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[Carte interactive] Santé et territoires

Démographie médicale des spécialistes : les risques de déserts médicaux département par département

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, Dossiers d'actualité, France

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carte-medecins-specialistes-une © D.R.

Quelle démographie médicale, et quels risques de déserts médicaux dans les 5 à 10 prochaines années ? La Gazette des communes poursuit l’analyse des risques de pénurie de médecins dans un proche avenir, grâce aux données de la Drees. Focus sur les risques, spécialité par spécialité, département par département, à travers notre carte interactive.

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Cet article fait partie du dossier

Déserts médicaux, démographie médicale : les politiques publiques impuissantes

 

Creuse, Yonne, Cher : il ne fait pas bon avoir besoin d’un spécialiste en gériatrie dans le coeur du pays. Ou d’un rhumatologue en Lozère. Il n’existe aucun médecin dans ces spécialités, dans ces départements, en 2014. Et ce malgré les efforts de bon nombre de collectivités territoriales pour contrer la désertification médicale, ou construire une offre de soin pour la population. Les territoires ruraux sont en première ligne, mais également certaines zones urbaines, dont Paris.

Vous pouvez sélectionnez votre spécialité, et cliquer sur un département pour faire apparaître les données.
Plus la couleur d’un département tire vers le rouge, plus la part des spécialistes âgés de plus de 55 ans s’approche ou atteint 100 % de l’effectif.


Merci à Yanneck Bourgoin pour le code des données et de la carte.

Une première exploration des données du Répertoire Partagé des Professionnels de Santé(1), analysées au niveau départemental, avait fait émerger les départements à risque dans les 5 à 10 ans, pour les généralistes et les spécialistes, vus dans leur globalité.

Lire : Démographie médicale : les départements les plus touchés d’ici 5 à 10 ans

La Gazette se penche aujourd’hui sur les médecins spécialistes, département par département (hors Outre-mer). La méthode est la même : en identifiant la part de 19 catégories de spécialistes âgés de plus de 55 ans, libéraux et salariés confondus, on distingue les départements qui connaîtront le plus de départs en retraite dans les 5 à 10 prochaines années, et sont donc d’ores et déjà confrontés au défi de leur remplacement (Précisions : nous avons retenu 19 spécialités recensées dans le RPPS, les autres étant évacuées pour des raisons de faiblesses des effectifs (2).)

En termes globaux, l’Atlas de démographie médicale 2014 du CNOM établit que “84 335 médecins exercent une spécialité médicale en dehors de la médecine générale. Sur la période 2007 / 2014, les effectifs ont augmenté de 6,1%”. Et il poursuit : “selon nos analyses, il y a une forte probabilité qu’en 2020 les effectifs des spécialistes médicaux continuent d’augmenter pour atteindre 88 158”. C’est précis à l’unité près.
Pourtant, rien ne garantit que cette croissance bénéficiera à tous les départements, et à toutes les spécialités ; l’enquête sur les données publiques montrent même le contraire.

Ainsi, notre précédent article avait établi que 52 départements enregistrent une part majoritaire de médecins spécialistes âgés de plus de 55 ans (toutes spécialités). Des départs massifs sont donc à prévoir, notamment pour la Creuse, l’Yonne, le Cher…
L’Atlas recense pour sa part, à l’échelle départementale “un tiers des départements [qui] enregistre une baisse des effectifs de spécialistes médicaux sur la période 2007/2014”.

Des départements déjà en danger de pénurie

Appréhendées dans leur globalité, les données des spécialistes permettent de faire émerger plusieurs traits saillants.

Le premier d’entre eux, c’est que certains départements sont totalement dépourvus de certaines spécialités. C’est le cas de quatre d’entre eux (3).

La Lozère ne dispose ainsi d’aucun neurologue, ni rhumatologue, tandis que la Corse du Sud, la Creuse et la Meuse, ne comptent aucun gériatre. Des spécialités qui semblent pourtant nécessaires compte tenu du profil de population de ces départements.

Autre enseignement : la situation est déjà très dégradée dans un certain nombre de départements. 26 d’entre eux présentent une ou plusieurs spécialités pour lesquelles 100 % des médecins sont âgés de 55 à 70 ans. Soit, en cumulant, 47 cas de spécialités à 100 %.

La Creuse compte 6 spécialités à plus de 100 % de médecins âgés (chirurgiens généraux, chirurgiens orthopédiques, dermatologues, gynécologues (médicale), neurologues, O.R.L., ophtalmologues).
En Haute-Corse, 5 spécialités sont à plus de 80 %, dont 3 à 100 % (médecins physiques, neurologues, rhumatologues). Pareil pour l’Indre, avec 5 spécialités à 80 %, et deux à 100 % (gériatrie et gynécologie médicale).
En Corse du Sud, c’est 4 spécialités qui atteignent le seuil de 80 % (une, la pneumologie, à 100 %), comme le Territoire de Belfort (avec 2 spécialités à 100 % : médecine physique et gynécologie médicale). Idem dans les Vosges, et dans l’Yonne, avec 4 spécialités à 80 %.

Quelles spécialités médicales en déficit démographique

11 spécialités sont en pénurie annoncée, avec 100 % des médecins âgés de 55 à 70 ans dans au moins 1 département. On grimpe à 16 spécialités au seuil de 80 % de médecins près de la retraite, dans 88 départements…

Les situations les plus tendues concernent la gynécologie médicale, pour laquelle 100 % des médecins sont âgés de plus de 55 ans dans 21 départements. Si l’on compte les départements à 90 % de gynécologues proches de la retraite ou en retraite, le risque de pénurie apparaît dans 51 départements. Le département le “moins menacé”, les Haute-Alpes, se trouve à 66,67 %.

La médecine physique est à 100 % dans 6 départements, mais 13 départements sont tendus si l’on compte à partir de 80 % de médecins âgés de 55 à 70 ans. A ce seuil de 80 %, les dermatologues sont menacés dans 12 départements (4 sont déjà à 100 %), et les O.R.L dans 10 départements (3 à 100 %).
Les effectifs de chirurgiens généraux ne sont menacés “que” dans 9 départements, au seuil de 80 % (2 départements à 100 %).

Face à ces risques “mathématiques”, restent 2 éléments pondérateurs, abordés dans le 1er volet de notre enquête. Le phénomène des retraités actifs tout d’abord, dont le nombre a explosé depuis 2009 : les spécialistes représentent 55,3 % de cette catégorie, dont l’âge moyen est de 68,7 ans. Et l’arrivée de nouveaux jeunes médecins chaque année, qui fera l’objet d’un prochain article.

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    Notes

    Note 01 - publié par la DREES - Retourner au texte

    Note 02 - Spécialités du RPPS non prises en compte : Anatomie et cytologie pathologiques, Biologie médicale, Cardiologie et maladies vasculaires, Chirurgie infantile, Chirurgie maxillo-faciale et stomatologie, Chirurgie plastique reconstructrice et esthétique, Chirurgie thoracique et cardio-vasculaire, Chirurgie urologique, Chirurgie vasculaire, Chirurgie viscérale et digestive, Endocrinologie et métabolisme, Génétique médicale, Hématologie, Médecine du travail, Médecine interne, Médecine nucléaire, Néphrologie, Neuro-chirurgie, Oncologie option médicale, Radio-thérapie, Réanimation médicale, Santé publique et médecine sociale - Retourner au texte

    Note 03 - parmi les 19 spécialités que nous avons retenues. Les données seraient encore plus impressionnantes si nous avions inclus toutes les spécialités présentes dans le RPPS - Retourner au texte

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Thèmes abordés Aménagement du territoireSanté

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  1. 1. Philharmonic32 12/06/2015, 17h48

    Il ne s'agit pas d'un problème de manque de médecins mais d'une désaffection pour le métier en raison du matraquage fiscal et des insupportables interventions des politiques et administratifs qui veulent pratiquer à notre place tout en n'y connaissant rien. Les jeunes médecins refusent de s'installer et les pré-retraités cherchent d'autres moyens d'exercice y compris de simples remplacements. Même les Roumains ne restent plus en France au delà de 2 ans, ce qui correspond au taux minimum du matraquage fiscal avant le plein pot la troisième année. Tout le reste n'est que discussion stérile de gens ignorant totalement ce qu'est la médecine et les médecins et se plaçant uniquement du point du vue patient qui ne pense qu'à son bien être, pensant réussir à esclavagiser des bacs +10 à15, par ignorance ou pure jalousie immémoriale. Point de vue bien évidement relayé par les politiciens jamais à court de démagogie. Tant que l'on n'affirmera pas ces notions et qu'on ne fichera pas la paix au médecins, la situation empirera et il en sera fini de la médecine à la française. Vive alors les dispensaires au rabais et les nationalisations à la NHS anglais. La France n'est qu'une URSS qui aurait réussit.

  2. 2. YL 10/06/2015, 10h22

    Bonjour. Je n'arrive pas à utiliser cette (belle et pratique) carte : comment sélectionner les spécialités ?? Bien cordialement,

  3. 3. Romain Mazon (journaliste)
    10/06/2015, 12h48

    Bonjour

    Normalement, en bas de la carte, vous trouverez un menu déroulant : cliquez dessus pour sélectionner une spécialité. Nous recommandons les navigateurs firefox ou chrome pour une utilisation optimale.

    Cordialement

  4. 4. république française 03/06/2015, 18h18

    Le problème des déserts médicaux n'est vraiment pas une nouveauté. On peut se demander, vu l'état constaté, pourquoi le "numérus clausus" est encore et toujours en vigueur : sa suppression serait à mettre en place rapidement, et ce, pour au moins une décennie. D'autres mesures seraient bien évidemment à faire intervenir afin d'assurer un équilibre entre les régions car même le nouveau découpage-assemblage des régions ne changera rien à cet état de fait vis-à-vis duquel nos gouvernants ne prennent guère d'engagements. A cet égard, à quoi donc servent les agences régionales si celles-ci ne se montrent pas capables de mettre en exergue les problèmes et de présenter des propositions (concertées)...

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