Climat

Des maires africains lancent à Paris un «appel pour une électrification durable»

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Une trentaine de maires de capitales et villes africaines ont lancé un appel en faveur d’une « électrification durable » du continent, le 17 avril à l’Hôtel de ville de Paris.

Les maires de Kinshasa, Guy Matondo (g) et de Niamey, Assane Seidou (d) aux côtés de Jean-Louis Borloo, président d’Energies pour l’Afrique, à la mairie de Paris le 17 avril 2015.

Ce fut l’une des causes de l’échec du sommet sur le climat de Copenhague, en décembre 2009 : le financement par les pays industrialisés – et à l’origine du dérèglement du climat – d’un développement sobre en carbone du reste de la planète était resté un vœu pieu.

A huit mois de la Cop 21 de Paris-Le Bourget (30 novembre – 11 décembre), « un élément clé de réussite » réside dans le déminage de tout « affrontement entre pays industrialisés et pays en développement, qui n’ont pas à être culpabilisés ou limités dans leur croissance, alors qu’ils n’ont pas contribué à l’effet de serre », déclarait la maire de Paris Anne Hidalgo, le 17 avril 2015 à l’Hôtel de ville.

Deux Africains sur trois dans la pénombre à la nuit tombée

La maire de la capitale (et présidente de l’Association internationale des maires francophones) y a présidé à l’adoption, à main levée et à l’unanimité, de l’appel lancé par une trentaine de maires africains(1) en faveur d’une « électrification durable » du continent. Rappelant que les deux-tiers de la population africaine (soit 600 millions de personnes) n’a pas accès à l’électricité, le texte demande « à l’ensemble de nos partenaires publics et privé, aux Etats, aux banques de développement, aux institutions financières publiques mais aussi aux fonds privés, philanthropiques et alternatifs d’investir massivement dans l’électrification de nos territoires ».

Le Maroc fait figure de modèle : le taux de desserte y est passé de 15 à 90 % des foyers en dix ans (de 1995 à 2005). L’électrification « est à notre portée », affirme le maire de Casablanca, Mohammed Sajid, mettant en avant un financement associant l’Etat, les collectivités locales et les ménages. « L’exemple marocain sur la partie rurale et décentralisée donne de l’espoir aux Africains », commente Jean-Louis Borloo, qui vient de créer la fondation Energies pour l’Afrique.

Des ressources pour une Agence opérationnelle début 2017

Pierre angulaire du rattrapage attendu dans l’accès à l’électricité : une Agence intergouvernementale africaine, dont le besoin de financement est évalué à une cinquantaine de milliards d’euros sur dix ans par Jean-Louis Borloo. L’ancien ministre de l’Écologie affirme n’avoir « aucun doute » sur le fait qu’« avant la fin de l’année », des engagements à hauteur de « 4 à 5 milliards d’euros par an pendant dix ans » seront « au rendez-vous ».

Selon le représentant de la France à la conférence de Copenhague (2009), la future « Maison commune », qui « sera opérationnelle début 2017 », ne saurait « financer que les grands projets gouvernementaux » (tel le barrage d’Inga, en République démocratique du Congo). En outre, « les maires des capitales et des communes rurales devront y être représentés, à hauteur d’environ un quart du conseil d’administration ».

L’ancien ministre d’État assure enfin que le président de l’Union africaine, le Zimbabwéen Robert Mugabe, soutient le projet d’Agence dédiée à l’électrification et qu’il « entend bien convaincre ses frères ».

 

« Faire émerger le premier continent soutenable »

Jean-Louis Borloo, président de la fondation Energies pour l’Afrique

 

« Dans trente ans, la population africaine aura doublé, à deux milliards d’habitants. La bataille des kilowattheures doit suivre l’arrivée des bébés. Confrontée à un choc démographique, l’Afrique passe son temps à courir après la réponse en termes de santé, d’éducation, d’infrastructures. Chaque année, le nombre d’Africains qui n’ont pas accès à l’électricité augmente de 10 millions.

Or, la jeunesse africaine va vers la lumière, celles des grandes villes du continent – qui connaissent une urbanisation folle – puis d’Europe. En moins de dix ans et dans chaque pays et sous-région, il y a de quoi produire l’énergie la moins chère du monde à partir du solaire, de l’éolien, de la géothermie, de la biomasse, de la petite et de la grande hydrauliques. Il y a la capacité à faire émerger le premier continent soutenable.

Je me contrefiche des remarques sur le caractère plus ou moins démocratique de tel ou tel régime. Je distingue les enjeux et les bénéficiaires, d’une part, et les institutions, d’autre part. Quels que soient les défauts de leurs gouvernements, les mamans et les papas africains n’ont pas à payer une double peine et être privés d’accès à l’électricité – laquelle facilitera grandement leur quotidien. »

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