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Economie

Airbnb et les collectivités locales : une difficile cohabitation à l’étranger

Publié le • Par • dans : A la une, Europe

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LEGO © Flickr public domain Pascal

Les nouveaux acteurs de l'économie dite collaborative comme Uber, le service de VTC, ou Airbnb, le site de location de logements et de chambres entre particuliers, bousculent les cadres légaux, en France comme à l'étranger.

 

Les échanges tendus entre Airbnb et Paris, la première ville sur le site de locations touristiques entre (soit disant) particuliers, ne constituent pas une exception : à l’étranger aussi, l’encadrement des activités d’Airbnb reste compliqué, quand il existe. En effet, les cas médiatisés de velléités de régulation ne doivent pas faire oublier que la majorité des 190 pays et des 34000 villes présents sur la plate-forme affichent un certain désarroi face aux pratiques et services de ce nouvel acteur, sans savoir par quel bout du code aborder le problème.

Dans l’État de New York, la législation remonte à 2010, et interdit de louer moins de 30 jours, sauf si le propriétaire habite dans le logement. L’enjeu est fort : la Grosse Pomme est la deuxième ville citée sur Airbnb, avec 32200 offres. Pourtant, le cas est loin d’être apaisé, entre main tendue et lobbying. Les passes d’arme ont abouti à la suppression de 2000 offres en 2014, sur 19500. Airbnb les a supprimées pour éviter d’avoir à transmettre ses données à la justice, ces fameuses datas qui sont le nerf de la guerre.

Le développement anarchique de l’offre et sa professionnalisation sont aujourd’hui loin d’être enrayés, quand bien même la mairie de New York a monté une équipe dédiée dans ce but.

L’opposition à Airbnb se structure, notamment via Sharebetter.org(1). Cette coalition d’élus locaux, de parlementaires, d’associations d’aide au logement, de communautés de quartier…, est soutenue financièrement par le Hotel Trades Council, le puissant syndicat des hôteliers et restaurateurs. Son message ? Loin de l’économie du partage, Airbnb favorise la pression immobilière, casse l’offre légale, encourage des prestations à la baisse, crée des risques pour la sécurité… Son dernier spot vidéo dénonce un système qui profiterait surtout aux déjà riches.

A l’automne dernier, ces opposants prévoyaient de dépenser 3 millions de dollars en communication, estimant qu’Airbnb avait investi de son côté 25 millions, dont 500 000 dollars de lobbying.

A contrario, les partisans de la plateforme ont lancé une pétition pour libéraliser davantage, qui a récolté presque 235 000 signatures.

Les données, le nerf de la guerre

A San Francisco, le berceau de la société, la tentative de légiférer remonte à 2014 et c’est un échec, de l’aveu même de la cité californienne. La ville essaye de renforcer ce premier cadre, en interdisant de louer plus de 120 jours par an ; une unité spécialisée a aussi été créée. Une “nouvelle petite bureaucratie » inutile, taclait un opposant, pointant de nouveau la question des données :

Le service de l’urbanisme du maire et tous les analystes indépendants ont dit que la loi actuelle ne fonctionne pas et est inapplicable, à moins que vous ne sachiez le nombre de nuits qu’un bien est loué et que vous n’ayez la possibilité d’aller récupérer sur les plateformes les biens qui ne sont pas listés. (…) Sans ces deux éléments, le problème va proliférer.

En attendant, les deux clans se battent à coup de chiffres, et comme à New York, le lobbying dans les deux sens va bon train.

En Australie, la situation a viré à l’ubuesque : un locataire de l’État de New South Wales a reçu une amende d’1 millions de dollars par son autorité locale, qui a le pouvoir de fixer les règles en la matière. Du coup, la pression monte pour qu’une régulation au niveau de l’État soit adoptée. L’attitude semble un tantinet schizophrénique, comme le relevait le Sydney Morning Herald  : volonté affichée de contrôler d’une part… et publicité pour le site de l’autre côté : “[le contrôle] n’a pas empêché le conseil local de promouvoir le “super” site dans un guide pour les étudiants étrangers : ‘Si vous cherchez un logement pas cher, alors vous devriez vraiment aller sur Airbnb.’”

Contrôler l’acquittement de la taxe

A Amsterdam, aux Pays-Bas, la situation semble s’être apaisée puisque la capitale néerlandaise a noué un accord avec Airbnb en décembre 2014 : collecte de la taxe de séjour, encouragement des bonnes pratiques, location limitée à 4 personnes par logement et 40 jours par an, lutte contre les locations illégales… Toutefois, il n’existe apparemment pas de moyen de vérifier que la taxe a bien été acquittée. Si Amsterdam n’est pas dans les villes les plus représentées en offres pures, l’offre pour 1000 habitants à Amsterdam y est parmi les plus élevée.

En Catalogne, en Espagne, des mesures similaires viennent d’être prises : taxe, interdiction de louer plus de deux chambres plus de quatre mois par an, obligation pour le propriétaire de dormir dans le logement. Le marché y est énorme : rien qu’à Barcelone, environ 15 000 biens sont proposés, ce qui fait de la capitale catalane la 5ème place mondiale.
“Selon une étude réalisée par l’organisation professionnelle des hôteliers espagnols, l’offre pour les locations touristiques entre particuliers a dépassé en 2014 celle des hôtels et des autres types d’hébergements traditionnels, rapporte Le Parisien. La seule ville de Barcelone concentre à elle seule plus de 137.000 lits sur les plate-formes collaboratives, soit presque le double de l’offre conventionnelle, selon cette étude.”

Dérégulation… ou simplification

En Belgique, des choix différents ont été faits d’une région à l’autre. La Flandre a opté pour la dérégulation – ou simplification, selon le point de vue. La piste dessinée par la région de Bruxelles mi-juillet fait grimacer Airbnb : un système d’enregistrement préalable, et donc de contrôle possible a posteriori.

En revanche, Londres, 3ème ville la plus présente avec plus de 24 000 annonces, a pris le parti de la dérégulation en permettant à toute personne de louer son logement 90 jours par an sans contrainte, au grand bonheur de la compagnie.

Face à ces approches disparates dans l’UE, faut-il s’attendre à une régulation au niveau du marché européen ? La commissaire en charge du Marché intérieur et de l’industrie, Elżbieta Bieńkowska, l’a annoncée fin juin, pour cette année.

De l’autre côté de l’Atlantique, Rio de Janeiro, aussi accueillant que Londres, a conclu un accord inédit sur la fourniture de 20 000 chambres pour les JO en 2016, au détriment d’acteurs traditionnels de l’hôtellerie. La ville, la quatrième la plus populaire, présentait, au printemps dernier, 17 800 offres.

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