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Jeunesse

Une nouvelle ère s’ouvre pour le service civique. Avec les collectivités territoriales ?

Publié le • Par • dans : A la une, France

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jeune femme en chaise roulante avec un ami © Fotolia

Dans le contexte post-Charlie, le service civique, qui s'apprête à passer le cap des 5 ans – un colloque est organisé pour l'occasion ce lundi 9 mars par l'Agence du service civique -, est plus que jamais positionné comme un outil d'éducation à la citoyenneté. Il devra répondre à la volonté d'engagement des jeunes et garantir la mixité sociale. Les partenaires du dispositif sont remobilisés, avec de fortes attentes en direction des collectivités, pour l'heure faiblement impliquées.

 

Après quelques tergiversations – service civique obligatoire ou pas ?… – François Hollande a donné une nouvelle impulsion au dispositif, après 5 ans d’existence – un colloque est organisé pour l’occasion ce lundi 9 mars par l’agence du service civique : il devra permettre à « tous ceux qui veulent participer à l’élan collectif », faisant référence à la mobilisation post-Charlie, de « donner le meilleur d’eux-mêmes ». Soit, proposer, à partir de juin 2015, une mission de « huit mois » à tout jeune de moins de 25 ans qui en fera la demande, ce qui devrait représenter un total, d’ici fin 2016, de 160 000 contrats d’engagement. Par comparaison, en 2014, environ 35 000 volontaires ont été recrutés. François Hollande n’a pas encore précisé les moyens financiers qui seront alloués à cette montée en charge – estimée à 600 millions d’euros par an -, mais des signes de concrétisation de sa volonté politique sont déjà visibles : le ministère de l’Ecologie vient d’annoncer la mise en place de 15 000 missions dans le domaine de l’environnement sur deux ans (par exemple : « sensibilisation des locataires du parc social aux solutions d’économie d’énergie »), dont 5 000 activées « immédiatement ».

Mode d’emploi

Sur le fond, le dispositif n’a pas évolué depuis le vote de laloi du 10 mars 2010 : il permet à des jeunes de 16 à 25 ans de s’engager, sur la base du volontariat, dans des missions d’intérêt général. Cette mission, auprès d’associations ou de collectivités, est indemnisée 573 € net par mois (dont environ 100 € à la charge de la structure) pour 24 heures par semaine au minimum et n’est pas incompatible avec des études ou un emploi à temps partiel. De leur côté, les structures volontaires doivent faire la démarche d’obtenir un agrément, valable deux ans, auprès de l’agence du service civique. Elles ont à prouver qu’elles adhèrent à la notion de mission d’intérêt général et qu’elles sont prêtes à accueillir tous les publics.

Nouveaux défis

Suite aux attentats, le service civique a été identifié comme un outil de cohésion sociale, devant permettre de stimuler l’engagement des 18-25 ans mais aussi de renforcer la cohésion sociale. Jusqu’à présent, le dispositif n’a que partiellement rempli ces objectifs. Alors qu’il est censé être ouvert à tous, voire bénéficier aux publics les plus fragiles, il a davantage accueilli des jeunes diplômés qui voient là l’occasion d’une expérience pré-professionnelle, avec, pourquoi pas une embauche à la clé. Le collectif associatif Génération précaire a régulièrement dénoncé des « abus », accusant des structures de mener une politique d’emplois déguisés. Aujourd’hui, le collectif estime qu’ « une généralisation du service civique doit s’accompagner de moyens renforcés pour des missions de qualité ».

Dans le même temps, des associations se sont spécialisées dans l’intégration de publics fragiles. L’association Unis-Cité (au total, plus de 8 500 jeunes accueillis dans une cinquantaine de villes) mise sur des missions collectives, par exemple de l’animation de débats dans les quartiers, réunissant diplômés et non-diplômés, pour rendre effectif cet apprentissage de la mixité sociale. « Ça fonctionne très bien, chacun apportant à l’autre selon ses compétences », commente Marie Trellu-Kane, l’une des co-fondatrices d’Unis-Cité.

Peu impliquées

Le service civique se déploie selon neuf domaines d’interventions, reconnus comme « prioritaires pour la Nation » : solidarité, éducation pour tous, culture et loisirs…, pour la plupart des secteurs sur lesquels on retrouve les collectivités. Et pourtant, seulement 7 % des volontaires sont actuellement accueillis au sein d’une collectivité. Dans une interview donnée à La Gazette des communes, François Chérèque expliquait qu’à ses débuts, le dispositif avait visé en priorité les associations en capacité d’absorber un grand nombre de jeunes, mais que l’heure était venue de mobiliser les autres partenaires. Afin, justement, de renforcer l’implication des collectivités, une convention entre le ministère de la Jeunesse et l’AMF, l’ADF et l’ARF, qui était dormante depuis plusieurs mois, est en train d’être finalisée.

Relancer l’intérêt

Sur le terrain, les DRJSCS sont chargées de mobiliser les structures susceptibles de proposer de nouvelles missions. Sylvie Martin, référente service civique à la DRJSCS d’Auvergne, estime, qu’en tout premier lieu, il faut que « les collectivités comprennent l’intérêt qu’elles ont à intégrer des volontaires » et travailler à améliorer la communication à leur intention. « Nous devons expliquer que le service civique permet à la fois de développer la politique jeunesse et la politique de développement du territoire. Proposer des missions, c’est renforcer les liens entre un jeunes et son territoire », poursuit-elle. La référente remarque que les collectivités voient encore le dispositif comme « une contrainte en termes de ressources humaines à gérer », et que, par conséquent, certaines ont fait le choix de « déléguer le recrutement et l’accompagnement de ces jeunes à des associations ».

La montée en charge du service civique, et, par ricochet, de l’implication des collectivités, pourraient aussi passer par les nouveaux contrats de ville, qui comptent un volet « citoyenneté et laïcité » depuis les événements de janvier.

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  1. 1. beware36 07/03/2015, 12h04

    Quand on voit comment il difficile d'obtenir un stage, même non rémunéré, dans les CT, je me dis que le service civique dans les collectivités, OK, mais que ces mêmes collectivités se bougent déjà un peu plus pour permettre aux étudiants d'achever leurs études en effectuant des stages au sein de leurs services.

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