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Sécurité publique

Exclusif – Une étude révèle l’insuffisance des effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain

Publié le 16/04/2010 • Par Hervé Jouanneau • dans : A la une, Actu prévention sécurité, France

Jouant la carte de la prudence et prenant à contre-pied les rumeurs entretenues par des « fuites » dans la presse, Claude Guéant n’a en réalité annoncé aucune mesure nouvelle.
Jouant la carte de la prudence et prenant à contre-pied les rumeurs entretenues par des « fuites » dans la presse, Claude Guéant n’a en réalité annoncé aucune mesure nouvelle. PHOVOIR
Selon une étude des criminologues Alain Bauer et Christophe Soullez, le poids des « charges indues » pèse lourdement sur les missions de sécurité publique.

Stagnation des effectifs policiers et gendarmes, augmentation des charges judiciaires, moindre présence sur le terrain. Tel est, en substance, le constat dressé par une étude réalisée par Alain Bauer, professeur de criminologie au Cnam et Christophe Soullez, criminologue, et publiée en exclusivité sur le site web de la Gazette.

Véritable état des lieux statistique des effectifs policiers réellement présents sur le terrain, l’étude, intitulée « Où sont les policiers et les gendarmes ? », n’est pas la première du genre. Déjà, en 1999, dans nos pages, le même Alain Bauer soulevait la polémique en révélant, chiffres à l’appui, le faible nombre de policiers nationaux affectés sur la voie publique. Il estimait notamment à « environ 5 000 agents disponibles » le nombre de fonctionnaires déployés sur le terrain « à un moment donné de la journée ».

Dix ans après, qu’en est-il ? Les nombreuses réformes de la décennie écoulée, comme la création éphémère d’une police de proximité en 1999, l’instauration de communautés de brigades en 2003 ou encore, vaste chantier, le redéploiement des services de police nationale et des unités de gendarmerie entre 2002 et 2006, ont-elles eu l’impact attendu ?

Stabilité des effectifs
Premier enseignement à tirer : le nombre de policiers et gendarmes, hors personnel administratif technique ou scientifique, a « peu varié » sur la période, atteignant 222 059 fonctionnaires ou militaires en 2008 contre 221 739 en 1998, soit une augmentation de 0,1%. Et ce, « alors même que la population française a augmenté de manière significative [+5,8% entre 1999 et 2007] et dans un contexte de radicalisation de la violence interpersonnelle » confient les auteurs.

Augmentation des charges indues
L’étude révèle en outre que si des efforts ont été engagés afin de réduire certaines tâches dites « indues », comme les activités administratives, ou de limiter les détachements et mises à disposition des personnels, d’autres tâches continuent à peser lourdement sur le potentiel mobilisable des effectifs de la sécurité publique et sur le nombre d’heures qu’ils devraient, en principe, consacrer aux missions de protection de la population.

C’est notamment le cas des charges judiciaires (police des audiences, tenue des dépôts, escortes des détenus pour soins ou présentation, comparution, extraction, transferts des détenus), qui, en équivalent temps plein, ont augmenté de 4% pour la police et de 16,8% pour la gendarmerie départementale, entre 1998 et 2008.

De même, les missions de maintien de l’ordre, qui relèvent le plus souvent de la police nationale, ont augmenté de plus de 56% sur la même période.

Au total, si l’on comptabilise l’ensemble des charges judiciaires, des gardes statiques, des détachés et mis à disposition, des maladies et maternités, des blessures en service et des formations, ce sont 11,9% des effectifs de police nationale et de gendarmerie qui sont considérés comme « indisponibles ».

Résultat : Un policier pour 753 habitants
En conséquence, selon Alain Bauer, « lorsqu’on prend le chiffre global des effectifs de sécurité publique, police et gendarmerie nationales, et que celui-ci est comparé au chiffre obtenu une fois retranchés les effectifs indisponibles et ceux nécessaires au fonctionnement normal des services [absent du terrain, ndlr], on passe du simple au double ».

Ainsi, on passe d’un policier « sécurité publique » pour 409 habitants à un pour 753 et donc près de 70 700 fonctionnaires à seulement 38 300. « Et encore, sans tenir compte des cycles de travail ou des absences pour congés », relèvent les auteurs. De même, on passe d’un gendarme pour 485 habitants à un pour 994.

Que faire ?
Partant de ce constat, les auteurs de l’étude formulent une série de préconisations, au premier rang desquelles la poursuite de « la rationalisation de l’implantation territoriale des forces de sécurité intérieure ». Et de proposer, notamment, de confier à la seule sécurité publique les agglomérations urbaines, qui constituent « la réalité géographique des nouveaux bassins de criminalité », tandis que la gendarmerie nationale prendrait la responsabilité d’assurer la sécurité publique des territoires ruraux.

Références

Téléchargez l'étude Où sont les policiers et gendarmes, 10 ans après, étude de Alain Bauer et Christophe Soullez, avril 2010

Retrouvez l’ensemble des statistiques des effectifs de la police et de la gendarmerie nationales en 2007 (par circonscription de police et par département). Source : Avis « Sécurité » sur le projet de loi de finances 2009 présenté par le député Guy Geoffroy, octobre 2008.

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  • Lire "l'événement" de La Gazette du 19 avril 2010, p. 10 et 11.

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Commentaires

Exclusif – Une étude révèle l’insuffisance des effectifs de police et de gendarmerie sur le terrain

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pm

19/04/2010 12h54

Dans cet article on oublie la présence des policiers municipaux.

Hunk

19/04/2010 06h37

Comme d’habitude cher PM…5ème roue du carrosse, et qui pourtant , qu’on le veuille ou non, doit palier de plus en plus à ce réel manque d’effectif ressenti par le plus grand nombre d’entre nous.Eh non…le Policier Municipal de 2010 n’est plus le garde champètre de 1990…avec le plus grand respect pour ces derniers, tout comme pour les gardiens de la paix et gendarmes présents sur le terrain.

raph93

19/04/2010 07h56

tout a fait d’accord, encore une fois on oublie de citer la PM, qui est ne l’oublions pas une police de proximité au service de la population

didine

20/04/2010 09h55

ces chiffres sont connus depuis plusieurs années.(annexe budget ministere interieur)
Ce qu’il l’est moins, bien qu’issu de la même source, est un indicateur de performance situant la présence souhaitée des fonctionnaires à 40% de l’ensemble des heures cumulées.
Il ne faudrait pas pour autant oublier que le travail d’investigation, lui, reste a la fois nécessaire, et alimente la présence sur le « terrain ».

didine

20/04/2010 11h28

a propos des 40% citées dans ma précédente réaction , il fallait lire « 40% des heures cumulées des fonctionnairesoivent être dédiées au terrain »

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