Climat

Le sommet des élus locaux de Lyon, « étape clé » vers la Cop 21

| Mis à jour le 27/04/2015
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Ouverte par le président de la République et clôturée par le ministre des Affaires étrangères, la réunion des « acteurs non étatiques », qu’accueillera Lyon début juillet, entend influer sur la conférence officielle sur le climat, qui se jouera entre les Etats, en décembre à Paris-Le Bourget.

La veille, le président de la République avait exprimé des doutes sur l’issue de la 21ème conférence des parties à la convention « climat » (Cop 21), qu’accueillera Paris-Le Bourget en fin d’année (30 novembre – 11 décembre). Ce 21 avril, au Sénat, les organisateurs du sommet « Climat et territoires » (Lyon, 1er et 2 juillet), se montraient autrement plus allants sur le rendez-vous onusien : les acteurs locaux entendent bien infléchir « ce qui sera l’heure de vérité pour le climat, l’avenir de la planète et celui de l’humanité », déclare Jean-Jack Queyranne, président (PS) de Rhône-Alpes.

Peser sur les négociations officielles

Six mois avant la COP21 où négocieront 194 Etats (1), la région Rhône-Alpes accueillera une rencontre internationale des « acteurs non-étatiques », selon le terme de l’ONU, incluant notamment les autorités locales.
Le rendez-vous, qualifié d’étape-clé vers la COP21 par ses organisateurs (réseaux mondiaux de collectivités principalement) sera ouvert par François Hollande et clôturé par Laurent Fabius, le ministre des Affaires étrangères qui présidera le sommet onusien.

« Par notre expérience, par notre action concrète, nous constituons un ‘agenda positif’ dans la lutte contre le dérèglement climatique, fait valoir Jean-Jack Queyranne. Cet apport pourrait peser à la conférence de Paris. On ne peut laisser le débat se tenir entre quelque 200 chefs d’Etat et de gouvernement ! »
D’autant que, « sans l’engagement des acteurs des territoires, aucun Etat ne pourra atteindre ses objectifs de réduction des gaz à effet de serre », note le sénateur (EELV, Loire-Atlantique) Ronan Dantec, jugeant utile de « rappeler cette lapalissade ».

 Le « scénario 2 degrés » des acteurs non-étatiques

Le sommet de juillet « ne sera pas un colloque mais un temps de travail », souligne le porte-parole de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) sur les questions climatiques. Une dizaine d’ateliers, coprésidés par des représentants d’autorités locales et d’autres acteurs non étatiques (ONG, syndicats, entreprises), sont déjà à la tâche afin d’annoncer, à Lyon, un « scénario 2 degrés » (2) qui sera remis à Laurent Fabius.

A Lyon doit aussi être annoncé « un engagement collectif des maires de tous les continents à réduire leurs émissions de gaz à effet de serre de 40 % d’ici 2030, les élus d’Europe s’orientant vers une économie décarbonée en 2050 », indique Claire Roumet, directrice d’Energy Cities. Ce réseau de villes « déjà en transition énergétique » pilote la Convention des maires, qui fédère plus de 6 300 territoires (couvrant plus de la moitié de l’Union européenne) en passe de réduire leurs rejets de 28 % d’ici 2020.

Autre temps fort du sommet, où sont attendus 800 participants : la publication, le 1er juillet, des conclusions du « débat citoyen planétaire » qui se sera tenu le 6 juin dans quelque 80 pays. En France, l’opération, soutenue par l’Association des régions de France, est pilotée par la Commission nationale du débat public.

Des acteurs à l’unisson, reconnus par l’Onu

Depuis 2013, les acteurs non étatiques parlent d’une seule voix, rappelle Ronan Dantec, co-auteur, avec Michel Delebarre, du rapport parlementaire sur « les collectivités territoriales dans la perspective de Paris Climat 2015. Au sommet de la ville durable (Ecocity), tenu à Nantes en septembre 2013, a été adoptée la feuille de route « climat » des gouvernements locaux.
Au sommet sur le climat tenu à New York en septembre 2014, les acteurs non étatiques ont arrêté une déclaration commune, intitulée « Catalyser l’action » . Au siège de l’Onu avait a ainsi été « reconnu, pour la première fois par la communauté internationale, le rôle positif des collectivités locales et des organisations non étatiques » en matière climatique, rappelle Jean-Jack Queyranne.

 

nicolas_imbert - acteursduparisdurable.fr« Impulser une politique étatique plus ambitieuse »

Nicolas Imbert, directeur exécutif de Green Cross France et Terrritoires

Depuis la Cop 20 de Lima (Pérou, décembre 2014), les acteurs non étatiques ont un droit d’entrée sur tous les sites de la conférence. L’étape suivante consiste à capter une écoute de qualité au plus haut niveau des décideurs. Aux Etats-Unis, qui ont un temps d’avance sur la France, le secrétaire d’Etat John Kerry mène un travail de co-construction avec les acteurs locaux. En Chine, l’Etat et les collectivités locales font preuve de volontarisme.
En France, les collectivités ont bien l’écoute de l’Etat mais peinent à impulser une politique étatique plus ambitieuse. En matière de transition écologique, les citoyens, les associations et nombre de PME sont en pointe. Les grandes entreprises et les collectivités, qui avaient un cran de retard, sont en passe de le rattraper. Partant avec deux crans de retards (comme la plupart des autorités centrales), le gouvernement français dispose de huit mois pour être à la fois le plus exemplaire possible et le moins donneur de leçons possible.

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