En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

 

Réagir

COP 21

Climat : « Les collectivités du Sud ont beaucoup à nous apprendre »

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Dossiers d'actualité, France

Source : COP 21 

0

Commentaire

Réagir

une-gilles-berhault © LinkedIn

500 représentants des États et de la société civile des pays du pourtour méditerranéen ont participé à la Med COP 21, organisée les 4 et 5 juin 2015 à Marseille par la région Paca. Ouvert par le Président de la République, ce forum sur le climat a pointé les vulnérabilités de la région : climatiques et écologiques, mais aussi sociales et géopolitiques. Face à l’ampleur et à l’urgence de la tâche, de nombreux acteurs locaux - en particulier des élus – relèvent le défi de l’adaptation. Gilles Berhault, président du comité de programmation de Solutions Cop 21, en témoigne.

Voir le sommaire

Cet article fait partie du dossier

Climat : Pourquoi les experts défendent un rôle accru des collectivités locales

 

Pourquoi l’adaptation au changement climatique est-elle particulièrement difficile pour les collectivités du sud de la Méditerranée ?

Gilles Berhault, président du comité de programmation de Solutions Cop 21 : Parce que le contexte est déjà très compliqué : difficultés d’accès à l’eau et à l’énergie, population peu sensibilisée à la protection de l’environnement. Dans certains pays, se pose un vrai problème de décentralisation et de transfert de compétences. Enfin, les élus locaux manquent de moyens. Or, ils doivent agir très vite. D’où l’intérêt d’ouvrir le fonds vert aux collectivités locales.

Les risques sanitaires auxquels seront et sont déjà confrontés ces territoires, du fait des changements climatiques, sont-ils suffisamment évoqués dans les forums internationaux ?

Non, la question sanitaire a été très peu abordée lors de la Med Cop 21. Pourtant les impacts sont déjà sensibles. J’ai lu la déclaration d’un syndicaliste tunisien expliquant combien il devient difficile de travailler en extérieur du fait de la hausse des températures. La pollution atmosphérique, les allergies vont s’aggraver, c’est consternant. Toutefois, ces risques pour la santé vont probablement amplifier l’envie de transformations des populations pour plus d’écologie, comme on l’observe en Chine.

De quels atouts disposent les collectivités locales méditerranéennes ?

Il existe une véritable dynamique de coopération de part et d’autres de la Méditerranée, portée très fortement par des réseaux internationaux comme Cités et gouvernements locaux unis (CGLU). Grâce à cette collaboration, les élus locaux du Sud évitent de reproduire les erreurs des autres. Ils sont d’un réalisme absolu.

Les transferts de compétences qui s’établissent dans le cadre de cette coopération méditerranéenne sont-ils à sens unique, du Nord vers le Sud ?

Non. Un jeu de ping-pong intéressant est en train de se mettre en place. Les collectivités du Sud ont beaucoup à nous apprendre sur la sobriété énergétique, par exemple. On parle beaucoup d’économie circulaire aujourd’hui en France, c’est le dernier truc à la mode. En Afrique, on sait depuis toujours que les déchets, c’est de la ressource. Les transferts doivent se faire dans les deux sens. Il est essentiel que chacun reste humble.

La Méditerranée, point chaud du dérèglement climatique

Une hausse des températures de 2 à 4 °C d’ici 2100, un recul de la pluviométrie de 5 à 30 %, une élévation du niveau de la mer de 20 à 60 centimètres : la Méditerranée sera l’un des points chauds du dérèglement du climat, les scientifiques en sont convaincus.

Les élus locaux en observent déjà des effets sensibles : chaleurs inhabituelles, pollution de l’air accrue dans les métropoles, hausse du niveau de la mer, altération du régime des pluies. A l’automne 2014, le Nord du Maroc a connu des pluies diluviennes, il est tombé jusqu’à 1 300 litres par seconde !

« Une menace de submersion marine plane sur la ville », a alerté Fatimetou Abdel Malick, maire de Tevragh-Zeina (119 000 hab.), commune intégrée à la communauté urbaine de Nouakchott (Mauritanie), lors d’une table ronde de la Med Cop 21 dédiée aux collectivités. Sur 40 kilomètres de côtes, il y a six brèches dans les dunes. »

Problèmes sans frontière

Kamel Hemeid, gouverneur d’Hébron (800 000 hab, Palestine), a regretté que « le citoyen palestinien est celui qui bénéficie du moins d‘eau au monde ». Rappelant que les problèmes liés au climat ne peuvent être dissociés du contexte géopolitique en Méditerranée : guerre civile, terrorisme, immigration massive …

« Ces fléaux ne connaissent pas les frontières, tout comme le changement climatique, a souligné Mohamed Boudra, président de la région Taza-Al Hoceima-Taounate (Maroc), également à la tête du conseil politique de la commission Méditerranée de CGLU. Unissons-nous, travaillons ensemble car, seuls, nous ne pouvons pas y arriver. »

Donner des moyens aux ambitions

Certains élus ont déjà pris la mesure de la plus-value du travail en réseau. Mohamed Sefiani, président du conseil de la communauté urbaine de Chefchaouen (43 000 hab., Maroc) est de ceux-là.  » Avec des partenaires méditerranéens, nous sommes engagés dans plusieurs projets concrets financés par des instances internationales, expose-t-il. Avec Montpellier et la région Paca, notamment, nous montons le réseau Divercities, destiné à faciliter l’application de la convention de l’Onu sur la biodiversité. Nous avons des ambitions, nous voulons contribuer à la résilience mais n’en avons souvent pas les moyens. La création du fonds vert est donc pour nous une priorité ».

Haut de page

0

Commentaire

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

0 Commentaire

Ajouter un commentaire
  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.