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Interview

« L’absence est presque toujours une coproduction »

Publié le • Par • dans : A la Une RH, Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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denis-monneuse-une © P. Marais

Sociologue, chercheur associé à l’institut d’administration des entreprises de Paris, Denis Monneuse a publié, en 2009, « L’absentéisme au travail : de l’analyse à l’action ! » (Afnor éditions), ouvrage réédité en 2015.

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L'absentéisme des agents publics : un symptôme, des remèdes

 

Six ans se sont écoulés depuis la première édition de votre ouvrage. Quel regard portez-vous sur ces années ?

Certes, « l’affaire France Télécom » a imposé le concept de santé et de bien-être au travail, le taux d’absentéisme passant dans la foulée du statut de dysfonctionnement à celui d’indicateur. Mais bien des organisations peinent encore à calculer et à interpréter correctement ce taux. Du coup, le temps passe et l’absentéisme reste, voire progresse, tandis que les solutions mises en œuvre demeurent principalement orientées sur l’aspect curatif.

La France semble une bien mauvaise élève… Sommes-nous vraiment plus souvent malades ou plus resquilleurs ?

La plupart des études placent en effet la France dans le peloton de tête de l’absentéisme, même entre filiales d’un même groupe. Nous faisons d’ailleurs montre d’un absentéisme élevé dès l’école et ce, jusqu’au sommet de l’Etat, si l’on en juge par le comportement des députés et des sénateurs. Et pourtant, la France est aussi championne des congés, ce qui contrarie toute tentative de corrélation entre les deux « pauses ». En revanche, les Français accordent une très grande importance au travail ainsi qu’à sa dimension d’épanouissement. Loin d’être l’expression d’une paresse nationale, le taux d’absentéisme élevé pourrait donc bien être, au contraire, le prix à payer lorsque nos exigences sont déçues. Un prix que nous payons dans notre chair car, finalement, seuls 6 % à 15 % des arrêts sont le fait d’abuseurs.

D’où l’importance des conditions de travail et leur impact sur les absences ?

Les conditions de travail ont évidemment leur importance, mais comptent plus encore le sens donné à celui-ci, la valeur collective accordée à l’investissement professionnel de chacun. Au final, les conditions peuvent être rudes si la fierté est au rendez-vous. Dans le cas contraire en revanche, même les accidents de trajet pourront s’en ressentir… Ce qui prouve, là encore, que l’absence est presque toujours coproduite par les organisations et il est grand temps qu’elles s’en rendent compte !

Alors que l’absentéisme touche autant les entreprises privées que les structures publiques, pourquoi une telle difficulté à « en venir à bout » ensemble ?

L’absentéisme est un sujet délicat pour tous, le salarié qui craint d’être suspecté, le manager qui ne veut pas être tenu pour responsable, les professionnels de santé qui assurent ne pas être écoutés et les responsables RH qui rejettent la faute sur les uns et les autres ! En réalité, et au-delà des positions militantes de chacun, il y a surtout une grande méconnaissance de la question, d’autant plus préjudiciable qu’elle risque d’entraîner vers de mauvaises pistes de résolution. Le contrôle, par exemple, peut conforter l’absentéisme en renforçant la défiance à l’égard de la direction… Mieux vaut parfois laisser un salarié s’absenter deux ou trois jours et revenir fringant que le contraindre à un présentéisme mou ! L’important, c’est la motivation au réveil et c’est ce sur quoi l’organisation doit se concentrer.

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