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Culture

Avignon 2015 : comment les élus à la culture préparent la rentrée

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

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avignon theatre © Gérard Julien / AFP

La réforme territoriale, le contexte budgétaire inédit, et les pratiques culturelles des publics en pleine mutation, obligent les collectivités à penser différemment leurs politiques culturelles. Les associations d’élus ont débattu de ces constats pendant le Festival d’Avignon 2015, où elles ont rencontré la ministre de la Culture et des parlementaires.

 

Alors que le projet de loi sur la nouvelle organisation territoriale de la République (« NOTRe ») vient d’être définitivement adopté le 16 juillet 2015, les élus cherchent déjà « de nouvelles voies » pour les politiques culturelles. Réunis, comme chaque année, pendant le Festival d’Avignon, par la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture (FNCC),  ils ont adopté, le 17 juillet, un texte cosigné par l’ensemble des associations d’élus et intitulé « Préserver, insister, amplifier inventer ». Un titre en forme de vade-mecum pour affronter une situation nouvelle.

Inventer sans faire table rase

Tous les élus s’accordent pour dire que l’heure n’est plus à ressasser les diagnostics connus (raréfaction des financements publics, montée de l’intercommunalité, fragilisation du monde rural et périurbain etc.). « Aujourd’hui, la question est de savoir comment faire face à cette situation, sans pour autant faire table rase du passé, estime le président de la FNCC, Florian Salazar-Martin. D’où ces verbes d’action que nous avons choisis pour signifier notre engagement ».

Etats généraux

Olivier Bianchi, maire (PS) de Clermont-Ferrand et président de Clermont-Communauté (Puy-de-Dôme) préconise une méthode : l’organisation d’états-généraux de la culture. Il en a fait la demande à la ministre de la Culture, Fleur Pellerin, lors du Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC) qui s’est tenu en Avignon le 16 juillet. « Il s’agit de redonner du sens aux politiques culturelles, estime le coprésident de la commission « culture et attractivité des territoires » de l’Association des maires des grandes villes de France (AMGVF). Les dernières années ont été celles des publics et de la démocratie culturelle. Les prochaines seront celles des territoires. »

Institutionnaliser le dialogue Etat-collectivités

Le Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC) réunit plusieurs fois par an les représentants de l’Etat et des collectivités pour parler de politiques culturelles. Certains élus locaux, comme Olivier Blanchi, plaide pour que cette instance soit institutionnalisée. « Sans institutionnalisation, il suffit qu’un ministre de la culture estime que ce n’est pas le bon lieu de débat pour que le CCTDC ne se réunisse plus», observe l’élu clermontois. Un amendement introduit en ce sens dans le projet de loi NOTRe, en première lecture, n’a pas survécu à la navette parlementaire. Les partisans d’un CCTDC institutionnalisé comptent revenir à la charge.

Conférences territoriales de l’action publique

La FNCC a rencontré en Avignon une délégation sénatoriale transpartisane emmenée par la sénatrice (UDI) de Seine-Maritime Catherine Morin-Desailly, présidente de la commission de la culture, de l’éducation et de la communication de la Haute-Assemblée. Objectif : préparer des amendements au projet de loi sur la liberté de création, l’architecture et le patrimoine – « CAP » – pour y réintroduire l’obligation, pour les futures conférences territoriales de l’action publique (CTAP), de constituer une commission « culture ». Disposition qui avait été retirée du projet de loi NOTRe en commission mixte paritaire . « Je regrette que le gouvernement n’ait pas soutenu cette proposition de bon sens, qui ne fixait pas d’autre obligation que de nous parler sur la culture. Nous allons à nouveau proposer une telle instance dans le cadre du projet de loi « CAP », a promis Catherine Morin-Desailly aux élus. Du côté de l’Assemblée nationale, la FNCC a profité du passage en Avignon de Patrick Bloche, député (PS) de Paris et président de la commission des affaires culturelles et de l’éducation, pour évoquer le sujet. Le député parisien a promis que sa commission allaient se saisir de la question.

Pas de stigmatisation

« Nous savons que les années à venir seront très dures, et que forcément, nous devons inventer autre chose », prédit Annie Genevard, députée-maire (Les Républicains) de Morteau (Doubs). Et la rapporteure de la commission « culture » de l’Association des maires de France (AMF) d’inviter ses pairs à ne pas « stigmatiser » les collectivités qui réduisent les crédits qu’elles consacrent à la culture, car « il ne faut pas forcément y voir un choix idéologique. »

Mobilisation de tous les échelons

Nombre d’élus misent sur l’intercommunalité pour « amplifier » l’engagement du bloc communal en faveur de la culture. « Il faut que les intercommunalités et les métropoles se responsabilisent et réfléchissent à leur engagement culturel, ce qui n’est pas encore toujours le cas », insiste Catherine Morin-Desailly. « Mais sans que les communes abandonnent leurs responsabilités, observe Annie Genevard. Nous nous sommes battus pour que la culture reste une compétence partagée, car nous avons besoin de tous les échelons. Même si, c’est vrai, le danger de la compétence partagée, c’est qu’elle n’appartient vraiment à aucun échelon, et que, au final, aucune collectivité ne s’engage, car aucune ne la considère comme au cœur de ses missions. »

Eviter « l’entre-soi »

Les élus pointent à l’unisson un écueil à éviter : « l’entre-soi ». « Il faut en sortir et travailler avec les associations professionnelles et les publics, plaide Olivier Bianchi. Pour ce qui est des directeurs des affaires culturelles (DAC), le nouveau président de la Fédération nationale des associations de DAC (FNADAC), Frédéric Lafond, élu le 16 juillet en Avignon, souhaite, lui aussi, un débat avec les élus « sur la place et le rôle de la culture. » Quant aux associations représentant les publics, leur coordination, la COFAC et la FNCC, ont amorcé un rapprochement à la faveur d’ateliers conjoints pour déterminer les prérequis d’un dialogue régulier. « Régulièrement, je rappelle notre rôle dans ce cloître [Cloître Saint-Louis, en Avignon, où la FNCC organise tous les ans son débat avec les autres associations d'élus, ndlr] car nous sommes oubliés », déplore Claire Papillon, vice-présidente de la COFAC et de la Fédération française des Maisons de jeunes et de la culture (FFMJC).

Dans la foulée de cette rencontre, FNCC et COFAC ont consigné un texte intitulé « une loi pour de nouveaux droits », en référence à la loi NOTRe qui, pour la première fois, donne une existence légale aux droits culturels. Les signataires invitent associations, syndicats et organisations professionnelles à signer cette déclaration et à se saisir de cette nouvelle loi pour qu’elle devienne « un outil pour l’affirmation de la démocratie culturelle ». Le débat que susciteront les signataires devra être porté « devant et avec les parlementaires. »

Et les artistes ? Pour Florian Salazar-Martin, il faut multiplier les lieux où les élus et artistes peuvent se rencontrer. D’où sa réticence face au concept de guichet unique, évoqué comme une possibilité dans la loi NOTRe. « Je dis toujours aux artistes de demander un rendez-vous aux élus de leurs territoires », insiste le président de la FNCC.

Inquiétude sur le CCTDC

Comme tous les ans, le Conseil des collectivités territoriales pour le développement culturel (CCTDC) a tenu sa séance d’été pendant le Festival d’Avignon, le 16 juillet 2015. Beaucoup d’élus en sont ressortis sans cacher leur déception de ne pas avoir entendu la ministre de la Culture Fleur Pellerin s’engager sur certaines questions : Etats généraux de la culture, lecture publique, co-construction des politiques culturelles entre l’Etat et les collectivités etc. Certains élus s’interrogent à demi-mots sur l’avenir de cette instance de dialogue, à laquelle ils sont très attachés. « Le CCTDC se réunit moins souvent qu’auparavant, il travaille moins », s’inquiètent plusieurs d’entre eux.

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Thèmes abordés Etat et collectivités localesPolitiques culturelles

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  1. 1. lambda 23/07/2015, 10h11

    C'est un peu facile pour des élus de droite qui baissent les credits pour la culture de dire que ce n'est pas idéologique et pour d'autres, même Front de gauche, qui les baissent aussi de dire que c'est la faute de l'Etat... Enfin, certains élus réalisent que competence partagée veut aussi dire que personne n'est responsable et que ce sont les politiques publiques que l'on sabordent en premier. Alors oui au guichet unique, oui à une commission permanente de concertation puisqu'on n'a pas été capables de definer des compétences, de donner de justes niveaux de responsabilités par niveaux d'intervention. Et quand certains disent plutôt le dialogue direct entre élus et artistes... on sait ce que ça donne sur leurs territoires: artistes inféodés, fait du prince, politique qui se résume à la "danseuse" du monarque, point de démocratie réelle dans le seul pouvoir de "l'élu".

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