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Elections

Elections départementales 2015 : l’heure de la cohabitation territoriale

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

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Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDi, le 30 mars lors d'une conférence de presse commune. Nicolas Sarkozy, président de l'UMP et Jean-Christophe Lagarde, président de l'UDi, le 30 mars lors d'une conférence de presse commune. © K. Tribouillard - AFP

La victoire de la droite lors du scrutin des 22 et 29 mars ouvre une nouvelle ère entre un pouvoir central resté aux mains du PS et des collectivités territoriales désormais acquises à l'opposition nationale. De quoi changer la face de la réforme territoriale ?

 

L’échange, lunaire, est gravé dans les mémoires. « Quelle couleur préférez-vous pour le mur ? », avait demandé Jean-Pierre Elkabach à André Vallini, le 13 mai dernier. Réponse interloquée du secrétaire d’Etat à la réforme territoriale : « Quel mur ? ». « Le mur sur lequel va se fracasser votre réforme territoriale », l’avait éclairé l’intervieweur matinal d’Europe 1.

La prophétie prend tout son sens aujourd’hui. A l’issue du scrutin des 22 et 29 mars, la gauche est KO. Sous réserve de confirmation lors de l’élection des présidents, le 2 avril, elle perd environ la moitié de ses 61 départements. Dans l’Isère qu’il a dirigée entre 2001 et 2013, André Vallini n’a rien pu faire. Son département passe à droite. Lot de consolation : le secrétaire d’Etat conserve son canton haut la main.

Son collègue Patrick Kanner, ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, connaît le même sort dans le Nord. Ségolène Neuville, secrétaire d’Etat aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion, est plus heureuse : ses Pyrénées-Orientales restent à gauche.

La désillusion de Claudy Lebreton – Au-delà de leurs fortunes diverses, ces trois conseillers départementaux pas comme les autres devraient conserver leur place au Gouvernement. En effet, parmi les têtes de pont de l’exécutif, personne n’échappe au vote-sanction. La Corrèze de François Hollande, l’Essonne de Manuel Valls, la Seine-Maritime de Laurent Fabius et l’Indre-et-Loire de Marisol Touraine virent au bleu. Il en est de même pour l’ancien fief de Ségolène Royal, les Deux-Sèvres.
Les Bouches-du-Rhône, à gauche depuis 1953, ne résistent pas non plus à cette lame de fond.

En dehors du Sud-Ouest au sens large, la nationalisation du scrutin emporte presque tout sur son passage. Principalement due au renouvellement intégral des nouveaux conseils départementaux, elle se traduit par des pertes en chaîne.

Les Côtes-d’Armor, solidement ancrées à gauche depuis 1976, basculent à droite. Une cruelle désillusion pour le président de l’Assemblée des départements de France (ADF). Certes, Claudy Lebretron (PS) ne se représentait pas. Il avait fait connaître dès la fin des années 2000 son désir de passer la main. Mais il avait mouillé la chemise durant la campagne. Rien n’y a fait.

Haro sur l’assistanat ! - La vague bleue a été trop forte pour les personnalités les plus enracinées. Les plus entreprenantes aussi. Deux des promoteurs du manifeste des Nouvelles Ruralités, les présidents de la Creuse Jean-Jacques Lozach (PS) et de l’Allier, Jean-Paul Dufrègne (PCF), sont pris dans la déferlante.

Ici et là, la gauche déjoue les pronostics. Elle garde dans son giron l’Hérault, la Meurthe-et-Moselle, la Seine-Saint-Denis et le Val-de-Marne. Grâce à ces succès, elle se hisse au-dessus de son étiage de 1992 (Environ 30 départements contre 23).

La victoire de l’UMP, de l’UDI, du MODEM et des « Divers droite » n’en demeure pas moins incontestable. Après les municipales de mars 2014 et avant même les régionales de décembre 2015, ces départementales marquent le basculement d’une majorité de grandes collectivités de gauche à droite. Un bras de fer se profile entre le pouvoir central et les élus locaux. En jeu : une certaine idée des collectivités.

Nicolas Sarkozy entend serrer la bride de ses élus départementaux. « Nous mettrons fin aux dépenses inutiles. Nous maitriserons les impôts. Nous lutterons contre l’assistanat. Nous donnerons toujours la priorité au développement économique », a martelé, le patron de l’UMP, au soir du 29 mars.

L’UMP pour la fusion avec les régions – L’ancien chef de l’Etat le sait : les conseils départementaux se trouvent au bord de l’asphyxie. Une fois que leurs guichets ont distribué les allocations légales obligatoires (L’allocation personnalisée d’autonomie, la prestation de compensation du handicap et le revenu de solidarité active), il n’ont plus grand-chose à offrir…

Symbole d’un assistanat honni, les département n’a guère la côte à droite. Malgré son mini-règne à la tête du conseil général des Hauts-De-Seine (2004-2007), Nicolas Sarkozy ne leur a jamais manifesté une affection démesurée.

Partisan, durant son mandat élyséen, du conseiller territorial né de la fusion des mandats départementaux et régionaux, il veut passer à la vitesse supérieure. Pour lui, « nous ne pouvons plus continuer à accumuler les niveaux d’administration ». « C’est aux Français et à personne d’autre de se prononcer sur la fusion des conseils généraux et des conseils régionaux », s’est prononcé Nicolas Sarkozy dans son discours de Lambersart (Nord), le 25 septembre.

Un président prêt à se faire hara-kiri – Une voie déjà tracée par son prédécesseur à la tête de l’UMP. « L’économie ainsi réalisée par la réduction des effectifs et des dépenses est estimée à plus de 10 milliards d’euros, selon une étude réalisée par la fondation Ifrap », mettait en avant Jean-François Copé, dans une interview publiée le 17 janvier dans Le Parisien Magazine. Un propos consensuel parmi les hiérarques de l’UMP.

Ainsi, Bruno Le Maire prône le transfert des compétences sociales départementales aux nouvelles super-régions. Xavier Bertrand, tête de liste UMP aux régionales dans le grand ensemble Nord-Pas-de-Calais / Picardie tient, peu ou prou, le même discours.

A l’UDI, les apôtres de la fusion département-région sont aussi légion. Parmi eux, le président sortant du Loir-et-Cher. « Je suis un crocodile qui rentre chez le maroquinier », plaisante volontiers Maurice Leroy (UDI).

Le retour du conseiller territorial – Est-ce à dire que les nouveaux hommes forts des départements se contenteront de gérer les affaires courantes ? Pas si simple. Un mandat renforce souvent l’attachement à un échelon… Les élus départementaux de droite sont partagés. Aussi, beaucoup se contenteraient du plus dénominateur commun : le conseiller territorial.

« C’est la bonne solution. Le conseiller territorial permet l’harmonisation entre échelons, tout en réduisant le nombre d’élus », abonde le monsieur « Elections départementales de l’UMP », le sénateur du Loiret, Eric Doligé. Une position que partage le chef de file des députés UMP sur la réforme des collectivités, Hervé Gaymard.

Les patrons de départements de droite veulent profiter de leur avantage lors de la seconde lecture, au Parlement, du projet de loi portant Nouvelle organisation territoriale de la République. Un examen qui débutera à la mi-mai au Sénat.

Un nouveau président pour l’ADF

La large victoire de la droite ne laisse planer aucun doute : l’Assemblée des départements de France (ADF), présidée depuis 2004 par le socialiste Claudy Lebreton, va tomber dans l’escarcelle de l’opposition nationale. Au point de se transformer en machine de guerre anti-gouvernementale ?
« Claudy Lebreton qui, malgré plusieurs tentatives, n’a jamais réussi à se faire élire sénateur, ne faisait pas le poids. Sur la suppression des départements, il s’est laissé endormir », tranche, le « Monsieur élections départementales de l’UMP », Eric Doligé. Le sénateur, qui ne se représente pas à la présidence du Loiret, s’intéresse de près à la future gouvernance de l’ADF.

« J’ai sollicité un certain nombre de personnalités sur leurs intentions. Pour moi, le président de l’Assemblée des départements de France devra être un président sortant, parlementaire et indépendant. Il ne devra pas prendre ses ordres rue de Vaugirard (NDLR : où se situe le siège du parti sarkozyste) et tenir bon face au gouvernement », énonce Eric Doligé.

Est-ce à dire que l’ADF pourrait être présidée par une personnalité extérieure à l’UMP ? Tout dépendra du rapport de force parmi les présidents élus le 2 avril. Si les UDI et les Divers droite parvenaient à s’entendre, ils pourraient emporter la mise.

Parmi les hypothèses qui circulent, revient le nom de François Sauvadet. Le président sortant de la Côte-d’Or s’est montré particulièrement actif sur les dossiers départementaux depuis 2012. A l’Assemblée, il a porté le fer contre les binômes paritaires.

Maurice Leroy en embuscade ? - Le député et président (UDI) du Loir-et-Cher n’a pas été en reste. Maurice Leroy a notamment dépêché son « dircab », Pierre Monzani, afin de diriger l’Association de soutien pour l’exercice des responsabilités départementales et locales (ASERDEL). Sous l’égide de cet ancien conseiller de Charles Pasqua, l’ASERDEL est sortie de sa léthargie. Elle s’est transformée en ADF bis, dressée contre les desseins de l’exécutif.

Anciens ministres de Nicolas Sarkozy, François Sauvadet et Maurice Leroy apparaissent UMP-compatibles. Hommes de réseau, ils ont toujours gardé un œil sur l’ADF. Pour l’heure, aucun des deux n’a, cependant, fait acte de candidature, François Sauvadet n’excluant pas de se porter tête de liste aux régionales de décembre dans le grand ensemble Bourgogne / Franche-Comté.

L’élection à la présidence de l’Assemblée des départements de France se déroulera à la mi-mai.

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  1. 1. Ifrap 31/03/2015, 09h51

    J'ai toujours été frappé par les chiffres avancés par les uns comme par les autres concernant les économies qui seront faites si on lance telle ou telle action.
    Mais les faits démontrent chaque jour que ces évaluations sont très souvent... fausses.

    Comment imaginer, dès lors qu'un besoin existe, que la disparition d'un échelon va diminuer le coût de cette action ?

    Bien entendu la solution préconisée est la réduction du nombre de fonctionnaires. Mais comment imaginer qu'en réduisant ce nombre on va maintenir la qualité de la prestation ?
    La démonstration en est faite avec les hôpitaux, les maisons de retraites, les crèches... Concernant les crèches, il faut savoir que dans le cadre de crèches familiales, une personne ne peut pas s'occuper de plus de 3 enfants!!!

    Laisser décider le peuple peut également sembler un bon principe. Mais dans ce cas, il ne faut pas l'appliquer aux questions pour lesquelles, comme on le dit, la réponse est dans la question.

    Commençons d'abord par demander l'avis du peuple sur le nombre de sénateurs, de députés, de conseillers départementaux, régionaux, de maires et adjoints et de tous les présidents et vice-présidents de toutes les structures publiques; sans oublier les indemnités et autres compléments versés...
    Ensuite, quand l'exemple aura été donné au plus haut niveau, on pourra envisager de demander au Peuple quels regroupements envisager.

    Je suis très étonné que M. Sarkozy n'ait pas envisagé d'aborder cette question de manière plus générale (on pourrait aussi envisager de demander au Peuple quels sont les émoluments et autres avantages dont doivent disposer les anciens Présidents de la République!!!).

  2. 2. toto 31/03/2015, 09h43

    C'est ridicule, je ne vois pas en quoi transférer la gestion des aides sociales aux régions engendrerait des économies. Les aides sociales concernent d'ores et déjà beaucoup de dossiers, dans aucun des départements les agents qui gèrent ce type de dossier ne sont sous-employés pour permettre de supprimer des postes.

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