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VISUALISATION DE DONNÉES
Equipements sportifs : votre territoire est-il bien doté ?
Sabine BlancHugo Thérond, Julien Kirch | A la une | A la une | Actualité Club Techni.Cités | France | Publié le 24/03/2015 | Mis à jour le 25/03/2015

La Gazette des communes a travaillé les données en open data du ministère des Sports recensant les équipements sportifs. Nos cartes offrent une vision d’ensemble par tranche de population des taux d’équipement et des types d’équipement, à l’échelon de la commune, de l’EPCI et du département.

une-carte equipements sportifs [1]Cliquez sur un point pour avoir le détail des équipements dans la commune et son EPCI [2] de rattachement, et comparer selon leur strate de population (voir notre méthodologie [3]).

Note : seules les villes de plus de 1000 hab. sont représentées par défaut dans cette carte. En sélectionnant la strate 0-2000 hab. ci-dessus, les communes plus petites apparaissent. Vous pouvez également effectuer une recherche sur le nom d’une commune en utilisant le moteur.

300 000 équipements sportifs, mais où ?

Alors que l’on parle beaucoup de “gouvernance par la donnée” [4], le ministère des Sports a mis en place une énorme base de données pour aider le pilotage des politiques en matière d’équipement : le recensement des équipements sportifs (RES) [5].
Le ministère propose également un outil pour les consulter [6], enrichi par d’autres indicateurs, mais il ne permet pas de comparer directement un territoire par rapport à un autre, ni ne propose d’analyse par strates de population.

Nous avons donc effectué une première analyse globale par tranche de population des taux et des types d’équipements, à l’échelon de la commune, de l’EPCI et du département.

En tout, la base RES compte plus de 300 000 équipements, répartis en 31 grandes catégories, qui englobent chacune un certain nombre de types d’équipements. Ainsi, la catégorie « bassins de natation » comprend les bassins mixtes de natation, les bassins sportifs, ludiques, les fosses à plongeon ou à plongée et les bassins de réception de toboggan.  De même, la catégorie « salles spécialisées » intègre 28 types d’équipements différents, de la salle de basket au plus exotique terrain de jorkyball, en passant par la salle de danse.

Voici les 31 catégories d’équipements distinguées par le ministère des Sports :

Nombres d’équipements dans chaque grande catégorie [7] | Create infographics [8]

Une densité d’équipements inversement proportionnelle à la population

En moyenne, plus une commune est peuplée, moins il y a d’équipements par habitant, ce qui s’explique aisément : moins il y a d’habitants, plus la variation du ratio est sensible. « Comme les taux de licenciés sont plus importants en ville, le taux d’occupation des équipements est plus élevé », complète Pierre-Olaf Schut, maître de conférence en Staps à l’université de Marne-la-Vallée.

La carte laisse apparaître les fortes densités d’équipements dans les zones de montagne. Ce constat s’explique entre autres par l’importance du nombre de boucles de randonnée, une des sous-catégorie de « sports de nature ». Elles sont aussi importantes dans la « diagonale du vide », qui comprend de nombreuses communes rurales peu peuplées.

Les communes touristiques de petite taille ont en général des taux d’équipement supérieurs. Par exemple, Tignes et Chamonix figurent parmi les communes de plus de 2000 habitants les mieux dotées, grâce à leurs centaines de « divers équipements de nature ». Et la minuscule La Palud-sur-Verdon (Alpes-de-Haute-Provence, 330 hab.), spot mythique de grimpe aux 101 sites d’escalade en falaise, semble battre tous les records, toutes strates confondues… La présence d’un village vacances VVF, comme à Chorges, [9] peut également faire exploser le taux.

De même, les communes touristiques, souvent sur le littoral (Deauville, Carnac, Lacanau, Saint-Jean-Cap-Ferrat…), affichent des densités d’équipement souvent bien supérieures à la moyenne de leurs strates de population.

On notera enfin le cas de Cattenom et de Roissy-en-France, où la présence respectivement d’une centrale et d’un aéroport n’est sans doute pas étrangère à la capacité à s’offrir des équipements, grâce à leur fiscalité économique.

La lecture des données au niveau des EPCI permet de relativiser l’absence d’équipements dans certaines communes. Les intercommunalités s’inscrivant dans une logique de bassin de vie, c’est davantage au niveau de l’EPCI que de la commune que l’évaluation du niveau d’équipements est le plus pertinent.

Les métropoles offrent plus de diversité

Le nombre d’équipements rapporté à la population doit être complété par un autre paramètre essentiel pour mesurer la qualité d’une offre : la variété des types d’équipements.

Les conclusions sont inverses, de façon logique : plus une commune est peuplée, plus l’offre est variée.  » On commence à avoir des dotations complètes au-dessus de 10 000 habitants « , indique Pierre-Olaf Schut. La carte se fonce donc davantage sur les pôles urbains, par exemple le bassin méditerranéen, aux ratios nombres d’équipements/habitant très bas, compensés par une grande diversité de structures.

De même, les disparités sont marquées dans la diversité des équipements entre la ville-centre et son EPCI de rattachement.  » La ville-centre et les clubs sportifs payent les équipements pour tous les citoyens, cela devrait inciter à faire des rééquilibrages territoriaux « , note Pierre-Olaf Schut.

Densité et variété moyennes des équipements sportifs [10] | Create infographics [8]

Départements : Nièvre et Val-de-Marne, même combat

Les départements à faible densité d’équipements recoupent plusieurs cas. Il peut s’agir d’un département rural [11], où de nombreuses communes n’ont aucun équipement.
Ainsi, dans la Nièvre, 189 communes sur 311 ne sont pas dotées, et le département affiche le ratio moyen le plus bas de France métropolitaine : 2,2 équipements pour 1000 habitants. Idem pour le Pas-de-Calais, championne de France de l’émiettement : 295 communes sur 894 sans équipement, et un ratio de 3,2 au final.
Un département d’Outre-mer se distingue également par son taux très bas : Mayotte avec 1,4 équipements pour 1000 habitants.

Mais les départements urbains figurent aussi dans les derniers. Ils comptent en général peu de communes, mais des communes d’une certaine taille et dont les ratios ont donc des chances d’être bas, comme expliqué plus haut. Par exemple, les 46 communes du Val-de-Marne qui s’échelonnent de 2000 à 90 000 habitants, sont toutes équipées, mais affichent un ratio global de 2,5 équipement pour 1000 habitants.

Mais les départements avec la plus forte densité d’équipements sportifs sont aussi des territoires ruraux, pour peu qu’ils comportent peu de communes sans équipement. Seules 18 communes sur les 286 de la Corrèze sont dans ce cas ; le ratio global du département atteint 14,8 équipements pour 1000 habitants. En sachant que 84% des communes corréziennes comptent moins de 1000 habitants… Les départements de montagne sont aussi dans le haut du classement, en raison de leurs nombreux « équipements divers de sport de nature ».

Notre méthodologie

Pour donner une indication de l’importance du développement des équipements sportifs, nous avons calculé le nombre d’équipements sportifs pour 1000 habitants par entité administrative, en indiquant la valeur moyenne de la strate de cette entité (moins de 2000 habitants, 2000-10000, etc.). Il n’y aurait en effet pas de sens à comparer une commune rurale de quelques centaines d’habitants à une grande ville.

Nos calculs se basent sur un fichier tiré de la base du recensement des équipements sportifs (RES), fourni en open data, qui synthétise le nombre d’équipements par commune pour chacune des 31 grandes catégories. Les calculs ne sont pas pondérés en fonction des catégories : les structures « en dur » sont considérées à l’égal des équipements de nature, et nous n’avons pas distingué les pratiques sportives qui relèvent davantage du loisir ou de la compétition. C’est à garder à l’esprit car environ un dixième de la masse d’équipements est constitué de… boulodromes.

Une base de données imparfaite – La base du RES est « relativement complète et détaillée », indique Pierre-Olaf Schut [12], maître de conférence en Staps à l’université de Marne-la-Vallée.  » Il manque quelques communes, assez peu globalement. Quelques points sont aussi mal placés. Le biais le plus important concerne l’actualisation des données : on a l’impression que les constructions s’effondrent après 2005-2006, date de la création de la base de données. » Il invite aussi à prendre avec prudence les données sur les équipements de nature, une catégorie qui concernent 8,4 % des équipements :  » ils sont plus ou moins faciles à quantifier. Par exemple, en ce qui concerne les itinéraires de sport de nature, les chiffres sont très peu fiables, il y en a beaucoup plus dans ces chiffres qu’en réalité. »

Patrick Bayeux, consultant, rédacteur en chef du site acteursdusport.fr [13], et qui a participé à la création de la base de données, invite encore plus à la circonspection : « Elle contient beaucoup d’erreurs. Les Directions départementales de la jeunesse et des sports (DDJS) l’ont rempli sur du déclaratif des communes, qui faisaient en général appel à des emplois jeunes ».

Il souligne également qu’un même équipement recouvre des réalités bien différentes : « Combien de ‘terrains de grands sports’ permettent d’accueillir une compétition ? Certainement une minorité d’entre eux… »

Pour ces raisons, et les choix méthodologiques évoqués ci-dessus, il nous semblait peu pertinent de proposer des classements du type « top 100 des villes les plus équipées ».

Merci à Pierre Romera [14] pour son aide sur la carte.
Le fichier est disponible en open data sur Data.gouv.fr [15]

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