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Élections

Elections départementales 2015 : l’alternance chamboule les services

Publié le • Par • dans : A la une, France

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demenagement UNE © Travis Crawford / Flickr CC

Dans les 27 départements qui basculent de gauche à droite, les agents sont sur le qui-vive. Mini tour de France dans l’Essonne, les Côtes-d’Armor, la Creuse et les Bouches-du-Rhône.

 

« En rupture avec les socialistes, nous proposons de mettre en œuvre une gestion rigoureuse et responsable, en engageant notamment la règle du non-remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite dans les conseils départementaux » : l’argumentaire de l’UMP durant la campagne se voulait clair. Mais comment va-t-il se traduire dans les services ? Telle est la principale interrogation des agents concernés.

Cure de rigueur dans l’Essonne

Dans l’Essonne, certains collaborateurs du président socialiste, Jérôme Guedj avaient déjà fait leurs cartons entre les deux tours. Et depuis l’élection de François Durovray (UMP), le 2 avril, les 4 500 agents du conseil départemental retiennent leur souffle. La campagne a été rude. La nouvelle majorité n’a pas caché ses intentions de tailler dans les dépenses de gestion. « Avec les rentrées d’argent en baisse, nous reverrons les interventions dans les domaines qui ne sont pas les nôtres, les dépenses de communication, la culture », avait déclaré au journal en ligne Essonne-Info Dominique Echaroux (UMP), réélu dans le canton de Dourdan.

François Durovray a promis un audit des comptes. « Tout le monde est dans l’attente », explique Chantal Brault, la secrétaire générale de la CGT du conseil départemental. Aurélie Gros, la nouvelle vice-présidente chargée de la culture, du tourisme et de la coopération décentralisée, a d’ores et déjà annoncé que la politique culturelle, « compétence importante », serait « réorganisée » et « certains projets (…) peut-être arrêtés ». Pour autant, selon un fonctionnaire des services sociaux, « beaucoup d’agents se sont réjouis que la gauche ne soit plus à la tête du conseil départemental ». Tous n’étaient pas satisfaits de de Jérôme Guedj, dont ils jugeaient la gestion parfois éloignée de son positionnement à l’aile gauche du PS. En 2012, le président avait fait face à un mouvement de grève lors de la réorganisation des services sociaux et notamment des maisons des solidarités. François Durovray, qui a déjà parlé de pousser encore plus la coordination entre ces structures et les centres communaux d’action sociale, devra donc avancer avec précaution. Il devra tout d’abord régler un conflit au sein du service départemental de secours et d’incendie (SDIS), déclenché par la CGT en mars ; les pompiers contestent la baisse du budget du SDIS et l’application de nouvelles normes européennes de décompte du temps de travail.

Le nouveau président en profitera-t-il pour changer de directeur général des services ? Fabien Tastet, président de l’Association des administrateurs territoriaux de France, occupe la fonction depuis 2012. Il a été la cheville ouvrière d’expérimentations dans le domaine de l’innovation sociale et de la participation des agents. Avec l’arrivée de la nouvelle majorité, son sort ne tient plus qu’à un fil.

Discours rassurant dans les Côtes-d’Armor

D’ici là, les vainqueurs de mars 2015 auront trouvé leur rythme de croisière. D’ores et déjà, les discours envers les cadres départementaux proches des anciennes majorités se veulent rassurants. « Il n’y aura pas de chasse aux sorcières » : Alain Cadec (UMP), le président du conseil départemental des Côtes-d’Armor n’a de cesse de le répéter. Depuis 1976 et la fin du règne de René Pleven, le département a été dirigé par le socialiste Charles Josselin puis par le leader de l’assemblée des départements de France, Claudy Lebreton (PS), qui ne se représentait pas. Alain Cadec a annoncé deux audits, l’un financier et le second sur le fonctionnement de la collectivité. « Je ne vais pas appliquer la même politique que mon prédécesseur, j’ai besoin des audits pour savoir jusqu’où je peux aller », explique-t-il.

« C’est habituel quand il y a une alternance, observe Romain Rollant, le directeur général des services. Il va falloir expliquer la démarche, pour qu’il n’y ait pas de suspicion d’un côté comme de l’autre. » Jusqu’à septembre 2014, Romain Rollant était directeur du cabinet de Claudy Lebreton après avoir travaillé auprès de Laurent Fabius et Pierre Maille, ancien président socialiste du conseil général du Finistère. « Je connais Alain Cadec. On ne s’est pas choisis et je ne sais pas si notre binôme va fonctionner dans la durée, poursuit-il. J’occupe un poste qui implique le respect de la fonction des élus, la loyauté envers les électeurs et la neutralité du service public. » Depuis l’élection, il enchaîne les briefings avec Jonathan Gainche, le directeur de cabinet d’Alain Cadec. Tous deux fort jeunes, ils œuvrent, en bonne intelligence. Dans les services, Alain Cadec semble avoir les coudées franches. Selon des indiscrétions parues dans Ouest France, les agents étaient tantôt satisfaits, tantôt soulagés de voir aux manettes de la collectivité un élu « sympa », « qui a son franc-parler » et dont ils attendent « un souffle d’air frais ». « Je suis un gaulliste social, rappelle le président, je suis attaché au service public et je sais que dans certains services, les agents ne se sentent pas bien. »

Rupture dans la Creuse

Dans la Creuse, l’arrivée de Valérie Simonet (UMP) en lieu et place de Jean-Jacques Lozach (PS) marque une nouvelle ère. La nouvelle présidente a prononcé un discours d’intronisation musclé dans lequel elle a pointé « un certain nombre de dérives ». « Selon le ministère des Finances, la Creuse est le département dont les dépenses de fonctionnement ont le plus augmenté en France avec plus de 25,1% d’augmentation entre 2011 et 2014 », a-t-elle pointé. La nouvelle présidente y a invité chacun à se mettre « le plus rapidement possible au travail afin d’œuvrer au redressement du département ». « Nous savons que dans ce cadre, nous pourrons compter sur l’expérience et les compétences de tous les agents de notre collectivité », a-t-elle toutefois tempéré.

Interrogé par La Gazette durant la campagne, Valérie Simonet souhaitait « décentraliser le conseil général » « Moins de personnel au siège, plus sur le terrain afin de mettre en place davantage d’actions de proximité », scandait-elle. Le sortant, Jean-Jacques Lozach affirmait avoir « serré la vis » : « Nous avons cessé tout recrutement, sommes passés de quatre pôles administratifs à trois, avons entamé mutualisations et restructurations. »

Les Bouches-du-Rhône dans l’attente

Dans les Bouches-du-Rhône, la défaite de Jean-Noël Guérini (divers gauche) après dix-sept ans de règne, marque un changement d’époque. Mais les quelque 7 000 agents que compte l’administration départementale ne semblent pas inquiets de l’arrivée de Martine Vassal (UMP). Dans un entretien accordé à « La Provence » le 27 mars, l’ex-adjointe au maire de Marseille montre patte blanche. « Je prends l’exemple de Jean-Claude Gaudin en 1995. A son arrivée à la mairie, il n’a pas coupé les têtes. Et puis j’ai prôné le collectif pendant toute la campagne, ça va continuer », assure la nouvelle présidente du département.

« Dans un premier temps, la nouvelle majorité pourra difficilement se passer des directeurs généraux en place, parie un cadre de l’institution. D’autant que globalement, ils ne sont pas liés au président Guérini ». « Des embauches de secrétaires ou de chauffeurs ont contribué à asseoir le système, nuance Rémy Bargès, l’ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini à l’origine de certaines révélations sur le président déchu. Mais la majeure partie de ces personnels fait bien son travail. » Chez Force ouvrière, le syndicat majoritaire, on reste prudent. « Nous ne connaissons pas encore les intentions de la nouvelle équipe, avance le secrétaire général permanent, Nicolas Valli. On n’attend pas de cataclysme, mais les agents ont évidemment des inquiétudes sur les acquis sociaux, comme sur l’avenir du conseil général avec la mise en place de la métropole ».

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Thèmes abordés DécentralisationDémocratie localeElections

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  1. 1. manava 08/04/2015, 21h33

    bonsoir,
    c'est bien écrit : les nouveaux conseils départementaux géreront des budgets de crise les obligeant à mutualiser leurs services et à se réduire à leurs compétences dévolues par la loi ; c'est une bonne chose cette alternance dans les Côtes d'Armor...
    à plus rendez vous en 2020 pour voir si le Département disparaitra ...

  2. 2. manava22 08/04/2015, 21h23

    bonsoir, c'est dit : les nouveaux présidents et leur majorité vont gérer des budgets de crise ; ils seront obligé de gérer les compétences données par la loi et rien que compte tenu du manque de crédits publics ; mais, nous, fonctionnaires départementaux, seront loyaux et respectueux de la démocratie ; dans les Côtes d'Armor, cependant, un changement de majorité ne peut être que positif après trente neuf ans de couleur rose en haut à gauche...

  3. 3. Albert 08/04/2015, 16h33

    pour un chamboulement, c'est réussit. cela montre que notre démocratie Française fonctionne bien. à une élection la couleur bleu remplace la couleur rouge-rose, et à l'élection suivante c'est la couleur rouge-rose qui l'emporte et le bleu disparait de la carte. il est vrai que lorsque l'on a un emploi fonctionnel, cela n'est pas facile du tout. soit on se fait couper la tête, soit on est confronté à un autre casse-tête: ou va t on trouver une place, un emploi?
    notre République invite à un équilibre.
    virer tous les cadres, même intermédiaires, la nouvelle équipe en place perd "l'historique du territoire" d'un coup, et se fragilise elle même.
    garder les mêmes à tous les niveaux, le nouvel exécutif ne peut pas placer ses cadres, et peut avoir une méfiance face à ses propres agents, alors que ce sont eux qui font le travail.
    tout cela est complexe. nos élus avec leurs réseaux multiples arrivent à trouver des solutions qu'eux seuls connaissent, cela fait parti de leurs domaines de compétences. sur le fond, notre administration territoriale continue de bien fonctionner et ces agents gardent leurs compétences.

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