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Nouveaux métiers

Quels seront les nouveaux profils de l’administration numérique de demain ?

Publié le • Par • dans : A la une, A la une emploi, Actu Emploi, Toute l'actu RH

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Symbole des nouvelles technologies © © 2011 Andrew Ostrovsky

Les progrès permis par la révolution numérique entamée depuis une trentaine d’années ont poussé l’administration française à automatiser de plus en plus de tâches. Conséquence immédiate : la fonction publique devrait voir émerger dans un futur plus ou moins proche des profils, voire des métiers nouveaux.

 

Des bus sans pilote, des prisons sans gardien, des écoles sans enseignant, des administrations sans secrétaire… Ce scenario d’avant-garde semble encore bien loin de se produire, mais l’efficience des algorithmes a fait basculer peu à peu notre société vers toujours plus d’automatisation numérique.

L’administration française n’est pas en reste dans cette révolution : bracelets électroniques pour des peines de prison alternatives, dématérialisation des avis d’imposition, archivages numériques… En exploitant les technologies de l’information et de la communication, l’administration se modernise dans un souci de gain d’efficacité, d’économie et d’amélioration du service rendu aux usagers.

« Des volumes croissants d’informations sont collectés par les services publics sous forme numérique ; les capacités de traitement automatisé de ces informations ne cessent de progresser tant quantitativement que qualitativement ; enfin, nombre de décisions publiques sont de plus en plus directement issues du traitement automatisé des données », rapporte Elisabeth Grosdhomme-Lulin, dans une étude menée en mai dernier pour l’Institut de l’Entreprise (1).

Lire aussi : Big data et action publique algorithmique sont-ils solubles dans les valeurs de services publics

Trois profils émergents

A mesure que progressent les algorithmes dans la sphère publique – nous n’en sommes qu’aux balbutiements, les possibilités semblent infinies – se pose la question, selon Elisabeth Grosdhomme-Lulin, de l’évolution des métiers de la Fonction publique. Devraient en effet apparaître à plus ou moins long terme des profils de plus en plus spécifiques pour répondre aux exigences et aux enjeux du numérique.

Lire aussi : Emplois publics : des algorithmes à la place des fonctionnaires ?

S’il semble évident qu’à l’instar de l’ensemble de la société, ce sont tous les métiers de la fonction publique qui seront impactés à des degrés divers, l’auteure dégage toutefois trois profils qui deviendront primordiaux pour intervenir dans la future action publique algorithmique :

  1. les « stratèges »,
  2. les « informaticiens »,
  3. les « agents auditeurs ».

Les stratèges des politiques publiques, chargés de concevoir les nouveaux modèles d’intervention consécutifs à l’automatisation de certaines procédures, devront cumuler des compétences multiples : « Cette personne devra être en capacité d’avoir une vision stratégique, explique Elisabeth Grosdhomme-Lulin. Mais aussi des compétences juridiques pour être en mesure de savoir si les évolutions numériques sont conformes aux droits et aux libertés des usagers. Elle devra également avoir une compréhension suffisante des technologies afin de transposer le discours stratégique en un discours technique. Ce profil n°1 en terme d’importance nécessitera un jugement extrêmement sophistiqué. Ce profil sera le plus difficile à faire émerger ».

Céline Faivre, responsable du développement de l’administration numérique territoriale au Secrétariat Général pour la Modernisation de l’Action Publique (SGMAP), partage ce point de vue. Selon elle, ce profil de stratège devra à la fois définir les objectifs des nouveaux services, travailler sur l’interprétation des données et le suivi de l’évaluation, mais aussi et surtout sur la finalité donnée aux algorithmes. « Cela suppose une analyse stratégique et intellectuelle fine ».

Décloisonnement

Les informaticiens, second profil émergent, seront eux chargés de développer les infrastructures et les applications nécessaires aux nouveaux modèles. Mais Elisabeth Grosdhomme-Lulin opère un distinguo entre les informaticiens purement programmeurs et ceux qui, au-delà de leurs compétences techniques, seront capables d’assurer le contrôle des risques et de la sécurité.

« C’est une compétence critique compliquée à positionner car il s’agit pour partie d’un travail d’informaticien et pour l’autre de ce qui est fait actuellement par l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information (ANSSI) dans une optique de défense nationale et de souveraineté. Aujourd’hui, ces compétences sont segmentées. Or, il me semble que l’administration gagnerait à avoir des profils ayant une vision complète de l’ensemble de ces aspects ».

Céline Faivre insiste elle aussi sur la nécessité à venir, pour l’administration, d’apprendre à « dé-segmenter » : « les changements profonds de l’administration numérique vont venir de notre capacité à proposer une organisation transverse, décloisonnée, alliant différentes compétences, pense Céline Faivre. C’est cette alliance qui va nous permettre d’exploiter aux mieux les données, les valoriser et créer des services publics à valeur ajoutée. La clé de la réussite tiendra dans l’alliance de compétences et dans le décloisonnement ».

Disparition d’emplois

Enfin, selon l’auteure de l’étude, le « dernier profil critique » sera celui se rapportant à l’audit des algorithmes. « Si les algorithmes prennent une ampleur croissante dans l’exécution des politiques publiques, il faudra s’assurer que les automatismes font bien ce pour quoi on les a créés, poursuit Elisabeth Grosdhomme-Lulin. Dans les banques, où l’on effectue du trading algorithmique, (2), on a créé des corps d’auditeurs qui sont à la fois financiers et informaticiens et qui vérifient que les algorithmes ne vendent ou n’achètent pas n’importe quoi. Et bien l’administration aura besoin de ce même type de profil : des agents capables de surveiller que l’on a créé des algorithmes cohérents avec les décisions de politique publique, conformes aux valeurs démocratiques et capables de répondre aux attentes des usagers. Ce sera un nouveau corps de métier à part entière ».

Si de nouveaux profils – voire de nouveaux métiers – pourraient naître du développement d’une administration pilotée ou à tout le moins secondée par les algorithmes, il est à craindre en revanche un effet inverse : la suppression de fonctionnaires aux tâches rendues obsolètes par les progrès inouïs de l’automatisation numérique. Selon une étude réalisée par des chercheurs de l’Université d’Oxford, 47% des métiers actuels seraient d’ailleurs menacés de disparition par la révolution numérique, « d’ici peut-être une ou deux décennies ».

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    Notes

    Note 01 - « Gouverner à l’ère du big data – Promesses et périls de l’action publique algorithmique », d’Elisabeth Grosdhomme-Lulin – Institut de l’Entreprise - Retourner au texte

    Note 02 - saisie d’ordres de bourse via des plate-formes électroniques sans intervention humaine, ndlr - Retourner au texte

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