COP 21

« Les collectivités locales sont les premières prises à la gorge par le changement climatique »

| Mis à jour le 30/07/2015
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Source : COP 21 
lemas pierre rene

© FABIEN CALCAVECHIA

Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations (CDC) interviendra, mercredi 1er juillet 2015, au Sommet mondial « Climat et territoires », qu’accueille le siège de la région Rhône-Alpes. Pierre-René Lemas souligne l’avance des collectivités en matière climatique et rappelle que le groupe CDC s’engage dans la transition écologique à hauteur de 15 milliards d’euros d’ici 2017, fléchés aux deux-tiers sur les projets territoriaux.

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Climat : Pourquoi les experts défendent un rôle accru des collectivités locales

Après le Climate Finance Day, co-organisé par la Caisse des dépôts le 22 mai dernier à l’Unesco en direction de la finance internationale, l’établissement public sera présent au sommet « Climat et territoires » des 1er et 2 juillet, à Lyon. Que peut-on attendre de cette première rencontre internationale entre « acteurs non-étatiques », comme les désigne l’ONU ?

Pierre-René Lemas : En matière de climat, les collectivités locales ont une longueur d’avance par rapport aux pouvoirs publics, aux industriels, aux institutions financières. La 21ème conférence des parties (COP 21), qui aura lieu à Paris en fin d’année, doit déboucher sur un consensus entre les Etats. Pour aider ces derniers à aboutir à un accord, il faut mobiliser l’ensemble de la société. D’où la mise en place, en parallèle à cette Cop, de « l’Agenda des solutions », promu par le secrétaire général des Nations-Unies, Ban Ki-moon et le président de la République, François Hollande.
Ces solutions concrètes sont d’abord fournies par les collectivités locales, qui sont les premières prises à la gorge par les impacts du changement climatique, du fait de la pollution urbaine ou de la multiplication d’épisodes climatiques extrêmes…

[Lire également : Climat : « Toutes les régions de France seront touchées, les mesures d’adaptation doivent être localisées »]

Le sommet de Lyon peut donc avoir une portée qui ne sera pas que symbolique ?

Le rôle des autorités locales est déterminant, y compris dans les pays du Sud. Même en Chine, où les villes figurent parmi les plus polluées du monde, l’impulsion des pouvoirs locaux n’est pas pour rien dans la forte affirmation environnementale du XIIIe plan quinquennal (2015-2020).

Les collectivités sont des acteurs majeurs de la lutte contre le dérèglement climatique puisque, dans le monde entier, c’est à leur niveau que se prennent les décisions en matière d’urbanisme, de transport, de logement, d’infrastructures… Les dirigeants locaux comprennent d’emblée le propos de Ban Ki-moon selon lequel « il n’y a pas de plan B car il n’y a pas de planète de rechange ». Leur mobilisation à l’échelle planétaire peut contribuer, de façon décisive, au succès de la COP.

Lyon marquera l’engagement des collectivités locales, qui présenteront des scénarios de réduction des émissions de gaz à effet de serre, en vue de contenir le réchauffement sous les 2°C d’ici la fin du siècle, conformément aux recommandations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (Giec). Il s’agit de s’appuyer sur le dynamisme des acteurs locaux, auxquels le groupe CDC s’adressera, à Lyon, conjointement avec l’Agence française de développement, nos deux institutions financières faisant peu ou prou le même métier auprès des collectivités, la Caisse en direction des territoires français et l’AFD dans le reste monde.

Quel sera votre message en direction des autorités locales ?

Pour le compte de l’État, la Caisse des Dépôts sera opérateur du fonds pour la transition énergétique, créé par la loi portée par la ministre de l’Écologie, Ségolène Royal, en cours d’adoption par le Parlement. Elle gérera donc les soutiens de l’État alloués dans le cadre de divers appels à projets (territoires « zéro déchet – zéro gaspillage« , « territoires à énergie positive« , « Ville de demain« , etc.).

Par ailleurs, le groupe accorde aux territoires s’engageant dans la croissance verte (mobilité, bâtiments performants, efficacité énergétique, énergies renouvelables, etc.) des prêts moins chers que les prêts classiques [soit le taux du livret A + 0,75 point au lieu de 1 point, ndlr] sur trente ou quarante ans, pour une enveloppe de 5 milliards sur la période 2014-2017. A ce taux et sur cette durée, il s’agit quasiment de subventions !

Une enveloppe similaire est disponible, sur la même période, pour l’habitat social, avec l’objectif de voir passer le rythme de rénovation énergétique de 47 000 à 60 000 logements par an.

Le groupe est enfin prêt à doubler sa participation en fonds propres dans les énergies renouvelables, essentiellement en investissant au capital de PME et de structures locales (entreprises locales de distribution, entreprises publiques locales…). Cet apport en capital pouvant être porté à 300 millions d’euros au total. Et Bpifrance comme CNP Assurances sont mobilisés avec nous.

[Lire également : Investissement local : la Caisse des Dépôts veut retrouver son « rôle historique »]

Selon vous, les collectivités ne sont donc pas vraiment confrontées à un problème de financement ?

Sur les marchés européens, les liquidités abondent. Le problème, c’est l’absence de tuyaux vers les projets potentiels. Ces financements sont difficilement accessibles aux petites collectivités tout comme aux grandes, qui portent de « petits projets ». Il s’agit donc de les accompagner, comme s’y emploie par exemple notre filiale Exterimmo, qui aide les porteurs de projets à emprunter auprès des banques en incluant dans leur plan de financement les économies d’énergie anticipées. C’est par exemple cette ingénierie financière qui a été à l’œuvre dans le montage de la société d’économie mixte Énergies Posit’if, société de tiers investissement créée, en 2013, avec la région Ile-de-France.

Enfin, il s’agit d’aider les collectivités à accéder au plan Juncker, en présentant des projets éligibles aux soutiens de la Banque européenne d’investissement (via sa garantie ou des bonifications de taux d’intérêt). L’idée est de fédérer sur une plate-forme plusieurs projets de transition énergétique de même nature, éventuellement en associant d’autres collectivités européennes. Ce schéma n’est pas encore acté. Nous espérons aboutir avec la Commission européenne d’ici la rentrée.

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Commentaires

2  |  réagir

01/07/2015 10h44 - Dsgambati

« Sur les marchés européens, les liquidités abondent » nous dit Le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations

…. Et l’Europe s’apprête à abandonner la Grèce pour défaut de payement …

… Avec le risque de voir les conflits, qui sévissent à ses portes, pénétrer le continent tout entier …. et bien sûr nos collectivités aussi ….

Oui nous pouvons craindre le réchauffement climatique mais celui qui nous menace le plus ne viendra pas forcément du soleil.

Dans quel monde vivons nous ?

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01/07/2015 10h34 - vernet

les élus municipaux de la majorité de droite se moquent de ces questions en disant « nous ne sommes pas de idéologues ».Un seul élu EELV y est sensible.
les élus municipaux de la majorité ignorent à peu près tout des déplacements ,ce sont des accros de la bagnole :ils projetent des parkings souterrains,pas des couloirs de bus….

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