Tribune

« Non à la mort du train et du service public »

| Mis à jour le 23/02/2015
Par et

La loi « Macron » prévoit, parmi les nombreux sujets traités, la libéralisation totale du transport par autocar. Ce qui permettraient aux grands groupes de transport, dont la SNCF, avec sa filiale ID Bus, d’ouvrir librement des lignes de transports collectifs réguliers non urbains par autocar, en concurrence avec des services existants, qu’il s’agisse des TER, des TET ou des TGV.

Un projet qui ne doit rien au hasard. Il accompagne celui de réduire le service public de transport ferroviaire de voyageurs en supprimant des lignes, des dessertes, au mépris de l’aménagement du territoire, aggravant ainsi la situation des petites villes, des villes moyennes, de départements déjà fortement pénalisés par la fuite en avant dans la mise en concurrence des territoires. Ainsi les dessertes assurées par les Trains d’Equilibre du Territoire (trains Intercités, TEOZ et trains de nuit) sur 35 lignes pourraient être réduites à 12 et celles restantes pourraient ne plus desservir les gares des petites et moyennes villes. Les TGV desservant actuellement 240 gares sur l’ensemble du pays pourraient, au regard de ceux pour qui la rentabilité est devenu la seule référence, ne plus en desservir que 40.

Par ailleurs, le budget 2015 du nouveau groupe public SNCF, avec ses conséquences négatives sur l’emploi et les services aux usagers, s’inscrit dans la volonté du gouvernement d’ouvrir totalement le ferroviaire à la concurrence et cela malgré les engagements du précédent ministre des transports.
Cette fuite en avant illustre le renoncement gouvernemental à donner au système ferroviaire les moyens financiers de son fonctionnement et de son développement pour le transport des personnes et des marchandises. Une fuite en avant en totale contradiction avec l’urgente nécessité de réduire les émissions de gaz à effets de serre, de réduire la pollution avec les effets nocifs sur la santé, d’engager concrètement la transition énergétique. Drôle de façon pour notre pays de préparer l’accueil de la Conférence sur le Climat en décembre 2015 !

Nous sommes déterminés à ne pas laisser faire. Nous demandons l’arrêt immédiat de nouvelles remises en cause de dessertes, d’arrêts dans les gares pour le prochain service 2016. Sinon où est la crédibilité du gouvernement qui a missionné des parlementaires, un représentant de l’Association des Régions de France, des experts qui doivent remettre d’ici la fin juin un rapport sur l’avenir des TET. Nous demandons dans la même cohérence le retrait de l’article de la loi Macron qui prévoit la libéralisation totale du transport par autocar.

De nombreuses voix s’élèvent à travers le pays pour dénoncer cette attaque contre le rail. De multiples actions se mènent face à l’entreprise de casse qui s’accélère tant pour les voyageurs que pour le fret. Le moment est venu d’engager un front commun pour le service public, pour l’aménagement du territoire, pour la sauvegarde de l’environnement.

C’est le sens de l’adresse que nous faisons parvenir, dans le respect de leur diversité, aux différentes associations d’usagers, de défense du service public, de l’environnement, aux élus locaux, départementaux, régionaux, nationaux, associations représentants les maires des petites et moyennes villes de France, les organisations syndicales : face à l’urgence et à l’ampleur du démantèlement en cours, face à ceux qui veulent tuer le train, conjuguons et fédérons nos actions, donnons-nous les moyens de gagner cette  » nouvelle bataille du rail « .

(1) André Chassaigne et Patrice Carvalho, députés (GDR) ; Eliane Assassi, Evelyne Didier, Laurence Cohen, Christian Favier, sénateurs (CRC) ; Pierre Mathieu, Jean-Michel Bodin, Charles Marziani, Luc Bourduge, Patrick Hatzig, Daniel Beurdeley, Gilles Bontemps, Pierre Mouraret, Jean-Paul Pinaud, Noël Levilain, Gérard Lahellec,

Commentaires

4  |  réagir

15/03/2015 09h23 - fredo

Mais il y aura aucun investissement privé ou on ne dégage aucun bénéfice quelque soit des lignes voyageurs ou Fret.
Résumé ça au seul personnel d’une entreprise, c’est un peu simple, le fret est ouvert a la concurrence depuis 2003 mais les investissements nécessaire sur l’infrastructure sont pas assez important ou inexistant.
Ouverture a la concurrence :
Reprise des infrastructures portuaires et petite ligne par le privé
PPP : pour les nouvelles lignes grande vitesse (ligne complétement privé avec redevance de passage)
Fin de RFF=l’état (peu ou aucun investissement)
Simplement ancienne ou nouvelle SNCF= Actionnariat 100% public
donc les choix stratégiques bon ou mauvais sont du ressort des politiques =de l’état.
Reprendre l’histoire des chemins de fer permet de mieux comprendre ce qui ce passe.

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23/02/2015 05h48 - bazane

Il est bien temps ce crier au loup après des années d’inertie et d’incurie où on a laissé libre cours au corporatisme des cheminots et à leurs avantages. Résultat le fret est complètement inopérationel et lourdement déficitaire. Quant au trafic voyageur, le service est très en deçà de ce qu’on pourrait en attendre compte tenu de l’argent qu’on y injecte.
Dés lors on ne peut s’étonner que le gouvernement encourage la concurrence, seule à même de créer une émulation susceptible de conduire à une amélioration des services rendus à moindre coût.
On ne va pas s’en plaindre.
Plutôt que de geindre et de crier à la casse, les intéressés seraient mieux avisés de se mettre en position de relever le défi de leurs concurrents.
Assez des rentes de situation et que le meilleur gagne

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20/02/2015 11h29 - fredo

Il s’agit bien d’offrir et de mettre en place d’autre moyen de déplacement en prévision de l’ouverture totale a la concurrence des transports pour que l’état se désengage (financièrement).
Pas d’impôts= moins de train
Plus de car=moins d’investissement
On vote pour les européennes, il faut lire les programmes…directives Européennes, traitée…

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19/02/2015 12h59 - Françoise

développer les bus au détriment du rail, encore une mesure qui favorise la pollution, et on reçoit la conférence climat…?!!! il est vrai que les gouvernements ne sont pas à une contradiction près
c’est désolant !

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