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Lutte contre l'exclusion

Hébergement d’urgence : un tout petit pas vers la fin de la gestion « au thermomètre »

Publié le • Par • dans : A la une, France

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Le maintien annoncé de 2 000 places hivernales est loin d'être suffisant face à l'ampleur du problème de l'hébergement d'urgence. Le maintien annoncé de 2 000 places hivernales est loin d'être suffisant face à l'ampleur du problème de l'hébergement d'urgence. © J. SAGET - AFP

Le gouvernement s'est engagé le 31 mars sur le maintien de 2 000 places hivernales. On est, cependant, encore loin du compte : selon la Fnars, 57 % en moyenne des demandes d'hébergement d'urgence n'ont pas pu trouver de solution cet hiver.

 

En cette fin de trêve hivernale, une bonne nouvelle est venue éclaircir un horizon particulièrement sombre. La ministre du Logement, Sylvia Pinel, a annoncé le 31 mars la création ou la pérennisation de 2 000 places hivernales sur les 8 000 activées cette saison, en indiquant « qu’il ne doit y avoir aucune remise à la rue sans accompagnement et que tout doit être fait pour assurer la continuité de la prise en charge des personnes ».

40 000 nuitées hôtelières à résorber

Florent Guéguen, directeur général de la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (Fnars), qui relaie la voix du Collectif des associations unies pour une nouvelle politique du logement, se « félicite » de cet engagement, perçu comment « une première étape positive vers la fin de la gestion au thermomètre de la grande exclusion ».

Cette pérennisation vient s’ajouter au plan de fin des nuitées hôtelières – création, en trois ans, de 13 000 places dans des dispositifs alternatifs pour tenter de résorber 40 000 nuitées hôtelières annuelles -, enclenché début février 2015. Le bilan de la deuxième année du Plan national de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale, diffusé fin janvier, avait alerté sur le retard pris en matière d’amélioration de l’hébergement d’urgence.

Lire aussi : Bilan du plan de lutte contre la pauvreté : avancées nationales, retards dans les territoires

Mais ces 2 000 places sont à rapporter à l’ampleur de la problématique : tout au long de cet hiver, selon les baromètres régulièrement effectués par la Fnars (étude menée sur 37 départements plus Paris), 57 %, en moyenne, des demandes d’hébergement d’urgence n’ont pas pu trouver de solution, et 6 000 des 8 000 places seront donc bel et bien fermées. Un décompte qui laisse encore des milliers de personnes à la rue.

Conditions pour un travail social de qualité

De plus, les associations ne savent pas, pour l’heure, si l’enveloppe dédiée aux places maintenues leur permettra d’assurer un travail social de qualité, seul garant d’une amélioration de la situation à long terme. « En hiver, l’accueil peut se résumer à un lit de camp dans un gymnase avec obligation de quitter les lieux au matin. Si c’est ce genre de solution qui est retenue, il sera alors impossible de mettre en place une relation », souligne Florent Guéguen.

Les acteurs de terrain demandent expressément que ces places permettent aux personnes de bénéficier de prestations « assurant le gîte, le couvert, l’hygiène, une première évaluation et un accompagnement permettant une sortie vers les solutions plus durables », des points sur lesquels le ministère ne s’est pas précisément prononcé.

Les collectivités territoriales à la rescousse ?

L’inquiétude est particulièrement forte en région parisienne, notamment dans les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-d’Oise, qui concentre le plus grand nombre de personnes sans abri. A ce jour sur Paris, « 800 places sont menacées de fermeture d’ici à la fin du mois de juin », s’alarme le Collectif des associations unies. « Le fort de Nogent, géré par l’Armée du salut, qui a abrité cet hiver 120 personnes, doit fermer ses portes à la demande du ministère de la Défense. Nous craignons que les personnes n’aillent directement, comme les printemps précédents, trouver refuge dans le bois de Vincennes », relève Florent Guéguen.

Pour résoudre, enfin, les difficultés de l’hébergement d’urgence, le directeur général de la Fnars souligne que les collectivités peuvent, « elles aussi », apporter leur contribution, notamment en confiant aux associations la gestion d’immeubles et de locaux inoccupés.

L’USH expérimente les « logements accompagnés »

En février 2015, l’Union sociale pour l’habitat (USH) présentait le premier bilan de ses « logements accompagnés ». Lancée en 2013, l’expérience, menée en partenariat avec l’Etat dans le cadre du pacte d’objectifs et de moyens pour le logement, a permis à 900 ménages, issus de publics fragiles (troubles de santé mentale, personnes à la rue, sortants de prison…), d’accéder à un logement social ou de se maintenir dans leur logement.

Pour assurer cet accompagnement ciblé, les bailleurs s’appuient sur les associations locales. Si l’expérience a permis de faire naître de nouveaux partenariats, l’USH pose déjà la question de la pérennisation de son financement, espérant trouver « un relais auprès des acteurs locaux », dont les collectivités, tout en soulignant que cette question « reste un point d’incertitude ».

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  1. 1. mathem18 02/04/2015, 09h14

    Les expérimentations telles que "les logements accompagnés" de l'USH doivent être pérennisées.

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