CULTURE
Avec son centre Pompidou (CPM) qui sera inauguré le 11 mai par Nicolas Sarkozy, Metz (130.000 habitants) espère devenir une plate-forme culturelle au cœur de l'Europe à l'égal de ce qu'a permis à Bilbao (Espagne, 350.000 habitants) le musée Guggenheim d'art contemporain.
« Pompidou va changer radicalement l’image de Metz en France et en Europe », estime Jean-Marie Rausch, qui a porté le projet lorsqu’il était maire (1971-2008). « Le CPM va permettre à la ville de se défaire définitivement de son image de ville de garnison et de la faire entrer dans le cercle fermé des capitales culturelles, comme Bilbao avec son musée Guggenheim, devenu l’un des bâtiments contemporains les plus connus au monde », ajoute-t-il en tablant sur 400.000 visiteurs par an.
« Metz dispose d’un patrimoine culturel étonnant mais jusqu’à récemment, les Messins étaient les seuls à le savoir », renchérit Dominique Gros, maire (PS) de la ville. « Pompidou nous donne un moyen exceptionnel de « faire voir » Metz au monde et de l’accoucher dans la modernité », selon lui.
13 ans après son ouverture au public en 1997, le musée Guggenheim amarré aux berges du Nervion a transfiguré la métropole basque. Le million de visiteurs et les 184 millions d’euros de retombées annuelles, et les 4.500 emplois directs créés en dix ans ont fait oublier le Bilbao des chantiers navals laissés en friches et des usines désaffectées.
Ovni architectural
« Metz, qui va perdre 6.000 emplois avec la restructuration des armées, devrait connaître la même renaissance grâce au Pompidou dont l’architecture a déjà sidéré la presse internationale », espère Richard Lioger, adjoint chargé de l’urbanisme.
Ovni architectural conçu par le Japonais Shigeru Ban et le Français Jean de Gastines, le CPM, qui a coûté quelque 70 millions d’euros hors taxes, se présente comme trois boîtes à chaussures superposées, coiffées d’un chapeau chinois et portées par six piliers coniques et une flèche centrale, offrant une superficie de 10.000 m2 dont la moitié consacrée aux espaces d’exposition.
« Cette première antenne décentralisée de Beaubourg offrira un renouvellement constant de la création moderne et contemporaine, et cela dans tous les domaines, peinture, sculpture, architecture, design et nouveaux médias », promet son directeur, Laurent Le Bon. « Nous opérerons une rotation des espaces tous les deux ans avec des expositions temporaires, montées à partir des collections du musée national d’art moderne du Centre Pompidou de Paris », riche de 65.000 références, ajoute-t-il.
Requalification urbaine
Pièce-maîtresse d’un ambitieux programme de requalification urbaine conduit sur 50 ha par l’architecte-urbaniste Nicolas Michelin, le CPM s’adressera aussi à un public européen, au cœur d’une région démographiquement dense incluant la Sarre et la Rhénanie-Palatinat allemandes, le Grand-Duché du Luxembourg et une partie de la Belgique.
« L’offre culturelle est devenue un facteur incontournable de développement d’une ville ou d’un territoire », estime Antoine Fonte, adjoint à la culture. « Dans une Lorraine en pleine reconversion, le CPM renforcera la mutation de la ville vers le tertiaire et les services », ajoute-t-il.
Construit en lisière du centre-ville et à proximité immédiate de la gare TGV qui met, depuis un an, la capitale de la Lorraine à 80 min de Paris, le CPM se dressera dans le nouveau quartier de l’Amphithéâtre où sont en construction, pour 150 millions d’euros, des logements, des commerces, une cité des congrès et une médiathèque.