Ferroviaire

L’avenir des lignes Intercités, suspendu aux échéances régionales

| Mis à jour le 08/07/2015
Par
sncf

Phovoir

Le secrétaire d'Etat chargé des Transports, Alain Vidalies, a présenté mardi 7 juillet 2015 la feuille de route du gouvernement sur l'avenir des lignes de trains d'équilibre du territoire (TET), dont le sort sera fixé après mai 2016. Les élections régionales et les fusions de régions vont certainement rebattre les cartes à mi-parcours.

Des trains qui « ne répondent plus aux attentes des voyageurs », une offre trop « hétérogène », à la « ponctualité dégradée », du « matériel roulant ancien », un modèle économique « plus viable »… Le diagnostic dressé par la commission Duron, dans un rapport rendu public le 26 mai dernier, n’a pas été édulcoré dans la bouche du secrétaire d’État aux Transports, Alain Vidalies, lorsqu’il a présenté, le 7 juillet,  la feuille de route du gouvernement sur les trains d’équilibre du territoire (TET ou Intercités).

Un préfet en mission

En ligne de mire, la nouvelle convention que l’État doit conclure avec SNCF Mobilités d’ici la fin de l’année, et qui couvrira la période 2016-2020. La précédente, signée en 2010, n’a pas permis de clarifier la « répartition confuse des responsabilités entre l’État et la SNCF », souligne Alain Vidalies, qui veut voir l’Etat devenir une  « autorité organisatrice de plein exercice ». Cela passera par un renforcement des moyens humains dédiés à cette gouvernance, au niveau de l’administration centrale et des Dreal. Un Conseil consultatif des TET, associant les présidents de régions, complètera le dispositif.

Dernière pierre à l’édifice : un haut fonctionnaire de l’État en mission, pour assurer le dialogue État-régions-SNCF. Il s’agit du préfet François Philizot, dont les fonctions passées à la Datar – il en fut le directeur adjoint entre 2000 et 2005 – ne sont peut-être pas étrangères à cette nomination. Les TET sont un « outil majeur de l’aménagement et de la solidarité des territoires », assure Alain Vidalies, en réponse à ceux qui redoutent, comme le syndicat Unsa-ferroviaire, « une logique purement comptable de réduction du déficit d’exploitation ». Mais ce dernier est bien au cœur de la réflexion du gouvernement : s’il l’on en croit le rapport de la commission Duron, ce déficit pourrait passer de 330 M€ en 2014 à 450 M€ en 2016, une hausse intégrant les effets attendus de la libéralisation de l’autocar…que ce même gouvernement a initié.


Un calendrier compliqué

Les doublons TER-TET devront notamment faire l’objet des discussions avec les régions. Le secrétaire d’État n’a, en revanche, pas évoqué les conditions encadrant le transfert éventuel de lignes aux AOT régionales.

Il faut dire que ce chantier n’arrive pas au meilleur moment. Le gouvernement veut faire vite, puisque l’actuelle convention avec la SNCF touche à sa fin. Pourtant, les conclusions de la mission conduite par François Philizot n’arriveront qu’en « mai 2016 ». « On est un peu contraints par le calendrier » reconnait Alain Vidalies : avec les élections régionales de décembre prochain et les fusions de régions, effectives au 1er janvier 2016, le préfet Philizot pourrait bien voir sa mission se compliquer… Mais la constitution des « super régions » pourrait aussi lui faciliter la tâche, en diminuant le nombre d’interlocuteurs. Toutefois, a souligné Alain Vidalies,  si des consensus émergent d’ici la fin 2015, ils pourront figurer dans la nouvelle convention Etat-SNCF. En revanche

Le crépuscule des lignes de nuit

Victimes des « offres alternatives de mobilité de bon niveau », les lignes de nuit connaissent un recul de leur fréquentation encore plus prononcé que les autres TET : -25% depuis 2011. Aucune suppression n’est évoquée explicitement pour le moment, mais leur destin s’assombrit, à deux exceptions près : les lignes Paris-Briançon et Paris-Rodez/Latour de Carol « seront maintenues » dans la prochaine convention État-SNCF, a assuré M.Vidalies.

 

Et le bloc local ?

[Mise à jour du 8 juillet 2015]

Dans un communiqué publié le 8 juillet, le Gart se félicite à la fois du fait que « l’Etat va désormais assumer pleinement son rôle indispensable d’AOT », et de l’engagement gouvernemental à hauteur de « 3,5 millliards d’euros d’investissements en matériels et infrastructures » (1,5 milliards pour le matériel roulant et 2 milliards pour la modernisation des infrastructures, cumul des engagements figurant dans les contrats de plan État-régions 2015-2020 en cours de signature, ndlr).

En revanche, l’association d’élus fait part d’ « une véritable déception » au regard de la composition du conseil consultatif annoncé par Alain Vidalies. Les seuls représentants d’AOT ayant voix au chapitre seront en effet les présidents de régions, alors que, estime le Gart, « les agglomérations, responsables de la mobilité urbaine, ont un rôle indispensable et de premier plan dans le domaine de l’intermodalité sans laquelle les TET rénovés ne sauront pas trouver une nouvelle clientèle. » L’association demande donc au secrétaire d’État de « revoir sa copie ».

Le Gart compte, dans son conseil d’administration, 6 représentants d’exécutifs régionaux sur 42 membres. Au niveau des collectivités adhérentes, les régions sont encore plus minoritaires – du simple fait qu’elles sont peu nombreuses par rapport aux autres échelons territoriaux : 21, contre 57 départements et 193 agglomérations.

Commentaires

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08/07/2015 09h13 - Ratonus

La priorité n’est pas de faciliter la vie de l’usager mais bien de faire des économies.
C’est déjà le cas dans certaines régions (Bourgogne) où des TER sont remplacés par des bus qui ne desservent plus toutes les gares. L’abonnés est obligé d’utiliser plusieurs moyens de transports, bus, train, vélo … pour effectuer 20 à 30 km.

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