En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X

Club Finances

2

Commentaires

Réagir

Associations d'élus

Journée d’action de l’AMF : le décryptage du politologue Patrick Le Lidec

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, Actualité Club finances, France

2

Commentaires

Réagir

patrick-lelidec-une © P. Le Lidec

Auteur d’une thèse sur l’Association des maires de France, le chercheur au CNRS explique la mobilisation de l’AMF par l’ampleur de la baisse des dotations et la crainte d’être débordée par le mouvement des élus ruraux.

 

La journée nationale d’action annoncée par l’Association des maires de France pour la rentrée a-t-elle un précédent ?

Elle peut être comparée à celle de 1953 devant le ministère des Finances. Il y a alors un vrai bras de fer. Un peu plus tard, en 1975 et 1976, des journées d’action sont organisées. Mais elles sont surtout portées par les maires communistes.

Comment expliquez-vous le mouvement d’humeur actuel de l’AMF ?

Par deux éléments. Le premier élément c’est un contexte budgétaire inédit : il n’y a pas de précédent à la baisse des dotations. Le second élément, c’est que cette politique n’est pas comprise par la base : elle est au contraire contestée et alimentée par la surenchère de l’Association des maires ruraux de France.

L’Association des maires de France a cependant beaucoup hésité avant de lancer cette journée nationale d’action…

L’AMF fait face à un choix difficile. Ses dirigeants, et son président au premier chef qui a été ministre du Budget il n’y a pas si longtemps, savent bien que le gouvernement n’a pas tellement d’autres options sur le plan budgétaire. Pendant plus de trente ans, la France a accumulé les déficits et a creusé son endettement. La crise des dettes souveraines de 2010 a contraint les gouvernements de la zone euro à mettre en place de nouvelles formes de contrôle budgétaire au sein de la zone euro depuis 2012, pour éviter la brutalité des sanctions des marchés. Sous la menace d’une procédure européenne, le gouvernement a été contraint de réduire les déficits et de demander une contribution à chacune des composantes du secteur public : Etat, Sécurité sociale et collectivités locales. Mais il est politiquement délicat de porter ce discours sans prendre le risque d’être débordée par sa base.

Le risque était-il si fort pour l’AMF de connaître pareille contestation ?

Les maires ruraux sont en ébullition depuis des mois. Ils sont confrontés à une situation assez désagréable face à leurs concitoyens. En même temps, étant en bout de chaîne, ils ne mesurent probablement pas les difficultés de la position française à l’échelon européen, et encore moins les risques liés à une remontée brutale des taux d’intérêts, qui pourraient les contraindre à des fermetures massives de services publics.

Comment expliquez-vous que les élus issus de l’UMP, pourtant favorables à une baisse conséquente de la dépense publique, se joignent au mouvement ?

C’est une sorte de jeu de rôle, conséquence de notre système institutionnel qui organise la bipolarisation. Chacun s’efforce de faire croire qu’il ferait mieux que l’autre. Le PS a joué de cela en 2011-2012, en promettant l’impossible, à savoir la stabilité des dotations sur la durée du quinquennat. C’est le match retour.

Devenu président de l’Association des maires de France, François Baroin (UMP) juge cette baisse « insoutenable »…

Le montant de baisse des dotations qui sera réalisé entre 2012 et 2017 sera à peu près équivalent à ce que prévoyait le programme de l’UMP. Il faut cependant reconnaître qu’une baisse d’un même montant étalé sur trois ou cinq ans n’a pas les mêmes conséquences. Il eut été plus judicieux de commencer dès 2012 pour lisser sur cinq ans…

N’existe-t-il pas un hiatus, du côté de l’AMF, entre un discours très allant sur les fusions de communes et beaucoup plus défensif sur la baisse des dotations ?

Non, les dirigeants de l’AMF sont des gens responsables. L’ancien président Jacques Pélissard a bien compris qu’il était nécessaire de bouger sur les communes nouvelles. A terme, ces fusions vont permettre d’économiser des emplois budgétaires. Les achats seront regroupés. Cela va dégager d’autres économies car les prix de gros sont toujours très inférieurs à ceux de détail.

 

Haut de page

Sur le même sujet

Cet article est en relation avec

2

Commentaires

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés DécentralisationFinances localesIntercommunalitéRéforme territoriale

2 Commentaires

Ajouter un commentaire
  1. 1. pov citoyen 10/06/2015, 07h15

    Il faut saluer là une approche honnête qui sort enfin des sentiers battus de la politique politicienne. J'aimerais une poursuite de l'analyse sur les vrais impacts (analyse sur un budget communal moyen) qui nous sorte de cette ornière dans laquelle on tente de nous enfoncer.

  2. 2. interco 09/06/2015, 09h12

    Analyse exacte qui révèle une fois de plus l'incohérence des élus, qui pensent que l'état leur doit tout et qui le méprisent dans leur vie quotidienne, "ce pelé, ce galeux d'où nous vient tout le mal".
    Plutôt que de s'acharner sur les agents, ils devraient apprendre à voir ce qui se passe autour d'eux.....et rester sur leurs gardes. La presse a glosé à l'infini sur le suicide d'un maire sans dire qu'il s'était fait avoir par les commerciaux de DEXIA et avait plombé sa commune. Devant la dette accumulé par sa commune il a préféré se suicider. Eloge de la naïveté!

  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.