En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

 

Réagir

Climat

La « Cop des lycéens » adopte un accord en deçà de celui espéré au Bourget

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

0

Commentaire

Réagir

Cop21-Logo-1A © Driee

Incarnant des négociateurs venus des quatre coins du monde, des adolescents franciliens ont adopté, le 6 mai au lycée du Bourget, un accord sur le climat, dans des conditions comparables à celles de la « vraie » conférence de l’Onu qui se tiendra en fin d’année, au Parc des expositions voisin.

 

« Les Parties s’engagent à diminuer de 50 % la déforestation d’ici 2025 », énonce l’étudiante qui joue le rôle de la représentante du Secrétariat général de l’Onu. Préalablement au vote solennel de l’article, les lycéens représentant la délégation australienne tiennent à se faire préciser si cette disposition du futur accord sur le climat porte sur la déforestation « brute ou nette ».

C’est bien une simulation de la 21ème Conférence des parties à la Convention « climat » (Cop 21, qu’accueillera Paris-Le Bourget du 30 novembre au 11 décembre 2015) qui se joue, mais les adolescents qui s’y livrent sont loin de faire semblant. « Il s’agit là d’un ‘serious game’, précédé de huit mois de préparation transdisciplinaire (sciences de la vie et de la terre, histoire-géographie, langues vivantes, mathématiques) », souligne Jean-Max Girault, coordonnateur pour l’éducation au développement durable de l’académie de Créteil.

Négociations informelles et altercations de couloir

Vibrants d’excitation sous leur mise soignée, une cinquantaine de jeunes issus de 14 établissements franciliens ont adopté, le 6 mai 2015 au lycée du Bourget, un simili-accord sur le climat, négocié par une vingtaine de délégations nationales et d’acteurs non-étatiques (entreprises et ONG). La simulation a été co-organisée par les services de l’État (direction régionale et interdépartementale de  l’environnement et de l’énergie), l’Éducation nationale (académies de Créteil, Paris, Versailles) et la région Ile-de-France, qui promeut depuis 2011 le programme « Lycées éco-responsables ».

Avant le vote du texte final, il y a eu des négociations informelles en dehors des sessions « officielles » et des altercations dans les couloirs, comme dans une authentique préparation d’accord international. Des étudiants, membres des associations CliMates et Refedd (réseau français des étudiants pour le développement durable), ont animé les trois séries de débats, consacrées à l’atténuation du changement climatique, à l’adaptation à ses impacts et à la gestion des forêts et des sols.

« Les élèves de seconde ont acquis des connaissances sur le fonctionnement de l’Onu, sur la machine climatique, les enjeux géopolitiques liés au réchauffement, la réalité des pays qu’ils représentent, les enjeux qu’y pose le dérèglement du climat et la diversité des intérêts qui les traversent, met en avant Jean-Max Girault. Ils ont aussi appris à élaborer des stratégies de négociation, à construire un argumentaire et s’exprimer en public. »

Consensus a minima

A l’arrivée, le jeu de rôle lycéen ne débouche pas sur des mesures permettant de limiter le réchauffement à 2° C en 2100 (par rapport à l’ère préindustrielle), comme le recommandent les scientifiques. La trajectoire est celle d’une élévation de 2,8 °C et d’une hausse d’un mètre du niveau des mers à la fin du siècle.

Les adolescents de 15-16 ans ont en effet élaboré un consensus a minima, après s’être pleinement approprié les positions des États représentés, parfois défendues avec intransigeance. Le Canada a ainsi exclu de réduire d’ici 2030 et même 2050 les émissions de gaz à effet de serre liées à l’exploitation des énergies fossiles (dont les sables bitumineux). La Chine a refusé tout plafond d’émissions par habitant, pour ne pas compromettre sa croissance. L’Arabie Saoudite a conditionné sa participation au Fonds vert à un juste retour financier. Les entreprises ont accepté les transferts de technologie, mais sur la seule base du volontariat.

Aller au-delà, dès décembre

Si le texte n’est « pas aussi ambitieux qu’on pourrait le souhaiter », Corinne Rufet n’en salue pas moins ce temps fort de « mobilisation citoyenne de la jeunesse ». La vice-présidente de la région Ile-de-France chargée de l’environnement, de l’énergie et de l’agriculture souhaite que la Cop 21 n’implique pas que les seules personnes « déjà conscientisées mais l’ensemble de la jeunesse (lycéens, apprentis et ceux sortis du système scolaire) », le climat étant non seulement un sujet de débat mais aussi « une voie professionnelle ».

L’accord finalisé dans les locaux (à haute qualité environnementale) du lycée du Bourget a en tout cas le mérite du réalisme. Car « la Cop 21 risque effectivement d’échouer à cantonner le réchauffement sous les 2°C, reconnaît Corinne Rufet. D’où l’intérêt, pour les collectivités, de mener un lobbying actif en amont de la conférence. »

Reste que « ce texte a vocation à être amélioré lors des futures Cop », relativise Clément Métivier, étudiant en deuxième année de master « politiques de l’environnement » à l’Institut d’études politiques de Paris et modérateur « onusien » des débats lycéens sur l’atténuation. D’ici là, la région aura diffusé auprès des 472 lycées d’Ile-de-France une vidéo retraçant l’histoire de cette Cop d’apprentissage.

L’événement s’est conclu sur la certitude de toutes les parties d’avoir gagné, les élèves ont acclamé leurs professeurs et Jean-Max Girault a vécu « l’un des plus beaux moments » de ses trente ans de carrière dans l’Éducation nationale.

Les points forts de l’accord lycéen

En matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre, ressortent juste des déclarations de principe, sans réels chiffrage ni calendrier.

Les mesures les plus volontaristes concernent le Fonds vert, qui doit financer l’adaptation aux impacts du changement climatique :

  • 35 % du fonds seront consacrés à des projets d’adaptation, en priorité dans les pays les plus pauvres et les plus vulnérables ;
  • Un comité international veillera à la correcte alimentation du fonds et infligera des sanctions en cas de défaut de versement.

En matière de forêt, les lycéens ont par ailleurs arrêté :

  • La diminution de 50 % d’ici 2025 de la déforestation, appelée à cesser en 2030 ;
  • L’adoption de plans nationaux et internationaux de reforestation d’ici 2022 ;
  • La reforestation de 40 % d’ici 2030 des terres déboisées au cours des deux dernières décennies.

Haut de page

0

Commentaire

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés Changement climatiqueConférence climat 2015Education

Régions Île-de-France

0 Commentaire

Ajouter un commentaire
  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.