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Participation des habitants

Mohammed Mechmache rappelle aux députés les conditions de l’engagement citoyen

Publié le 24/02/2015 • Par Hugo Soutra • dans : Actu prévention sécurité, France

Auditionné par la mission de réflexion sur l’engagement citoyen et l’appartenance républicaine, Mohammed Mechmache a alerté le 19 février dernier sur les discriminations dont seraient victimes les habitants des quartiers populaires. Pour ce responsable d’AC Le Feu et vice-président du collectif d’habitants « Pas sans nous », résoudre les inégalités que ces habitants rencontrent dans le domaine scolaire puis de l’insertion professionnelle est une mission préalable à toute ambition citoyenne.

Plus de trente ans après la « marche pour l’égalité et contre le racisme », et près de dix ans après les émeutes de l’automne 2005, le responsable associatif Mohammed Mechmache a profité d’être invité à l’Assemblée nationale le 19 février dernier pour pousser un cri d’alerte en direction des responsables politiques.

Il est urgent de traiter enfin les problèmes de fond, à travers une politique globale. Se contenter d’annoncer des mesures spécifiques sur l’éducation, la laïcité ou la citoyenneté pour une petite partie de la population des quartiers populaires risque de leur donner une nouvelle l’impression que la République les oublie.

Besoin d’expérimenter l' »égalité » – Selon lui, l’adhésion aux valeurs républicaines est rendu compliquée par la faible effectivité sur le terrain de la devise Liberté-Egalité-Fraternité, pourtant inscrite sur le fronton de l’ensemble des mairies françaises. « Quand des gamins subissent directement ou indirectement de nombreuses formes d’inégalités, qu’ils sont victimes des contrôles au faciès à répétition, qu’ils se retrouvent dans des classes ethniquement homogènes avec les professeurs les moins aguerris, comment-voulez-vous qu’ils se sentent Français à part entière ? » interroge-t-il.

« Nous avons stigmatisés les enfants qui ne respectaient pas la minute de silence après les attentats de janvier 2015. Il aurait également été intéressant de chercher à comprendre les processus qui ont permis qu’une partie des enfants de notre République en soient arrivés là. Il va falloir s’intéresser aux causes – sans chercher d’excuses et en continuant à se battre contre le radicalisme – et non pas seulement aux conséquences » poursuit Mohammed Mechmache. D’autant plus lorsque ces dernières se traduisent par des attentats.

Clauses d’insertion – Conscient de l’amélioration que la politique de la ville a notamment permis en matière de cadre de vie, il regrette son coût comparé à ses faibles effets humains et sociaux. A tout le moins, « l’Agence nationale de rénovation urbaine (ANRU) aurait pu davantage associer les habitants et les faire participer aux travaux, à travers la systématisation des clauses d’insertion ou en réservant une partie des appels d’offres aux PME locales les embauchant. »

Alors que « les zones franches (ex-ZFU, devenues « territoires entrepreneurs ») ont davantage profité aux chefs d’entreprise se faisant exonérer d’impôts qu’aux jeunes des quartiers », Mohammed Mechmache a dépoussiéré une vieille revendication des acteurs de terrain de la politique de la ville : revaloriser les missions locales, « faisant un travail formidable pour tenter de répondre au désespoir de certains jeunes, mais enfermées dans un entonnoir. »

Volontarisme du secteur public et parapublic – « Il serait judicieux d’enfin assurer des débouchés aux jeunes suivis par ces structures d’insertion professionnelle et sociale, en obligeant par exemple les sociétés publiques et les entreprises dans lesquelles l’Etat est actionnaire (Air France, SNCF, EDF ou encore GDF) à orienter prioritairement une partie de leurs offres d’emploi vers les missions locales qui suivent les jeunes des quartiers prioritaires, ceux disposant d’un Bac+5 comme ceux recherchant un contrat de qualification » poursuit le vice-président du syndicat des quartiers populaires, nommé Pas sans nous.

Ancien éducateur en prévention spécialisée, Mohammed Mechmache se rappelle de jeunes qu’il accompagnait dans les missions locales et qui finissaient par « renverser la table, face à des conseillers d’insertion impuissants pour leur apporter des réponses. Si l’Etat avait un tant soi peu de volonté, devant les résultats de ce fléchage, il se pourrait que des entreprises publiques s’engagent à leur tour » espère-t-il. « Cette proposition – qui permettrait d’éviter que les jeunes en sortant découragent leurs camarades désireux d’y entrer – ne coûte pas d’argent, elle pourrait être simplement expérimentée en réunissant des responsables politiques et économiques autour de la table. »

Des devoirs… et des droits – Pour le président du collectif AC Le Feu né dans la foulée des émeutes de 2005, garantir aux jeunes issus des quartiers populaires une éducation de qualité et des débouchés professionnels est indispensable pour espérer un réveil citoyen.

Nous avons fait découvrir des institutions à de nombreux jeunes de quartiers populaires, des mairies mais aussi des conseils généraux. Certains sont même aujourd’hui élus. Mais je ne vous cache pas que nous avons également rencontré de nombreux individus ayant le sentiment de ne pas appartenir à la République française. Ce n’est pas simple de leur rappeler leurs devoirs lorsqu’ils sont persuadés de ne pas avoir les mêmes droits que les autres Français.

Pendant plus d’une heure, Mohammed Mechmache a donc pu faire le bilan de son action de terrain et adressé plusieurs préconisations aux parlementaires. Cela tombe bien : lors de son discours d’introduction, le président de l’Assemblée nationale Claude Bartolone s’était promis de lutter contre la ségrégation résidentielle, sociale, éducative, professionnelle « qui mine la promesse républicaine » par la participation et l’engagement citoyen.

Nous avons collectivement la responsabilité, nous élus nationaux et élus locaux, de redonner toute sa place à l’expression des citoyens engagés » avait expliqué, plus tôt, le président de l’Assemblée nationale. « La promesse d’égalité républicaine, pour se renouveler et de nouveau se concrétiser, a besoin, à côté des politiques publiques, d’actions citoyennes collectives. Les idées de coopération, d’engagement, de participation, de construction collective ne doivent plus être étouffées.

Démocratie d’interpellation – Pour redynamiser la démocratie dans des quartiers frôlant les 70% d’abstention lors de certains scrutins, Mohammed Mechmache n’est pas avare de propositions, là non plus.
Il plaide pour un renouvellement des élites politiques, une co-construction des politiques publiques à travers les conseils citoyens – à condition que ces derniers ne soient pas d’énièmes structures de « pseudo-participation » – ainsi que la création d’un fonds commun pour la création d’une démocratie d’interpellation.

Autre axe de travail, selon lui : la fin du clientélisme municipal. « Les acteurs outillés, structurés, disposant de moyens financiers et capables de lutter contre les trafiquants de drogue, les mères de famille devenues nourrices par nécessité pécuniaire, les enfants de douze ans quittant le système scolaire pour gagner 100 euros par jour, finissent par considérer les habitants des quartiers comme leur fonds de commerce. Ils nous enferment dans une logique d’assistanat, alors que nous souhaitons qu’ils aident à nous émanciper » explique ce défenseur de l’empowerment.

Investissement politique – « Je ne veux pas être dans le misérabilisme et dresser un tableau noir, mais l’ensemble des habitants doit réellement pouvoir se sentir concerné; l’exclusion est synonyme de vulnérabilité face à certaines sirènes qui nous ont malheureusement fait vivre récemment une période difficile. Il y a encore des possibilités pour cela mais il faut que la classe politique nous accompagne, qu’elle n’hésite pas à piocher dans les 30 propositions de notre rapport réalisé avec Marie-Hélène Bacqué qui sont encore loin d’avoir été toutes appliquées, qu’elle ne soit pas constamment dans la défiance vis-à-vis des quartiers populaires » énumère Mohammed Mechmache.

Avant de lancer : « nous vous tendons la main. Si elle n’est pas saisie, j’ai peur que nous soyons les derniers interlocuteurs et que les prochains, ceux qui nous guettent, agiront différemment. »

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Commentaires

Mohammed Mechmache rappelle aux députés les conditions de l’engagement citoyen

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interco

26/02/2015 08h48

Merci Mohamed et à la prochaine!
On continue comme avant, on blablate sur les valeurs républicaines (celles que les élus
ont tant de mal à appliquer, je ne parle pas d’incarner) et on passe à autre chose.
Au fait quels sont les éléments de langage déjà?
Ah oui l’anti-radicalisme! Il fut pourtant un temps où être radical était bien vu, voir Mr Herriot.

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