Entreprises et collectivités

Ingénierie publique, ingénierie privée : un fauteuil pour deux ?

Par
Construction worker

fuzzbones - Fotolia

S’appuyant sur une étude publiée en avril, la fédération patronale Cinov accuse l’ingénierie (para)publique et ses effectifs en "croissance exponentielle" d’être responsable d’un "manque à gagner de 7 milliards d’euros par an" pour l’ingénierie privée. Les agences techniques départementales sont notamment pointées du doigt. Réactions.

Le débat n’est pas nouveau. Sa réapparition dans l’actualité est due à la publication d’une étude réalisée par le cabinet KYU pour l’Observatoire paritaire des métiers de l’informatique, de l’ingénierie, des études et du conseil (Opiiec), qui défend notamment la thèse d’une concurrence accrue entre l’ingénierie (para)publique et l’ingénierie privée, au détriment de cette dernière. « L’ingénierie publique cannibalise le privé » ont commenté nos confrères du Moniteur, tandis que la fédération patronale Cinov(1) reprenait dans un communiqué les chiffres énoncés par le rapport en leur conférant une lecture très alarmiste  :

L’ingénierie publique a connu une croissance exponentielle de ses effectifs de près de 79 % en 10 ans. Le phénomène a pour conséquence directe un manque à gagner évalué à 7 milliards d’euros par an entre 2011 et 2017 qui impacte très majoritairement les TPE-PME de l’ingénierie sur les territoires ! La diminution du chiffre d’affaires qui en résulte se traduit notamment par la destruction de plus de 6000 emplois sur la période de 2011 à 2017 dans les TPE-PME.

 

Moins d’investissement, plus de structures publiques

La démonstration de l’étude de l’Opiiec s’articule autour des points suivants :

  • Les effectifs de l’ingénierie (para)publique explosent. Dans les collectivités, les personnels techniques auraient augmenté de 36 % entre 2001 et 2011. Au total, les ingénieries (para)publiques compteraient plus de 28 000 ingénieurs et 45 000 techniciens (en intégrant les anciens contrôleurs de travaux), en augmentations respectives de 154 % et 68 % en dix ans ;
  • L’ingénierie (para)publique interviendrait de plus en plus dans le « champ concurrentiel », et de manière « déloyale » selon les témoignages recueillis par les auteurs de l’enquête. En particulier dans les secteurs du bâtiment, de la voirie, des ouvrages d’art, de l’eau et l’assainissement ...
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2  |  réagir

11/05/2015 01h06 - Albert

si l’ingénierie publique n’existait pas, et laissait les « clés du navire » uniquement au privé, ce serait une catastrophe sur la qualité des prestations et du respect du budget.

l’ingénierie publique est là pour contrôler le privé, l’ingénierie publique, avec ses compétences et ses moyens, permait de défendre l’intérêt des biens publiques.

il est évident que le privé aimerait avoir devant lui une bande d’incompétents pour leur « vendre » n’importe quoi. l’ingénierie publique est là pour les contrer et cela ne leur plait pas.

les objectifs sont différents, les premiers ( le privé) veulent faire des bénéfices et du chiffre d’affaire, les seconds réclament de la qualité, de la durabilité, et n’ont pas le droit de faire des bénéfices.

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06/05/2015 06h37 - gregoire-s

Oui c’est merveilleux comme vous dites. D’autant que le CINOV ne se penche pas sur le pourquoi de cette tendance : la qualité de la maitrise d’oeuvre privée est de plus en plus désastreuse ! Avec les outils du statut d’autoentrepreneur, de nombreux professionnels de la construction (conducteurs de travaux par ex), se sont autoproclamés maitre d’oeuvre, parfois avec une vraie démarche qualitative et dans d’autre cas au rabais.

Plus de concurence ajoute de la pression sur les prix qui baissent, qui baissent et font qu’aujourd’hui les maitres d’ouvrages publics ne paient plus le bon prix de l’ingénierie. Pour tenir, les maitres d’oeuvre en vende « pour le prix » et c’est une baisse générale de temps passé / opération et de qualité, tendance extrêmement vicieuse pour ce milieu professionnel.

Alors oui, certaines collectivité se redotent de bureau d’étude interne (et c’est leur droit) pour rétablir une ingénierie de qualité qui préserve leurs intérêts (suivi de chantier, maitrise des avenants sur les travaux supplémentaires, prévient les contentieux).

Les esprits malins diront : mais payons correctement les maitres d’oeuvres et la qualité reviendra ! Personnellement, j’en suis persuadé. Dans notre collectivité, nous allons d’ailleurs essayer un marché où nous fixerons nous-même un prix que l’on jugera correcte de rémunération afin qu’ils ne se battent plus sur le prix mais sur la qualité technique. A voir si cela marchera – nous en ferons l’analyse en tous cas –

Mais à l’attention du CINOV : ne réduisez pas un problème complexe à une idée trop simpliste car une partie de cette tendance vient des maitres d’oeuvre privés eux-même !

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05/05/2015 11h05 - Henri Tanson

Comme tout cela est merveilleux quand même: le public nuit au privé?
Qu’à cela ne tienne, on va supprimer tout ce qui fait une concurrence déloyale au privé…
C’est prévu depuis si longtemps dans le traité de Lisbonne, article 106 du TFUE, que ça semble être l’heure…
En plus, le public qui est en grande difficulté (vous savez, la dette, les déficits, les économies…) va pouvoir justifier son retrait de ces services publics pour une raison vraiment involontaire: c’est la crise…
Merveilleux, je vous dis !

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