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Travail social : les étudiants courent désespérément après les stages

Publié le • Par • dans : Régions, Toute l'actu RH

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Cours en amphithéâtre © Fotolia

Des étudiants qui courent après les stages plutôt que de se concentrer sur leurs études... C’est pour dénoncer cette réalité que le collectif Solidarité travailleurs sociaux de Lille appelle à la manifestation, mardi 23 juin.

 

Dix stages pour 60 étudiants. Le collectif Solidarité travailleurs sociaux a mis en ligne, fin mai 2015, une vidéo pour illustrer la difficulté des étudiants à trouver un stage, Graal pourtant nécessaire à l’obtention de leur diplôme.

« Dans la région Nord-Pas-de-Calais, il y a de gros problèmes depuis un an, ce qui a provoqué la création du collectif », expliquent les responsables. Cette difficulté est en partie due à la loi du 22 juillet 2013 qui oblige les structures à gratifier les stagiaires au-delà de 8 semaines de stage. « Ces dernières n’ont pas budgété le coût et donc refusent les stages. »

Dans ce contexte, « la circulaire nous a achevés », se désole Audrey, une des trois responsables. Une instruction interministérielle du 31 mars 2015 permet en effet de découper les stages de six mois en plusieurs d’une plus courte durée, souvent moins de deux mois, « ce qui annule la gratification », explique l’étudiante. « Les stages risquent aussi d’être moins concrets ; or on recherche des savoir-faire, des savoir-être, pas seulement des savoirs théoriques », détaille Adrien. Mardi 23 juin, les membres du collectif manifesteront pour le retrait de ce texte devant la Direction régionale de la jeunesse, des sports et de la cohésion sociale (DRJSCS) du Nord-Pas-de-Calais.

« Foire d’empoigne » pour les quelques stages

Sans validation des stages qui égrainent les trois années de formations, impossible de valider son diplôme. Certains étudiants sont donc prêts à tout pour signer une convention. « Des étudiants signent des lettres de ‘refus de gratification’ ou des conventions de 8 semaines - 1 jour », raconte Sandra, la troisième responsable du collectif. Simplement pour éviter la gratification… « Ça devient une foire d’empoigne », regrette Adrien.

Mais la situation est inextricable pour certains. La vidéo ne montre pas le pire des cas : dans un cursus EJE (Educateur de jeunes enfants) de la région, aucun des 60 étudiants n’a trouvé, à la mi-juin, un stage pour septembre. En meilleure position, les étudiants d’un cursus AS (Assistante sociale) sont 45 sur 60 à avoir un stage en septembre, « sur le papier », nuance Adrien. Quand le collectif a fait les comptes, seuls 8 n’avaient pas dû accepter, pour signer leur convention, de ne pas être rémunérés. Dans certaines écoles, on demande même aux élèves de 2e année de laisser leur place à leurs camarades de 3e année pour que ces derniers puissent valider leur cursus.

Le gouvernement déjà dans l’après

Le collectif a donc pris la plume et contacté l’ensemble des parlementaires pour faire connaître la situation des étudiants. « Nous avons reçu une quinzaine de réponses », indique Adrien. Avec à la clé une question au gouvernement posée en séance. Mais pas sûr que cela suffise. « Le gouvernement est déjà dans l’après, sur la réforme des diplômes, donc on ne s’occupe plus vraiment de nous… On nous dit ‘C’est dommage pour vous’ mais on n’a pas de solution… », rapporte Audrey.

L’après, c’est la ré-ingénierie des diplômes, avec une formation plus généraliste. La réforme prévoit la fusion de cinq diplômes (assistant de service social, éducateur spécialisé, conseiller en économie sociale et familiale, éducateur de jeunes enfants et éducateur technique) en un diplôme unique à chaque niveau de qualification.

Les représentants du collectif ont pu rencontrer, le 18 juin, la députée Brigitte Bourguignon (PS, Pas-de-Calais) chargée de rendre un rapport sur cette nouvelle architecture, qui doit servir de base aux états généraux du travail social, à de nombreuses reprises repoussés. « Elle a été très à l’écoute, il y a eu un véritable échange », rapportent les responsables du collectif, seuls étudiants reçus dans le cadre de la concertation.

Ils découvriront courant juillet, lors de la remise du rapport, si leur voix a été entendue. En attendant cette refonte des diplômes leur fait craindre leur entrée sur le marché du travail. « Comment va-t-on trouver un emploi avec un diplôme qui disparaît ? » demande Adrien. Le collectif appelle donc les étudiants à se joindre à la manifestation nationale, jeudi 25 juin, contre la réforme des diplômes.

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