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Elections

Elections : le socialisme départemental a vécu

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

© D.R.

Jusqu’ici hégémoniques, les présidents de conseils généraux socialistes se retrouvent en fâcheuse posture à l’issue du premier tour du scrutin départemental du 22 mars 2015. Une cohabitation territoriale se profile entre un pouvoir central à gauche et un pouvoir local aux mains de la droite.

 
Manuel Valls vote dans l’Essonne, dimanche 22 mars 2015.

« Les conseils généraux ont vécu », avait lâché François Hollande, le 6 mai 2014. Une petite année plus tard, c’est, surtout, le règne du PS sur les conseils généraux qui a vécu. Y compris, peut-être, sur les terres présidentielles de Corrèze…

Plus que tout autre, un homme incarne cet échec : Yves Daudigny. Fortement pourvu en mandats, le sénateur et président (PS) du conseil général de l’Aisne est, pourtant, du genre enraciné. Et proche de ses électeurs : adepte d’un socialisme de proximité, cet ancien prof de physique a toujours son numéro dans l’annuaire. Aussi, malgré le raz-de-marée du FN sur ses terres aux européennes de 2014 (plus de 40 %), il espérait passer entre les gouttes. Manqué.

Le patron de l’Aisne prend le bouillon dès le premier tour du scrutin départemental. Relégué en troisième position ce 22 mars 2015, il se retire de la course. Le revers d’Yves Daudigny, élu dans sa collectivité depuis trois décennies et premier vice-président de l’Assemblée des départements de France (ADF), sonne comme un symbole.

Dommage collatéral de la loi « Valls » - Pour les socialistes, les résultats du 22 mars ont beau être un peu meilleurs qu’attendus, ils n’en demeurent pas moins cruels. La gauche, qui, depuis 1994, ne cessait de grappiller des conseils généraux à la droite, jusqu’à devenir majoritaire en 2004 et hégémonique en 2011, pourrait perdre la moitié de ses 61 départements (sur un total de 101). Voire plus.

La décision de renouveler intégralement les assemblées départementales et la règle du maintien au second tour des seuls candidats ayant obtenu plus de 12,5 % des inscrits au premier se retournent contre leurs auteurs. La loi « Valls » du 17 mai 2013 donne une couleur très nationale au scrutin.
Malgré une participation un peu moins calamiteuse que prévue (50,2 %), le Front National, dont l’implantation locale constitue le talon d’Achille, devance largement le PS (25 % contre 21 %). Deux actuels conseils généraux, l’Aisne et le Vaucluse, semblent à sa portée.

La gauche, dans son ensemble, pâtit de l’impopularité du pouvoir. Elle se retrouve à quelques encablures de son niveau historiquement bas des cantonales de 1992 : 37 % contre 34 %. Dès le premier tour, le Parti Socialiste est éliminé dans plus d’un quart des 2 054 nouveaux cantons. Grâce à leurs 29 % au premier tour, l’UMP et l’UDI devraient rafler la mise dans une très grande majorité de départements.

Nouveau plan social en perspective - Après la perte de 121 villes de plus de 15 000 habitants aux municipales de mars 2014, la défaite aux départementales va se traduire par un nouveau plan social. Les lendemains de vote seront rudes pour les collaborateurs des chefs d’exécutifs socialistes. Cette saignée pourrait se poursuivre à l’occasion des régionales de la fin de l’année.

D’ores et déjà, se profile une cohabitation territoriale entre un pouvoir central à gauche et un pouvoir local arrimé à droite. Les années « Sarkozy » à l’envers.

La face de la réforme territoriale en sortira-t-elle changée ? Après sa Bérézina dans les régions de 2004, la droite avait annulé la plupart des transferts accordés à ces collectivités. Plus loin dans le temps, au lendemain de municipales maussades en 1983, beaucoup de parlementaires socialistes voulaient mettre le « holà » sur la décentralisation. Face à eux, le Premier ministre Pierre Mauroy avait mis tout son poids dans la balance. Le Parlement s’était, in fine, montré fidèle à la trajectoire des premières lois « Defferre ».

Le monsieur « Réforme territoriale » à la peine - Au lendemain de ce premier tour, le secrétaire d’Etat à la réforme territoriale, André Vallini, n’est pas au mieux. Certes, l’ancien président (PS) du conseil général de l’Isère limite la casse dans son canton de Tullins. Avec sa chef de cabinet au secrétariat d’Etat, Amélie Girerd, il obtient 41 %. De quoi mettre son binôme en pôle-position pour le second tour. Mais la collectivité iséroise, au sein de laquelle André Vallini continue de jouer un rôle prééminent, devrait basculer de gauche à droite.

Dans le Nord, le PS est aussi dans de sales draps… Une grosse déception pour l’ancien président du département et candidat dans son canton, le ministre de la ville, de la jeunesse et des sports, Patrick Kanner.
La troisième et dernière représentante du Gouvernement à concourir, Ségolène Neuville dans les Pyrénées-Orientales, semble à peine mieux lotie. Si, comme André Vallini et Patrick Kanner, la secrétaire d’Etat aux personnes handicapées et à la lutte contre l’exclusion, est en ballotage favorable, les siens se situent souvent derrière le FN.

Pour le président de l’Assemblée des départements de France, ce 22 mars possède aussi un goût amer. Dans les Côtes-d’Armor, où Claudy Lebreton (PS) ne se représentait pas, la gauche est au pied du mur. Sans sursaut au second tour, elle risque de perdre le département. Un fief de la gauche depuis 1976.

Dans la Drôme, présidée par le patron des socialistes au Sénat, Didier Guillaume, les jeux paraissent faits. Sauf improbable rebondissement, la droite devrait y prendre les commandes. Une défaite dont Didier Guillaume ne sera pas comptable. Le sénateur a préféré ne pas concourir.

Les grands départements penchent à droite - Son collègue du Palais du Luxembourg, Yves Rome (PS) n’a pas eu cette prudence. Le président de l’Association des villes et collectivités pour les communications électroniques et l’audiovisuel et de la Conférence nationale des services d’incendie et de secours est parti à la bataille.
Après le premier tour, il n’a plus guère de raisons d’y croire. Son département, l’Oise, va, selon toute vraisemblance, tomber dans l’escarcelle de la droite. Lui-même n’est pas assuré de conserver son siège au conseil départemental.

En plus du Nord et de l’Isère, la gauche pourrait perdre d’autres gros conseils généraux. Dans les Bouches-du-Rhône, son bastion historique depuis la Libération, la droite n’a jamais paru aussi bien placée. Son succès marquerait la fin du joug de Jean-Noël Guérini, officiellement en rupture de ban avec le PS, mais appuyé en sous-main par une grande partie de l’appareil socialiste local.

La Seine-Maritime et la Loire-Atlantique, chères à Laurent Fabius et à Jean-Marc Ayrault, vacillent sur leurs bases. Manuel Valls retient également son souffle : le maintien de l’Essonne dans le giron socialiste ne tient plus qu’à un fil. Rares motifs de satisfaction pour le PS : ses fiefs de Seine-Saint-Denis et de Haute-Garonne résistent à la vague bleue. La citadelle communiste du Val-de-Marne également.

Jean-Michel Baylet fait de la résistance – Laminé dans le Grand Est, en extrême difficulté dans le Sud Est et l’hyper-région Nord-Pas-de-Calais / Picardie, le PS conserve son leadership dans le Grand Ouest jadis démocrate-chrétien, mais aussi le Sud-Ouest, autrefois sous influence radicale. Ses alliés du PRG gardent, d’ailleurs, quelques jolis restes.
Battu aux sénatoriales, le président des radicaux de gauche, Jean-Michel Baylet se refait une petite santé. Il l’emporte dès le premier tour dans son canton de Valence-d’Agen. Ailleurs, dans le Tarn-et-Garonne, les jeux ne sont pas faits.

Le deuxième tour, le 29 mars et, surtout, le troisième, l’élection à la présidence du conseil départemental, s’annoncent serrés. Alors qu’il l’avait emporté par 28 voix sur 30 en 2011, Jean-Michel Baylet n’apparait pas forcément assuré de conserver son siège à la tête de l’exécutif local. Un fauteuil qu’il occupe depuis maintenant trente ans.

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