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Fonction publique territoriale

DG de départements : vers un mercato record

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

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Foule © Fotolia

Dans certains territoires qui ont basculé de gauche à droite, comme l’Eure ou l’Oise, des présidents ont d’ores et déjà annoncé l’arrivée d’un DGS. Parmi les heureux élus, des préfets proches de l’ancien pouvoir sarkozyste.

 

Le scrutin départemental donne le tournis aux équipes de direction générale. A l’issue du troisième tour, 28 départements ont changé de bord politique, 50 de présidents. Sans compter les chefs d’exécutifs restés en place qui envisagent de chambouler leur organigramme… Autant de bouleversements qui présagent d’un mercato intense parmi les emplois fonctionnels occupés par les directeurs généraux des services et leurs adjoints. Autant de chambardements qui auront, fatalement, un effet domino.

Pour l’heure, chacun est sur le qui-vive. Les cadres territoriaux proches de l’UMP lorgnent surtout « le carré magique », ce quadrilatère composé des quatre départements millionnaires en habitants arrachés à la gauche. Les Bouches-du-Rhône, l’Isère, le Nord et l’Essonne aimantent les regards. Les DGS de droite issus de départements plus petits sont sur les starting-blocks. Rien n’indique pourtant qu’ils rafleront la mise.

Les grands commis de l’Etat sur le coup

Les hauts-fonctionnaires venus de l’Etat restent, en effet, fort influents dans la sphère départementale. Certains sous-préfets, proches de l’UMP, ont vu leur ascension freinée par l’arrivée de la gauche. En attendant une éventuelle alternance en 2017, ils regardent avec les yeux de Chimène les postes de direction générale dans les gros départements. Mais pas seulement.

« La plupart des départements offrent des moyens d’intervention encore supérieurs à l’Etat. Diriger plusieurs milliers d’agents et gérer des budgets de plusieurs centaines de millions d’euros pendant trois ou quatre ans, permet de diversifier sa carrière », rappelle Guy Carrieu, le DGS de la Marne présidée par René-Paul Savary (UMP).

Pour les nouveaux maîtres des conseils départementaux, les fonctionnaires d’Etat peuvent, en sus, offrir une garantie de souplesse. « Il est facile de mettre fin à leur détachement », relève Guy Carrieu.

Les nouveaux présidents choisiront-ils des énarques au détriment des administrateurs territoriaux ? Il est trop tôt pour le dire. Mais si tel était le cas, il faudrait, selon l’administrateur territorial et DGS du Loiret, Jean-Charles Manrique, s’interroger sur une fusion entre l’INET et l’ENA…

Des places au chaud en attendant 2017

Pour l’heure, deux grands commis de l’Etat proches de l’ancien pouvoir ont trouvé chaussure à leur pied. L’ancien préfet sarkozyste, Pierre Monzani va tenir les rênes des services de l’Oise. Un département désormais présidé par un proche de Brice Hortefeux, Edouard Courtial (UMP).

Dans l’Eure aussi, la messe est dite. Le nouveau et jeune président Sébastien Lecornu change de DGS. L’heureux élu : Philippe Gustin. Ce préfet présente également un profil politique. Il a, notamment, été directeur général de l’UMP entre juin et décembre 2014. Il a également dirigé le cabinet de Luc Chatel au ministère de l’Education nationale.

Le mercato ne s’arrêtera pas là. Bien que déjà casé, Pierre Monzani se montre fort entreprenant. Cet ancien collaborateur de Charles Pasqua garde en effet ses responsabilités de directeur de l’Association de soutien pour l’exercice des responsabilités départementales et locales (ASERDEL), le club des départements de droite. A ce titre, il joue les centres de ressources humaines, répondant aux sollicitations des présidents.

« Force est de constater que les socialistes ont fortement politisé les administrations départementales… Or, il nous faut des administrations qui embraient sur le changement politique », juge Pierre Monzani.

Un marché florissant

Un point de vue loin de faire de l’unanimité. Pour certains observateurs du « mercato », les directions générales des départements se caractérisent, au contraire, par une politisation moins forte que dans les grandes villes et les intercommunalités. « Le département est une collectivité technique au bon sens terme », juge, ainsi, l’ancien DGS de Montpellier, Jules Nyssen. Une vision que ne partage pas complètement le praticien Jean-Charles Manrique, DGS du Loiret présidé par Hugues Saury (UMP). Mais pour lui, « le lien entre les services et les élus est moins fort que dans les communes ».

Quoiqu’il en soit, le marché s’annonce actif. Et florissant pour les cabinets de consultants, proches de la droite. Parmi eux Fursac, Anselin & Associés. Dans ce cabinet œuvre Hugues Anselin, cheville ouvrière de la campagne de Nicolas Sarkozy à la présidence de l’UMP et ex-dircab de Rachida Dati à la mairie du VIIème arrondissement.

A contrario, la moisson devrait être plus maigre pour Progress, le cabinet spécialisé dans le recrutement de cadres de gauche. Une structure dans laquelle œuvrait jusqu’en 2012, l’actuelle éminence grise de Manuel Valls, Yves Colmou.

Des manières plus urbaines

Cependant, les fidélités politiques ne constituent pas forcément le premier critère de choix. « Pour les directeurs généraux des services, le devoir de loyauté et la continuité du service public ne sont pas des vains mots », rappelle volontiers Jules Nyssen. Aussi, recommande-t-il à tous les présidents nouvellement élus, de procéder à un état des lieux avant de prendre toute décision.

Une approche qui, dans la plupart des cas, sera privilégiée selon Jean-Charles Manrique. « Il y aura plus de réflexion, d’humanité et d’approche progressive que lors du basculement des régions en 2004 », avance le DGS du Loiret. « Il s’agit de cadres « A+ » qui ne se trouvent pas tout à fait dans la même situation que pour les municipales, c’est-à-dire confrontés à de nouveaux élus au comportement parfois primaire par méconnaissance », renchérit Patrice Girot, DGS de la communauté d’agglomération de la Vallée de Montmorency et vice-président du Syndicat national des DG des collectivités territoriales (SNDGCT).

« Les choses se passent généralement de manière plus urbaine. Il y a moins de pression, moins de rancœur qu’au niveau des communes, renchérit Stéphane Pintre, président du syndicat. Et nombre de ces dirigeants viennent de l’Etat ; certains retrouveront probablement leur corps d’origine. »

La mise en garde de l’ADT-INET

D’autres profitent du changement d’ère pour faire valoir leurs droits à la retraite. Tel serait le cas dans le Vaucluse, passé de gauche à droite, d’Alain Bartoli, président de l’Association des Directeurs Généraux des Grandes Collectivités (ADGCC).

Ailleurs, cela ne s’annonce pas toujours fluide. « Les associations professionnelles espèrent que les garanties prévues par l’article 53 de la loi du 26 janvier 1984 sur la fin de détachement sur emploi fonctionnel seront respectées », prévient tout de même Claude Soret-Virolle, présidente de l’ADT-Inet (Association des dirigeants territoriaux et anciens de l’Inet).

« Ces élections confirment aussi le fait que les élections locales sont de moins en moins locales, ce qui déteint sur les équipes de fonctionnaires », déplore Stéphane Pintre qui évoque un « grand gâchis ».

« Nous avons tendance à avoir un raisonnement corporatiste, admet Claude Soret-Virolle mais il ne faut pas oublier les agents, qui doivent être accompagnés dans ces périodes d’instabilité institutionnelle génératrices de stress. »

 

Les choses ne traînent pas en Corrèze

En Corrèze, on aime les hommes de droite pressés. Le nouveau patron (DVD) du conseil départemental, Pascal Coste ne faillit pas à la règle. Dès le 8 avril, il a annoncé l’arrivée d’une future DGS : Patricia Buisson. Directrice générale adjointe durant le règne de la droite avant 2008, celle-ci a aussitôt intégré le cabinet de président. L’actuel DGS Dominique Ceaux, proche de François Hollande – il est marié à la député socialiste Sophie Dessus qui a succédé au Président de la République dans la 1ère circonscription de Corrèze – est sur le départ. Ce sous-préfet devrait quitter les lieux avant la fin du mois d’avril. Si tout cela va un peu trop vite à son goût, Dominique Ceaux dit n’avoir subi « ni vexation, ni traumatisme » : « Je ne suis pas dans une logique contentieuse ». « Je ne me voyais pas mettre en œuvre les orientations de la nouvelle majorité », confie-t-il. Dominique Ceaux n’aurait rien contre un nouveau poste en collectivité. Mais « devant les difficultés du mercato territorial », il devrait retrouver son administration d’Etat.

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  1. 1. sylma 20/04/2015, 19h11

    on doit faire des économies au niveau de l'état.Combien coute ces DGS?

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