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Handicap

« Non, l’accessibilité numérique ce n’est pas moche, cher et chiant »

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Dossiers d'actualité, Régions

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Handicap-accessibilite-numerique-UNE © U.S. Navy photo by Machinist

Dix ans après la loi Handicap, tous les sites Internet des collectivités territoriales devraient être accessibles. C'est loin d'être le cas. Pourtant, prise en compte au moment de la refonte d'une plateforme, la mise en accessibilité ne coûte pas plus cher, quelle que soit la taille de la collectivité locale.

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Accessibilité : l’échéance de 2015 (officiellement) maintenue

 

Dans son article 47, la loi Handicap de 2005 impose à l’État et aux collectivité territoriales de rendre accessible leurs sites Internet aux personnes handicapées, comme les personnes non ou mal-voyantes, celles qui ne peuvent utiliser une souris…
Dix ans plus tard, très peu de sites se conforment à cette loi. Le coût de l’accessibilité notamment fait peur, surtout aux petites communes qui ont souvent déjà du mal à rendre accessible les bâtiments. Réalisée au bon moment, la mise en accessibilité peut pourtant être indolore comme le prouve les exemples du Pas-de-Calais ou de la communes de Méré (Yvelines, 1.700 habitants).

Le Pas-de-Calais intègre l’accessibilité numérique depuis 2008

« On voit l’accessibilité comme moche, cher et chiant. Ce n’est pas le cas. On veut même prouver que tout ça est faux. » Bertrand Binois, le chef de bureau Multimédia & Communication Interactive au conseil départemental du Pas-de-Calais n’y va pas par quatre chemins. L’accessibilité aux personnes handicapées du site Internet dont il a la charge est une priorité, et un travail quotidien.

« On a commencé à travailler sur l’accessibilité en 2008, tout au début du grand chambardement du RGAA. Le site était technologiquement très en retard, complètement statique. La vraie carte à jouer, c’était de tout reprendre à zéro en intégrant tout de suite l’accessibilité. Depuis, on ne fait que se mettre à jour », explique-t-il.

Un travail de fourmi néanmoins car chaque nouvelle actualité, chaque nouvelle photo ajoutée sur www.pasdecalais.fr doit être correctement intégrée pour être “lisible” de tous. Mais un travail payant car le département a obtenu le label AccessiWeb Argent 3 étoiles d’or”, décerné par l’association BrailleNet.

Le 25 juin 2015, le site a même été le premier à recevoir le label de la Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (Disic) e-accessible.

Une charge de travail souvent vue par les collectivités comme une charge financière. « En tant que service public, on ne doit pas se poser la question du coût de l’accessibilité», déclare simplement Bertrand Binois. D’autant plus que tout le monde est, ou peut être touché par le handicap.
« On est tous, un jour, en situation de handicap. Si votre souris est en panne, alors qu’il ne vous reste que quelques minutes pour déclarer vos impôts, vous serez content de pouvoir déplacer la souris avec les flèches du clavier ! »
« Les bénéfices en termes qualitatifs pour les gens qui n’ont pas l’étiquette “handicap” ne sont pas négligeables. Le choix des contrastes aide tout le monde, on ne peut plus isoler le coût de l’accessibilité », ajoute Dominique Burger, le président de BrailleNet.

Avoir un cahier des charges précis

Pour réduire le coût d’un passage à un site accessible, les deux hommes conseillent de prévoir cet aspect très en amont. « Il faut prévoir l’accessibilité avant même de commencer à designer ou à coder, c’est à prendre en compte dès la mise en place du projet», indique Bertrand Binois. Et, dans le cas du recrutement d’un prestataire externe, ne pas hésiter à être très précis dans les attentes de la collectivité en terme de rendu.
« Le gros problème est que tout le monde pense savoir faire de l’accessibilité. Certains prestataires font croire qu’ils savent…», reconnaît le responsable du Pas-de-Calais qui regrette que « souvent, la demande d’accessibilité figure dans le cahier des charges, mais il n’y a pas d’évaluation après ».

Désormais, dans le cadre d’un marché public, le conseil départemental demande donc aux prestataires une note explicative avec leur définition de l’accessibilité, « pour voir si les gens comprennent de quoi ils parlent et ne font pas un simple copié-collé du RGAA ».
Les prestataires doivent aussi prendre un point du cahier des charges et expliquer précisément comment ils comptent répondre techniquement à cette demande. « On est très précis sur le résultat attendu pour l’utilisateur, mais on ne donne pas de solution technique pour ne pas s’enfermer dans une technologie qui, parfois, ne permet par l’accessibilité. »

Pour réduire le coût de l’accessibilité numérique, des solutions en open source commencent à voir le jour en ligne. Mais il faut des personnes « pour essuyer les plâtres », selon les termes du chef de bureau. Une chose est sûre, pour lui, rendre accessible un site n’est pas une charge mais un devoir : « le numérique désenclave la vie de certaines personnes handicapées », conclut-il.

Méré (1.700 habitants) : un budget de 15.000 euros et un site accessible

Si toutes les communes de France pouvait être aussi bonne élève que Méré, l’acccessibilité numérique ne serait plus un problème.« Nous avons reçu un courrier du ministère indiquant que toutes les communes devaient être compatibles avec le RGAA, indique Alain Colombi, webmaster du site de ce village de 1.700 habitants dans les Yvelines. Nous avons donc profité que notre site devait évoluer pour intégrer l’accessibilité. » Comme le sujet lui était étranger – « nous n’y faisions pas attention avant », reconnaît-il -, il a fait appel à une assistance à maîtrise d’ouvrage.

« Comme à chaque fois, j’ai commencé par une phase de sensibilisation, explique Claire Bizingre, la consultante d’Accesbilis et formatrice “Web et accessibilité numérique” au CNFPT qui a accompagné la commune. Je leur ai fait des démonstrations sur les difficultés des non-voyants face à un site web pour qu’ils se rendent compte du problème. » De quoi passer d’une simple obligation légale à une véritable « compréhension de la mission de service public ».

Vient ensuite la rédaction du cahier des charges, très précis sur l’accessibilité, et le choix du prestataire. « On demande comment il répondront à notre demande d’accessibilité, en fonction des besoins de la collectivité pour son site et son budget. L’accessibilité n’est pas un surcoût si le prestataire est bien formé. Le problème est que certains assurent qu’ils savent le faire mais ce n’est pas le cas. Il faut alors allonger le budget pour rendre le site accessible. »

Claire Bizingre a ensuite suivi la création du site pas à pas, demandant au besoin des améliorations au prestataire. « Il ne faut surtout pas attendre la fin du projet, il faut faire des vérifications à chaque étape, c’est comme ça qu’on gagne des sous ! » Au total, le nouveau site de Méré – qui a subi une refonte totale en plus de la mise en place de l’accessibilité – est revenu à 15.000 euros.

La solution retenue allège le travail : « je dépose les pages, et le logiciel gère la compatibilité », explique Alain Colombi. La mise à jour du site passe uniquement par lui, sensibilisé aux bonnes pratiques, comme par exemple remplir les champs descriptifs des images.

Toutefois, la commune n’a pas fait la démarche de faire la déclaration de conformité, pour une raison pragmatique : elle est payante. «Le cabinet conseil demandait 1.500€ pour faire l’attestation de conformité. Elle est demandée légalement mais c’est plus important d’avoir un site accessible», explique Claire Bizingre.

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Mots-clés

Thèmes abordés Accessibilité handicapésAménagement numériqueHandicapInformatiqueNumérique

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  1. 1. Jean-Jacques 26/06/2015, 10h09

    A la lecture un peu rapide du début de l'article, j'ai eu un temps d'hésitation avant de comprendre que par "site", il faut comprendre "ste Internet" et non site au sens architectural ou urbain (bâtiments)

  2. 2. Isabelle Raynaud (journaliste)
    26/06/2015, 11h08

    La précision est apportée.

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