En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X
Déposez votre CV Fournisseurs du secteur public

Logo Gazette.fr

 

Réagir

Réforme territoriale

Le président de l’AMIF pour des communes nouvelles en milieu urbain

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : Régions

0

Commentaire

Réagir

stephane-beaudet-une © Amif

Stéphane Beaudet (UMP), président de l’Association des maires d’Ile-de-France est partisan de fusions de communes dans les territoires agglomérés de la région-capitale. Et défend bien d’autres positions, évoquées, parfois crûment, le 16 avril, en marge du salon des maires d’Ile-de-France. Florilège.

 

Avec Manuel Valls, son « ami » et voisin d’Evry, le maire UMP de Courcouronnes (Essonne) partage le goût de la transgression. Propulsé en octobre 2014 président de l’Association des maires d’Ile-de-France (AMIF), Stéphane Beaudet n’a rien perdu de son parler « cash ».

Probable tête de liste de l’UMP aux régionales dans l’Essonne, l’élu de banlieue a une idée bien à lui de l’organisation territoriale de l’Ile-de-France. Son schéma idéal : des communes nouvelles pour peser dans les grandes agglomérations, des départements réduits à des compétences éducatives et une métropole élargie.

Morceaux choisis des propos qu’il a tenus, le 16 avril 2015, lors d’un échange avec la presse. Une rencontre en marge du salon des maires d’Ile-de-France.

« OIN : l’Etat brandit l’arme nucléaire »

« Avec son Opération d’intérêt national (OIN) multi-sites en Ile-de-France, l’Etat fait flipper tout le monde. Décider que l’on va construire 20 000 logements ici, 30 000 là, c’est affoler les populations et les maires qui se verront privés de leur permis de construire au profit des préfets.
Brandir l’arme nucléaire de l’OIN est totalement contre-productif. Tout ne doit pas se focaliser sur le logement. Le Grand Paris, c’est un triptyque. Avec, par ordre de priorité : le développement économique, les transports et, seulement en troisième position, le logement. »

« Si Jean-Paul Huchon avait eu une vision de l’Ile-de-France… »

« Pour moi, le Grand Paris, c’est l’Ile-de-France. Si le président de la région, Jean-Paul Huchon avait eu une vision de l’Ile-de-France, Nicolas Sarkozy n’aurait jamais fait le Grand Paris. On n’aurait jamais eu la métropole, ce mastodonte de 6 millions d’habitants absorbant 80 % du PIB de la région que l’on nous impose à nos portes. Sous l’influence des élus de droite, cette structure sera une coquille vide au 1er janvier 2016. On ne sait même pas où siégeront ses 348 représentants. A part à l’Assemblée et le Sénat, on n’a pas d’enceinte capable de réunir un tel cénacle. Toujours est-il que cette métropole confinée est le symbole de notre éloignement des centres de décision.

Il y a 40 ans, on mettait 20 minutes pour rejoindre Paris d’Evry ; aujourd’hui, il faut compter une heure pour atteindre la porte d’Orléans. Nos territoires sont directement concurrencés par la quatrième couronne. On met 45 minutes pour aller en TGV de Reims à Paris et on peut travailler dans le train. Essayez de bosser dans le RER D… »

« Les lycées, la région ne sait pas faire »

« La réorganisation territoriale passe par la spécialisation des compétences. La clause de compétence générale, voilà l’ennemi. Quand on pense qu’à Versailles, vous avez le comité régional du tourisme et quelques rues plus loin, le comité départemental du tourisme. On y vend de la même façon le château, seules les plaquettes sont différentes. Quel gâchis… Quand elles atteindront les 500 000 ou les 600 000 habitants, les grandes agglomérations pourront absorber les compétences sociales. Je ne suis pas pour autant favorable à la suppression du département. Cet échelon doit être celui de l’éducation. Les lycées, la région ne sait pas faire. Une vice-présidente l’a reconnue. Le maire socialiste de Ris-Orangis organise même des manifestations contre l’inaction de la région ! »

« On n’en est même plus à l’os, mais à la moelle »

« La baisse des dotations, c’est le sens de l’histoire. Mais je ne comprends pas pourquoi les collectivités contribuent à hauteur de 25 % de l’effort budgétaire, alors qu’elles représentent seulement 9 % de la dette. A cause de cette injustice, 1 000 communes sont déjà mises sous tutelle. Pour les autres, cela ira très vite. On en est même plus à l’os, mais à la moelle. Que va-t-on faire ? Taper dans la tarification ? Je rappelle simplement à l’Etat que certaines de nos compétences naturelles n’ont rien de légales. Si un maire veut supprimer une cantine scolaire, il peut tout à fait le faire. »

« Les vieux, ça ne coûte pas cher »

« La première solution, c’est de revoir les modes de calcul des dotations. Aujourd’hui, le seul critère, c’est la pauvreté de la population. C’est oublier que les communes qui bénéficient de cela accueillent parfois de nombreuses entreprises et bénéficient parfois depuis longtemps de crédits issus de la politique de la ville. Non, selon moi, le bon critère, c’est la moyenne d’âge. Il est temps de comprendre que pour les communes, les vieux, ça ne coûte pas cher. On leur organise un petit voyage, un repas des anciens et, puis, voilà. Alors qu’une crèche ou une école, c’est autre chose. »

« Je réfléchis sérieusement à une commune nouvelle »

« On est dans le mur et dans la merde. C’est un joli challenge pour les élus de ma génération. Tout est à reconstruire. Pour maintenir le poids de nos territoires dans les grandes agglomérations et obtenir un niveau acceptable de dotation, il y a une solution : la commune nouvelle. J’y réfléchis très sérieusement pour Courcouronnes. Hervé Marseille y songe aussi pour Meudon et les villes qui l’environnent. Plutôt que de mener un combat perdu d’avance en faveur du maintien des dotations de nos communes actuelles, nous entrons dans une dynamique. Il faut maintenant lever le clapet des 10 000 habitants. Il faut autoriser les communes nouvelles au-delà de ce seuil. Il me paraît important que les populations soient davantage associées. La règle de base, pour moi, c’est le référendum. »

Haut de page

Cet article est en relation avec

0

Commentaire

Réagir
Publicité
Publicité

Télécharger
l'appli!

En savoir plus

Formations d’experts

Mots-clés

Thèmes abordés Grand ParisIntercommunalitéRéforme territoriale

0 Commentaire

Ajouter un commentaire
  1. Ajouter un commentaire

      Votre e-mail ne sera pas visible

    Conformément à la loi "Informatique et libertés" du 6 janvier 1978, vous pouvez accéder aux informations vous concernant, les rectifier ou vous opposer à leur traitement et à leur transmission éventuelle à des tiers en écrivant à : Groupe Moniteur - 17, rue d'Uzès 75018 Paris cedex 02 ou en cliquant ici.