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Economie

Soutien à l’export : après les dérives, le temps de la réorganisation

Publié le 02/09/2015 • Par Emmanuel Guillemain d'Echon • dans : A la une, France

navire dans un port
Flickr CC by Jaxer
Fin juin, l’explosion en plein vol d’ERAI, le bras armé du conseil régional de Rhône-Alpes pour le soutien au commerce extérieur, a braqué les projecteurs sur ce secteur méconnu de l’action économique des collectivités, actuellement en pleine mutation.

C’était « l’outil que tout le monde nous envie », selon Jean-Louis Gagnaire, vice-président (PS) de la région Rhône-Alpes. Mais les dérives dans la gestion d’Etablissement Rhône-Alpes International (ERAI), aboutissant finalement à sa liquidation judiciaire le 30 juin dernier, ont attiré la lumière sur cette dimension relativement récente et méconnue de l’action en développement économique des collectivités : le soutien à l’export.

La chute d’ERAI a mis en évidence plusieurs dérives, dénoncées par une coalition composite de conseillers régionaux rhonalpins (EELV-UMP-UDI-FN) qui ont mis fin à l’aventure en refusant, le 6 mars, de voter une subvention de 4,7 millions d’euros à l’organisme. Doté d’un budget de 10 millions d’euros, celui-ci était financé à 60 % par la région et employait 223 personnes à Lyon et dans ses 27 bureaux à l’étranger.

Précédents en Bretagne et en Languedoc-Roussillon

C’est tout un pan de l’action économique des collectivités, le soutien à l’export et l’internationalisation des entreprises, qui est mis à mal par l’affaire. D’autant que deux précédents avaient déjà fait parler d’eux : en Languedoc-Roussillon, l’affaire autour de l’ancienne agence régionale Prodexport, sur fond de conflit politique entre deux présidents de région, vient de se conclure au bout de dix ans de procédures par la condamnation pour abus de biens sociaux de ses deux dirigeants, Philippe de Pouzilhac et Marie-Isabelle de Lourtioux.

Le 2 juin, ils ont écopé respectivement de deux ans et un an de prison avec sursis, et 100 000 et 50 000 euros d’amende, plus 315 000 euros de dommages et intérêts à verser solidairement à la société Prodexport, chargée de promouvoir les produits régionaux à l’étranger.

En Bretagne, la Mission régionale du commerce extérieur breton (Mirceb), créée dans le flot de la première décentralisation en 1983, a également été dans le collimateur de la justice à la fin des années 1990, en raison de la gestion dispendieuse d’un organisme financé à 80 % par la région et dont le budget annuel atteignait 15 millions de francs (un peu plus de 2,2 millions d’euros) pour 17 salariés et un réseau de 15 bureaux à l’étranger.

Un trop grand nombre d’acteurs sur le terrain

Une présence importante qui fait souvent doublon : « Ces agences à l’étranger sont extrêmement coûteuses et entrent en concurrence avec des acteurs déjà présents sur place », comme le réseau international des chambres de commerce et d’industrie (CCI), celui de Business France, le nouvel opérateur national chargé du soutien à l’attractivité et à l’export, et d’une myriade d’acteurs publics et privés dans le maquis duquel les entreprises se perdent, dénonce Alain Bentéjac, président du Comité national des conseillers du commerce extérieur (CNCCE).

Ce chef d’entreprise fut le co-auteur en 2013 d’un rapport sur l’efficacité des différents dispositifs d’appui à l’internationalisation, commandé par le gouvernement dans le cadre de la modernisation de l’action publique, qui estimait à 65 millions d’euros l’ensemble des dépenses de soutien à l’export faites par les collectivités. Pour lui, la faillite d’Erai représente « une leçon à tirer » : « Il faut regrouper les acteurs. Les régions doivent avoir un rôle stratégique, plus coordinateur qu’opérationnel. Elles ont tout à fait le droit d’estimer que les acteurs défendent mal leurs entreprises à l’étranger ; mais alors il vaut mieux passer par un système de convention, comme plusieurs le font déjà », explique-t-il.

Une mutation déjà amorcée

Pour Jean-Louis Gagnaire, ces mauvaises pratiques sont dépassées dans la plupart des cas. S’il reconnaît qu’ERAI avait « déraillé », il affirme que le conseil régional avait « garotté la direction pour la faire revenir dans le droit chemin » et qu’il « était proche du but », le déficit étant revenu à 400 000 euros fin 2014. Quant à l’importance du nombre de filiales à l’étranger, il concède une « fuite en avant » mais affirme que des mutualisations avaient déjà été mises en place : « Les bureaux de l’ERAI à Shanghai pouvaient servir à d’autres régions » ayant passé des conventions avec Rhône-Alpes, comme la région Auvergne.

De manière générale, selon lui, les collectivités ont fait du chemin. « Très longtemps, l’international se résumait à du tourisme économique : des élus qui se baladaient à l’autre bout du monde, se prenant pour des chefs d’État venus signer des contrats à l’étranger. Mais c’est fini aujourd’hui : tous les déplacements entrent dans une stratégie », assure Jean-Louis Gagnaire.

Et, alors que l’argent public se raréfie, la plupart des agences sont à l’heure de la mutualisation. « Toutes les agences régionales de développement sont en cours de regroupement avec celles qui s’occupent d’innovation, et certaines profitent de la création des grandes régions pour revoir leurs missions et y intégrer l’export, comme en Provence-Alpes-Côte-d’Azur », affirme Antoine Angeard, délégué général du CNER, la fédération nationale des agences de développement économique.

Vers un regroupement

En Bretagne, les élus semblent avoir tiré les leçons du précédent de la Mirceb en unifiant tous les acteurs régionaux sous la bannière d’une association commune, Bretagne Commerce International, financée à hauteur de 3,5 millions d’euros par la région et 900 000 euros par la CCIR. Plus question d’un réseau d’agences à l’étranger : « Nous sommes présents dans 100 pays mais nous n’avons aucune charge fixe, car nous faisons appel à des consultants indépendants, des expatriés présents de longue date dans le pays et qui parlent la langue locale. Nous nous appuyons aussi et de plus en plus souvent sur le réseau de Business France et des CCI », explique Vincent Chamaret, directeur général de l’association.
L’aide apportée aux entreprises en Bretagne est gratuite, et les missions d’accompagnement à l’étranger leur sont facturées à prix coûtant. 2 500 entreprises ont été ainsi accompagnées en 2014, contre 1 200 avant la fusion avec la CCIR.

Ailleurs, les régions délèguent de plus en plus leurs compétences aux CCIR ou conventionnent avec Business France. L’Alsace a renoncé à ses bureaux à l’étranger. En revanche, le Languedoc-Roussillon, via la SEM « Sud de France », entretient toujours des centaines de mètres carrés en plein cœur de New York, Londres, Shanghai et Casablanca… Quelques agences départementales, notamment le Val-d’Oise et les Hauts-de-Seine, sont aussi implantées à l’étranger. Et les métropoles réclament de manière insistante un accès plus direct à Business France.

Mais selon Antoine Angeard, la question sera réglée par la loi Notre, qui couronne le rôle de pilote des régions via les schémas régionaux de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII). D’autant que la concurrence portera plutôt sur l’attractivité. « À l’international il faut marcher groupés, chasser en meute », renchérit Jean-Louis Gagnaire, qui rappelle que « c’est la région qui tient le carnet de chèques », avec en Rhône-Alpes plus de 5,5 millions d’euros au soutien à l’export, répartis à travers différents programmes. « Là où les métropoles ont un rôle à jouer, c’est en termes d’attractivité. » L’ébauche d’un partage des rôles en matière de développement économique ?

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