaliste Jacques Molénat brosse le portrait d’une cinquantaine de « Notables, trublions et filous ». Parmi ces personnages hauts en couleur, « l’Imperator », feu Georges Frêche, « le félin » Philippe Saurel et « le fracassant » Robert Ménard. Jubilatoire.

 

Son nom résonne comme un sésame au sein de l’improbable confrérie des passionnés de systèmes politiques locaux. Jacques Molénat, durant sa carrière à Montpellier, s’est fait une spécialité des réseaux.

Pour La Croix, Marianne et, surtout, les suppléments régionaux de L’Express, le journaliste a mis en lumière le poids des agents municipaux encartés au PS ou l’influence, parmi les édiles, des diverses obédiences maçonniques. Du Languedoc-Roussillon, Jacques Molénat a tissé sa toile jusqu’aux contreforts du radicalisme-cassoulet. Le voilà qui publie, aux éditions Chabot du Lez, son deuxième ouvrage. Une galerie de 54 portraits courts et ciselés, intitulée « Notables, trublions et filous ».

C’est « l’Imperator » Georges Frêche qui, naturellement, ouvre le bal. Même mort, il continue d’être omniprésent. Tout le monde, à Montpellier, a été, est ou sera frêchiste. Depuis son éviction, en 2008, la fédération socialiste de l’Hérault part en lambeaux. Lors des dernières municipales, le candidat de la Fédé et de la rue de Solférino, Jean-Pierre Moure s’est pris une veste.

Drôle de paroissien

Un digne héritier du roi Georges, « le félin » et charismatique Philippe Saurel, l’a emporté. Sacré personnage. Ce familier des loges consulte l’évêque auxiliaire de Montpellier avant de déclarer sa flamme pour la mairie. Il porte la vierge en procession le jour de la Saint-Roch, protecteur de la ville. Ancien hiérarque bon teint du PS, Philippe Saurel se sent, depuis son élection, investi d’une mission : en finir avec la dictature des partis. Sa grande idée : la République des maires. Plus apolitique, tu meurs !

Réside, là, l’une des grandes leçons du livre : les idéologies, c’est fini. Aux dernières municipales à Narbonne, Didier Mouly s’est imposé à la tête d’une liste d’intérêt local. Sur leurs affiches électorales, les édiles cachent soigneusement les logos de l’UMP ou du PS.

Revers de la médaille : la politique locale se résume trop souvent au clanisme et aux coups de billards à trois bandes. Pour un Christian Blanc, maire courage de la station des Angles (Pyrénées-Orientales) dressé contre les puissances de l’or blanc, combien d’apparatchiks façon Christian Bourquin ou Robert Navarro ?

Folie des grandeurs

Ce qui frappe également, c’est à quel point la collectivité régionale peut se transformer en féodalité. A Georges Frêche, même les édiles de droite prêtent allégeance. On ne résiste pas au pouvoir des subventions…

Le prédécesseur de « l’Imperator », Jacques Blanc, s’imagine en prince du Languedoc-Roussillon avec son drapeau, son hymne et tout le toutim. Ce giscardien pur sucre en appelle à l’arbitrage suprême de Bruxelles. Président du comité (européen) régions, il rêve de réduire l’Etat à la portion congrue.

Et puis, il y a « le fracassant » Robert Ménard. Avec lui, Jacques Molénat a créé Reporter sans frontières voici trois décennies. Autant dire qu’il connaît son petit Robert. Son récit est édifiant. Dans sa jeunesse, apprend-on, Robert Ménard a non seulement été trotskyste, mais aussi anarchiste. Voici sept ans, il bataillait encore contre Éric Zemmour. Les droits de l’homme, tel était son seul et unique credo. Cela ne l’a pas empêché, rappelle Jacques Molénat, de servir quelques mois plus tard « la pétromonarchie esclavagiste » du Qatar. Robert Ménard y dirigeait un hypothétique Centre pour la liberté de l’information. Las, l’aventurier a jeté son dévolu sur Béziers. Allié au FN aux municipales de 2014, il a raflé la mise. Monsieur le maire reçoit Eric Zemmour avec les égards réservés à un prix Nobel. Certains de ses collaborateurs, comme André-Yves Beck, se situent à la droite du Front National. Et, pourtant, aux dernières sénatoriales, il a soutenu l’UMP. Va comprendre…

Jacques Molénat, cela se sent, se délecte de ces personnages rocambolesques. Son livre respire le plaisir d’écrire. Dans sa galerie, les fâcheux pointeront des absents, tel Louis Aliot, le compagnon toulousain de Marine Le Pen, récemment délocalisé à Perpignan. Ou Frédéric Bort, dernier dircab de « l’Imperator » et révélation de l’impressionnant documentaire qu’Yves Jeuland a consacré à Georges Frêche (« Le président »). Les autres, tous les autres, du Languedoc ou d’ailleurs, savoureront ces portraits aussi fouillés que piquants.

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