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culture

Les directeurs de la culture veulent refonder leurs missions

Publié le 05/05/2010 • Par Hélène Girard • dans : A la une

Culture Concert Musique
PHOVOIR
Les directeurs des affaires culturelles (DAC) des collectivités territoriales se retrouvent les 6 et 7 mai à Toulouse (Haute-Garonne) pour leurs deuxièmes Assises nationales. Le 29 avril, le ministère de la culture a annoncé la participation de hauts fonctionnaires et de conseillers du ministre. Nul doute que les professionnels ne manqueront pas de les interpeller sur leurs préoccupations, à commencer par la réforme territoriale. Les DAC sont d’ailleurs à la recherche d’un mode de représentation au niveau national pour être plus visibles et plus réactifs dans leurs relations avec l’Etat et les élus.

Les deuxièmes Assises nationales des DAC s’ouvrent dans un contexte tourmenté : d’une part, les difficultés budgétaires des collectivités territoriales conduisent à une contraction des crédits alloués à la culture, et, d’autre part, la réforme territoriale engagée par le gouvernement empêchent les DAC, et l’ensemble des acteurs culturels, de se projeter dans l’avenir.

Budgets culturels : « angoisse grandissante »

Pris en étau entre leurs missions sociales obligatoires et l’insuffisante compensation des transferts de compétences par l’Etat, les départements, à quelques exceptions près, ont dû se résoudre à des restrictions des budgets culturels, parfois drastiques, plongeant nombre d’associations et de compagnies dans le rouge. Les baisses se situent dans une fourchette de 5 à 15% et plusieurs associations de développement culturel ont été récemment fermées, constate François Deschamps, président de Culture et départements, l’association des DAC des conseils généraux.

Du côté des régions, c’est l’incertitude qui prévaut : les exécutifs nouvellement élus n’ayant pas encore envoyé des signaux sur leurs intentions. Mais le risque existe, redoute Jean-Pierre Heintz, président de l’Association des DAC des grandes villes et agglomérations de France (ADAC GVAF). L’espoir semble venir de l’échelon communal et intercommunal : Les trois quarts des villes et agglomérations ont voulu protéger leur politique culturelle en maintenant leurs crédits. Le dernier quart n’a opéré que des baisses limitées à 2%, se félicite Jean-Pierre Heintz, avant de s’inquiéter pour l’avenir : Communes et agglomérations sont donc devenues le réceptacle des difficultés financières du secteur culturel. Mais combien de temps tiendront-elles ? Cette question est pour nous une angoisse grandissante.

A Tournefeuille (Haute-Garonne), François Lajuzan, président de l’Association des DAC de Midi-Pyrénées, partage cette prudence : Nos élus nous avertissent que 2011 sera très difficile. Nous, DAC, devons entendre ce discours, dans la mesure où nous devons aussi partager les efforts. Mais nous demandons d’être associés aux décisions. Nos collectivités doivent nous consulter pour savoir quelles sont les économies à envisager, pour amortir l’impact des restrictions et préserver l’ensemble de la politique culturelle conduite sur nos territoires.

Réforme territoriale : la grande inconnue

La perspective d’une suppression de la clause générale de compétence, qui mettrait fin aux financements croisés, suscite l’opposition des DAC : Outre le risque d’assèchement des ressources financières, l’éventualité de voir artistes et acteurs culturels dépendre d’un seul pouvoir local consterne la profession, qui y voit un retour au fait du prince.

Quant à la création des métropoles, elle augure une recomposition des rôles, encore très floue. Qu’adviendra-t-il des politiques culturelles départementales ? De celles des villes incluses dans une métropole ? Allons-nous devenir les animateurs culturels des métropoles ?, s’alarme François Lajuzan, tandis que Jean-Pierre Heintz se demande ce qu’il en sera de la notion de proximité.

Un champ de compétences élargi et pointu

Au-delà des incertitudes conjoncturelles, les DAC sont également confrontés à des évolutions de fond. Aux grands domaines traditionnels – lecture, musique, danse etc. – s’ajoutent maintenant tout ce qui touche aux cultures urbaines, à l’image, au numérique. Nous devons aussi maîtriser le management des équipes, la conduite des agendas 21, les démarches d’évaluation, etc., détaille Jean-Pierre Heintz.

En matière de formation, les besoins sont donc considérables. Comme nous l’explique Jean-Pierre Heintz.

 

Des modes d’intervention à refonder

Jusqu’à présent, les politiques culturelles se sont construites à partir des équipements et des grandes disciplines artistiques. Les DAC devaient être des gestionnaires et des coordinateurs. Ce temps est révolu, car ces politiques-là ne s’adressent qu’à 15 à 20% de la population, souligne François Lajuzan. Nous devons inventer d’autres modes d’intervention pour apporter l’art et la culture à 100% des habitants. Ce qui implique de travailler selon une logique de projets et de partenariats. C’est ainsi que le concept de service public de la culture prend tout son sens et justifie les crédits qui lui sont consacrés. Cela conforte aussi notre rôle d’aide à la décision auprès des élus.

Une aspiration confirmée par Sylvie Paraiso, secrétaire générale du Club des responsables des affaires culturelles des villes et structures intercommunales d’Ile-de-France (CRAC). J’attends de ces assises que le métier de DAC soit vu comme une ressource essentielle pour contribuer à penser ou repenser la ville ou des territoires pour un mieux vivre ensemble. J’espère qu’elles renforceront l’imagination des uns et des autres pour développer des synergies, des complémentarités au niveau local, comme au niveau régional.

D’ailleurs, les DAC amorcent de plus en plus souvent un rapprochement avec d’autres services de leur collectivité (affaires sociales, éduction, tourisme, etc.), dans une logique de transversalité. La culture concentre des enjeux de développement territoriaux et économiques, de qualité de vie et de développement de la personne, lesquels nécessitent une coordination et une concertation plus abouties, fait valoir l’Association des DAC d’Ile-de-France (ASDAC) dans son argumentaire.

Regroupements

Dans ce contexte troublé, les DAC de tous échelons territoriaux veulent se regrouper au niveau national et parler à l’unisson aux élus et à l’Etat. Avec cette question cruciale : comment s’organiser pour être réactif et visible ?

Réunis en comité de liaison (CLIDAC), les présidents d’associations encouragent la création de regroupements au niveau régional, sous forme associative ou de simples réseaux. Les DAC de Rhône-Alpes, d’Aquitaine et de Poitou-Charentes ont commencé à le faire. Mais pour éviter la dispersion, cette mosaïque a besoin de parler d’une seule voix. Faut-il créer une fédération ou maintenir l’actuel CLIDAC informel ? Les deux formules ont leurs partisans.

Jean-Pierre Heintz nous en explique les enjeux.

Enjeux différents

Pour sa part, François Lajuzan plaide pour l’efficacité. L’échelon régional est le plus pertinent pour travailler ensemble, échanger des informations et des idées. Mais nous devons peser sur les décisions. Je suis donc partisan d’une structure nationale regroupant tous les DAC. Evidemment, cela pose de multiples problèmes concrets, que nous devrons examiner. Même analyse de la part de Sylvie Paraiso, qui souhaite une fédération.

A l’inverse, Jean-Pierre Heintz penche pour un maintien du CLIDAC que nous avons mis deux ans à constituer. Nous devons aussi préserver la légitimité de nos différentes associations et leurs spécificités selon l’échelon territoriale représenté.

Trouver le dénominateur commun et prendre en compte l’environnement territorial de chacun, c’est tout l’art de ces Assises : Le métier est le même dans une petite ville ou une capitale régionale. Ce sont les enjeux qui diffèrent. Les premières assises, en 2007, l’ont bien montré, observe Sylvie Paraiso, qui se félicite que les DAC disposent désormais d’une charte, notre socle commun.

Pour se doter d’un fil d’Ariane, les présidents d’associations ont en effet planché sur ce document initié par l’ADAC GVAF il y a trois ans, et enrichi depuis par une réflexion commune. Les missions du DAC, ses responsabilités, ses obligations y sont définies.

Un programme dense
Lors de leurs deuxièmes assises, les DAC travailleront sur les thématiques suivantes :

  • La réforme des collectivités territoriales ;
  • Culture et développement durable ;
  • Coopération transfrontalière et interrégionale ;
  • La révolution numérique : quel service public de la culture ;
  • Les économies alternatives pour les arts et la culture : économie sociale et solidaire, partenariats public-privé ;
  • La participation des habitants ;
  • Directeur des affaires culturelles : un métier en évolution, une profession qui s’organise.

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Commentaires

Les directeurs de la culture veulent refonder leurs missions

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rose

06/05/2010 12h14

la culture comme vecteure de paix, nommer la différence, assembler les différences, créer de la richesse avec les différentes cultures, la culture c’est savoir frotter 2 cailloux pour qu’une étincelle jaillisse et embrase les frontières, cela demande une connaissance de soi l’envie de connaître les autres, savoir ne pas savoir, agir et se laisser agir! bonne chance les amis!

Delou

06/05/2010 04h25

Une organisation au niveau des DAC c’est bien, mais il faudrait aussi penser à ouvrir les services des affaires culturelles aux diplômés de cursus DESS ou Master 2 en Ingénierie culturelle… Or, aujourd’hui, ces postes sont pourvus par des personnes titulaires d’un concours purement administratif et dont la formation n’est en rien culturelle. On se demande l’utilité des diplômes dans la fonction publique, quand celle-ci n’est en mesure que de proposer le statut précaire de contractuels à des personnes compétentes et dîplomées pour développer de véritables politiques culturelles….

Chérel Paul

07/05/2010 04h55

La question à poser principalement est celle de la nécessité d’un ministère de la culture. La culture n’a absolument pas besoin d’être dirigée. Elle a éventuellement besoin d’être aidée ou encouragée dans son développement, dans son maintien et surveillée dans ses déviances. Ce n’est pas le rôle d’un Etat, ce peut-être un rôle au niveau régional à condition que les découpages « régionaux » correspondent à quelque chose pour les habitants et leur propre culture. Paul Chérel

Labou

23/07/2010 08h24

Bonjour à Mr. Jean-Pierre Heintz
Directeur des affaires culturelles de La Rochelle et président de l’association des DAC des grandes villes et des agglomérations de France.
De la part de Lamine LABOU à Diofior (Sénégal).
Je voudrais avoir votre adresse e-mail pour renouer nos contacts. Vous pouvez m’écrire à mon adresse: laboulam@yahoo.fr. Bien des choses à la famille.

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