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Administrateur territorial : « Un jury déçu par le niveau des candidats du concours externe »

Publié le • Par • dans : A la Une RH, Actu Emploi, France, Toute l'actu RH

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INITIATIVE-PORTRAIT-LAPLANE © sebastien bozon

Pierre Laplane, directeur général des services de la ville et de l’eurométropole de Strasbourg, était le président du jury du concours d’administrateur de cette année. Il dresse pour La Gazette un bilan de la nouvelle promotion, et de son expérience, agrémentés de conseils pour les futurs administrateurs.

 

Quel est le bilan du concours d’administrateur, à l’issue duquel 51 candidats ont été retenus, pour 60 postes ouverts ?

Le bilan est quelque peu différencié. Nous avons utilisé la possibilité de préempter une partie des places du concours externe pour augmenter le nombre de lauréats du concours interne. Ce qui a pu être fait en préservant le niveau de reçus du concours externe au même niveau que la promotion précédente, pour laquelle le jury n’avait pas eu recours à cette option.

Le niveau, la motivation ainsi que la préparation des candidats du concours interne nous ont beaucoup satisfaits. Le nombre de fonctionnaires d’Etat, comme l’an dernier, est notable. Ces candidats n’ont pas forcément une grande connaissance du monde territorial mais ils nous ont, pour beaucoup, montré une vraie motivation.

Cinq personnes ont été reçues dans la catégorie de la troisième voie. Globalement, le bilan est là encore satisfaisant. On note comme l’an dernier une certaine diversité.

Le bilan est en revanche plus contrasté pour le concours externe. Des membres du jury ont exprimé leur déception quant au niveau des candidats, même si certains sont très bons. Un certain nombre d’entre eux s’étaient très peu documentés sur la FPT, ses spécificités, les relations aux élus et aux territoires. Ils nous ont montré qu’ils n’avaient pas assez réfléchi, pris contact avec des administrateurs territoriaux, etc.

Mais, au total, la moyenne générale du dernier reçu reste sensiblement similaire à celle du dernier reçu de la promotion précédente. Nous n’avons pas fait preuve d’un excès de sévérité.

Evidemment, nous avons aussi eu en tête le contexte plus contraint pour les collectivités, et une période sans doute plus difficile pour le recrutement. Nous avons pensé également aux changements que devraient connaître à moyen terme les collectivités, l’adaptation de leur organisation, la prise en compte du contexte financier, l’absence probable de remplacement de tous les administrateurs qui vont partir à la retraite, etc. En tant que membres du jury, la question de l’employabilité nous a habités, évidemment.

Nous avons aussi eu en tête le contexte plus contraint pour les collectivités, et une période sans doute plus difficile pour le recrutement.

Avez-vous tenu compte également du cas des candidats reçus l’année dernière qui n’ont toujours pas trouvé de poste ?

Nous y avons pensé, mais sans faire montre d’une sévérité accrue. Pour la promotion Simone-de-Beauvoir déjà, le nombre total de places n’avait pas été attribué. Avec 60 postes ouverts, il peut être tentant de laisser leur chance à des candidats ne présentant pas un niveau de maturité ou de préparation suffisant, mais est-ce leur rendre service s’ils rencontrent par la suite des difficultés ?

Quel bilan tirez-vous de l’épreuve de « mise en situation professionnelle » du grand oral ?

Cette épreuve vise à déceler les capacités de réaction, le sens pratique, les capacités à prendre des responsabilités, c’est-à-dire à analyser une situation et à avoir les bons réflexes, même s’il est évident qu’on les acquiert aussi avec l’expérience. Bien sûr, cette partie du concours peut être vécue de manière différente par les candidats du concours interne, qui ont pu déjà expérimenter les situations sur lesquelles nous souhaitons voir comment les candidats réagissent.

Quelles qualités l’administrateur de demain doit-il posséder ?

Il doit savoir développer une stratégie, pouvoir avoir une réflexion d’ensemble sur un sujet, travers les voies et moyens pour y parvenir. Il est nécessaire d’avoir une vision en somme, mais aussi évidemment un sens pratique. En bref, il faut savoir se projeter vers l’avenir et répondre au temps présent.

Les relations avec les élus revêtent aussi un caractère important. Un fonctionnaire territorial doit pouvoir s’épanouir professionnellement dans un partage de responsabilité avec les élus qu’il faut respecter, mais devant lesquels il s’agit aussi de montrer une capacité à défendre un point de vue, à prendre toute sa part au processus décisionnel.

Un administrateur doit, en outre, savoir mener des équipes, c’est-à-dire avoir un bon rapport aux autres, être dans une relation de confiance avec eux. La dimension humaine est un élément important qu’il faut pouvoir traduire dans ses postures professionnelles.

Enfin, la question de la résistance au stress n’est pas négligeable. Durant le grand oral, certains candidats ont montré une émotion devant les huit membres du jury, ce qui est normal, mais il faut savoir la maîtriser, s’en libérer. Dans une situation professionnelle quelle qu’elle soit, l’administrateur peut être confronté à des relations difficiles avec des élus, des collaborateurs, etc.

Un administrateur doit savoir mener des équipes, c’est-à-dire avoir un bon rapport aux autres, être dans une relation de confiance avec eux.

A titre personnel, pourquoi avez-vous accepté d’être président du jury ?

Cette expérience a été extrêmement vivifiante et riche. Cela permet de poser un regard sur sa profession, ses responsabilités, le service public, la manière dont ce dernier est rendu, etc. Ma carrière est déjà bien avancée ; il y a une sorte de témoin à passer. Une nouvelle génération donnera sa couleur. Mais dans le même temps, il est important qu’elle se nourrisse de l’histoire de ce cadre d’emplois et de la fonction publique territoriale. J’ai mesuré la responsabilité d’une telle mission, mais ce qui est important, comme dans toute prise de responsabilité, c’est qu’on n’est pas seul pour l’assumer !

Poser un regard sur sa profession, ses responsabilités, le service public, la manière dont ce dernier est rendu, etc.

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  1. 1. lambda 02/04/2015, 10h42

    Je trouve que les conditions de préparation en interne ne sont pas trés encourageantes: éloignement du centre de preparation (je crois que c'est Angers ou Amiens, alors quand on habite Marseille !), nécessité du soutien de sa collectivité, si elle le refuse -et rares sont celles qui ont cette générosité surtour dans le contexet contraint que nous connaissons- tout est à la charge du candidat : transports, temps de conges. Un peu dissuasif...

  2. 2. Adeubal 01/04/2015, 10h26

    Je m’interroge. Comment peut-on passer l'oral en étant "très peu documenté sur la FPT". C'est hallucinant! Des administrateurs, donc manager de haut niveau, qui passent le concours parce que bon..... pourquoi pas. Mais où est l'intérêt du service public et de la FPT pour ces gens ?

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