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Sécurité civile

SDIS, sécurité civile : « un gros chantier d’acculturation » pour les nouveaux élus

Publié le • Par • dans : A la une, France

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COLONEL ERIC FAURE, PRESIDENT DE LA FEDERATION NATIONALE DES SAPEURS POMPIERS DE FRANCE, FNSPF © S.Gautier

Dans un entretien à la Gazette, le président de la Fédération nationale des sapeurs-pompiers de France, le colonel Eric Faure, réagit aux grandes priorités fixées pour 2015 par le ministère de l'Intérieur en matière de sécurité civile et revient sur les dossiers chauds : gouvernance des services départementaux d'incendie et de secours (SDIS), relance du volontariat et des dispositifs communaux de protection civile, ou encore, secours à personne.

 

Conséquence des élections départementales, les conseils d’administration des services départementaux d’incendie et de secours (SDIS) devraient connaître un renouvellement important. Deux-tiers des SDIS pourraient changer de tête. Quel en sera l’impact pour les sapeurs-pompiers ?

La quasi-totalité des conseils d’administration est en cours d’installation. Les changements reflètent les résultats électoraux et sont en effet importants. D’abord, en raison de la bascule politique : près de 40 départements ont vu leur exécutif changer de couleur. Autre nouveauté : la mise en place de la parité sur les listes électorales. Il semblerait que la grande majorité des départements ait souhaité introduire cette parité au sein de l’exécutif des SDIS.
Il va donc y avoir un gros chantier d’acculturation pour les personnels encadrants de SDIS. Un chantier qui devra être mené tambour-battant tant les enjeux de la sécurité civile sont cette année déterminants pour l’avenir des sapeurs-pompiers.

Sur les enjeux justement, le ministre de l’Intérieur vient d’adresser aux préfets une circulaire importante datée du 26 mai 2015 sur ses orientations en matière de sécurité civile. Parmi celles-ci, les représentants de l’Etat sont appelés à être davantage présents dans la gestion des SDIS. Que vous inspire cette orientation ?

En 2012, lors de notre Congrès d’Amiens, j’avais exprimé le besoin de plus d’Etat auprès des élus de SDIS et de plus d’élus de SDIS auprès de l’Etat. Par conséquent, je me satisfais de cette prise de position du ministre, qui est d’ailleurs conforme aux déclarations qu’il a tenu à l’automne dernier lors de notre congrès d’Avignon.
Il réaffirme ainsi la compétence partagée des SDIS entre l’Etat et les collectivités à laquelle nous sommes très attachés.
De même, la circulaire annonce des discussions approfondies sur la gouvernance avec l’Assemblée des départements de France et l’Association des maires de France. Nous nous en satisfaisons et nous avons d’ailleurs convié le nouveau président de l’ADF, Dominique Bussereau, au Congrès d’Agen qui se tiendra à la fin septembre.

Lire notre article du 9 juin 2015 : « SDIS, pompiers, risques : Bernard Cazeneuve renouvelle ses priorités pour 2015″

La circulaire appelle les préfets à procéder à une véritable évaluation des directeurs de SDIS, qui sont des officiers de sapeurs-pompiers. Cela ne risque-t-il pas de heurter les sensibilités ?

Le directeur départemental dirige l’établissement SDIS sous l’autorité du président du conseil d’administration. Il est aussi le commandant des opérations de secours et, ce que la circulaire rappelle, le premier conseiller du préfet en matière de gestion de la sécurité civile. Il est le chef de corps départemental, c’est-à-dire le leader d’une troupe d’hommes et de femmes composée à 80% de sapeurs-pompiers volontaires.
Compte tenu de ces missions, il me paraît logique et cohérent que le directeur départemental fasse l’objet d’une évaluation. S’il y a susceptibilité, c’est le signe d’un déséquilibre de la gestion locale de la sécurité civile.

Parmi les nouveautés introduites par la circulaire du 26 mai figure le lancement d’une expérimentation de « contrats territoriaux de réponses aux risques et aux menaces ». Ce nouveau dispositif correspond-il à un besoin ?

Nous avons découvert cette expérimentation prévue à Paris et dans le Sud-est lors du lancement de ce dispositif. Il semblerait que l’objectif à atteindre consiste à recenser les moyens à mobiliser en cas de crise majeure et à faciliter la complémentarité entre les SDIS dans une logique interdépartementale ou nationale.
Nous souhaitons que cette expérimentation associe étroitement les directeurs de SDIS car ils sont les mieux placés pour évaluer les moyens du quotidien comme les moyens exceptionnels.
La circulaire évoque en conséquence un moratoire des schémas départemental d’analyse et de couverture des risques (SDACR), engagés ou susceptibles d’être engagés. Nous y sommes favorables car la doctrine des SDACR remonte à plus de vingt ans et ne correspond plus à la réalité d’aujourd’hui

Le ministre déplore l’insuffisance de plans communaux de sauvegarde et de réserves communales de sécurité civile, deux outils de protection civile dont la création incombe aux communes et qu’il souhaite relancer. Quelle est votre analyse ?

C’est une réalité du terrain : il est extrêmement difficile de mobiliser les citoyens sur les enjeux de sécurité civile. Il faut dire que les multiples actions lancées en 2004 dans le cadre de la loi de modernisation de la sécurité civile en faveur des citoyens (formations en milieu scolaire, campagnes de communication…) n’ont jamais été véritablement mises en œuvre. Il faut pourtant promouvoir, évaluer et piloter la diffusion de cette culture de la sécurité civile que nous appelons de nos vœux depuis longtemps. Le citoyen est un chaînon indispensable pour prévenir les risques et les accidents.

Autre chantier laborieux : la relance du volontariat sapeur-pompier. Le président de la République en avait fait en 2013 une priorité. Mais là aussi, les chiffres ne décollent pas. Comment l’expliquez-vous ?

La relance du volontariat est une priorité de notre Fédération. Faut-il rappeler que 80% des ressources humaines des SDIS reposent sur les sapeurs-pompiers volontaires ? Que 69% des interventions sont assurées par les mêmes volontaires ?
Qu’il s’agisse de la difficulté à nous adapter à l’évolution sociologique des volontaires, des problèmes d’adaptation des SDIS à la disponibilité professionnelle des volontaires ou du manque patent de reconnaissance qui leur est pourtant dû, les difficultés à recruter et à fidéliser les volontaires sont multiples.
Les maires ont bien sûr un rôle à jouer. Cette question doit d’ailleurs figurer au premier rang des discussions que nous aurons prochainement avec l’Association des maires de France.
Nous nous inquiétons en outre de la tendance à faire des sapeurs-pompiers volontaires une variable d’ajustement dans les SDIS quand un sapeur-pompier professionnel part à la retraite et n’est pas remplacé.
Il y a là un vrai chantier. Le plan « Engagement volontariat » lancé en 2013 comportait 25 mesures. Il faut maintenant les mettre en œuvre au plan local et obtenir des résultats !

Le ministère de l’Intérieur souhaite également renforcer les relations avec les associations agréées de sécurité civile. Cela va-t-il dans le bon sens ?

Absolument. Nous avons engagé depuis un an au sein du Conseil national de la protection civile une réflexion destinée à améliorer les relations entre les associations et l’Etat. Nous avons aujourd’hui besoin d’une vraie doctrine d’emploi pour ces associations. Les bénévoles qui les composent constituent une vraie ressource pour la sécurité civile, complémentaire aux pompiers, notamment lors du retour à la normale après une situation de crise.

Très attendue, la circulaire sur la mise en œuvre du référentiel portant sur l’organisation du secours à personne est parue ce jour. Qu’en attendez-vous ?

C’est une circulaire importante qui va renforcer le poids du référentiel établi entre les SDIS et les SAMU, base de notre travail. Dans un certain nombre de départements, ce référentiel n’était que partiellement appliqué. La circulaire vise à y remédier.
Elle ouvre le champ à un vrai travail de complémentarité sur la prise en compte des appels d’urgence (15, 18 et 112) pour conduire à l’élaboration d’arbres décisionnels pour faciliter au mieux la catégorisation des appels et donc l’action des uns et des autres.
Enfin, la circulaire gomme un certain nombre d’épines irritatives entre les rouges et les blancs. Ceci doit permettre de clarifier le rôle des infirmiers de sapeurs-pompiers en matière d’aide médicale urgente, et de clarifier également les relations entre Agences régionales de santé et les SDIS concernant la prise en compte des ressources médicales.
A nos yeux, cette circulaire met fin également à la volonté du ministère de la Santé de freiner l’engagement citoyen des médecins et infirmiers hospitaliers dans le volontariat sapeur-pompier.
Mais attention, ce n’est que la première étape d’un chantier plus large. Je pense notamment au périmètre, non voulu mais subi, des missions non urgentes effectuées par les pompiers auprès de la personne.

Lire notre article du 10 juin : « Secours d’urgence : une circulaire éclaircit des zones d’ombre du référentiel »

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  1. 1. verseau30 12/06/2015, 17h45

    Que le département soit rouge ou blanc, cela ne devrait avoir aucune incidence sur le métier et le travail des sapeurs-pompiers. En tout cas cela ne devrait pas coûter plus cher au contribuable.
    Alors "acculturation, référentiel et arbre décisionnel " sont de bien grands mots loin du travail sur le terrain.. des pompiers. Il faut être efficace et ne pas penser qu'à dépenser les deniers publics.

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