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Décentralisation

Le carton jaune de Jean-Marc Ayrault à la réforme territoriale

Publié le 03/02/2015 • Par Jean-Baptiste Forray • dans : France

L’ancien Premier ministre redoute que les prérogatives économiques des métropoles passent sous les fourches caudines des régions. Il a profité d’un colloque organisé le 2 février par Nantes Métropole, pour dénoncer le risque d’un « retour en arrière ».

A peine nées et déjà déprimées. Les douze métropoles de droit commun et la métropole particulière de Lyon instaurées au 1er janvier 2016 ne cachent pas leur spleen devant la tournure que prend la réforme territoriale.
En cause : les schémas régionaux consacrés, d’une part, au développement économique et, d’autre part, à l’aménagement du territoire. Des documents-cadres inscrits dans le projet de loi portant Nouvelle organisation territoriale de la République (NOTRe) examiné, en première lecture, par la commission des lois de l’Assemblée nationale.

« Cette idée de confisquer notre capacité d’intervention est un contre-sens. Nous ne sommes pas les défenseurs des métropoles contre le reste du monde », a prévenu Johanna Rolland, présidente (PS) de la métropole de Nantes et puissance accueillante, ce 2 février, d’un colloque intitulé « Demain les métropoles ».

Mise en garde à Alain Rousset – « Quel est le pays qui base son activité sur un schéma de développement économique ? Si ça continue comme ça, on va s’exiler », a renchéri André Rossinot (UDI), secrétaire général de l’Association des maires des grandes villes de France.

L’ancien Premier ministre Jean-Marc Ayrault, père des métropoles issues de la loi MAPTAM du 27 janvier 2014 et figure tutélaire de l’agglomération nantaise, n’a pas été en reste. D’entrée, il a pointé le risque d’un « retour en arrière ». Il a, ensuite, ciblé le président (PS) de l’Association des régions de France : « Si Alain Rousset pense que le problème, c’est les métropoles, il fait une erreur historique. »

Pour Jean-Marc Ayrault, la loi « MAPTAM » doit être menée à bon port. En particulier dans les Bouches-du-Rhône, où 113 des 119 maires s’opposent à la métropole d’Aix-Marseille-Provence. Un groupement voué, selon la loi MAPTAM, à voir le jour au 1er janvier 2016.
« Les atouts formidables de cette région sont sous-utilisés. Localement, on est incapable de se mettre d’accord. Je dénonce un système de clientélisme dévoyé et dangereux, pratiqué en particulier par le conseil général des Bouches-du-Rhône », a asséné l’ancien maire de Nantes.

Du rififi à l’Assemblée – Pour lui, il convient aussi de tenir bon sur la métropole du Grand Paris (MGP), destinée à sortir de terre au 1er janvier 2016. « Il s’agira, en 2020, de fusionner, la métropole et les conseils généraux de la petite couronne », a-t-il poursuivi. Selon Jean-Marc Ayrault, « les circonstances politiques », en clair, le rapport de force depuis les municipales de mars 2014 favorable à la droite au sein de la future MGP, ne sauraient justifier un « freinage des ambitions ». « Le risque, c’est la demi-mesure, a -t-il jugé à propos de l’ensemble de la réforme territoriale. On va faire plaisir aux uns et aux autres, et on ne sortira pas avec une situation plus claire qu’avant. »

Le Gouvernement se veut rassurant. Il entend, lors de l’examen en première lecture du projet de loi NOTRe à l’Assemblée, rétablir l’économie générale d’un texte détricoté par le Sénat. « Nous allons veiller à garantir les articulations entre régions et métropoles », a promis Marylise Lebranchu, dans son discours de clôture du colloque nantais.

Une tâche qui ne sera pas aisée, à écouter la députée (PS) de Seine-Maritime, Estelle Grelier. « Il y a un vrai combat entre les régions et les métropoles », a indiqué la secrétaire nationale du PS à la décentralisation, déplorant qu’en dehors de la jeune génération « chacun regarde en fonction de ses intérêts territoriaux ».

Jeu à la nantaise

Dotées de sept pôles de proximité, Nantes Métropole a été présente lors de la dernière campagne des municipales sous la forme d’un train de 82 mesures. Autant de propositions déclinées par chacune des listes socialistes présentes dans les 24 communes du territoire.
Autant de dispositions au cœur de la feuille de route du nouveau conseil métropolitain.

Les élus entendent y jouer collectif. Inscrite dans les pôles métropolitains de Nantes/Saint-Nazaire et de Loire-Bretagne (en compagnie de Brest, Rennes, Saint-Nazaire et Angers), la nouvelle métropole rayonne sur le maillage, très serré, des villes petites et moyennes du Grand Ouest. « Ce n’est pas un îlot de prospérité au milieu de nulle part, mais un ensemble qui travaille avec son hinterland », s’est félicité Jean-François Gendron, président de la CCI de Nantes / Saint-Nazaire et de CCI International.

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Commentaires

Le carton jaune de Jean-Marc Ayrault à la réforme territoriale

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pierrick Hamon

04/02/2015 10h25

Il est en effet absurde d’opposer Metropole et Région. Ne pourrait-on inventer un mode d’élection qui permette aux Métropoles et agglomérations urbaines d’être représentées au sein de l’Assemblée Régionale ? Est il d’ailleurs indispensable d’avoir le même mode d’élection dans chaque Région ? Cette idée jacobine et typiquement française qui consiste à confondre unité et uniformité n’est plus adaptée.

Anna

23/02/2015 04h39

Allez nos politiciens de l’Ena, soyez pragmatiques un peu et surtout moderne : abandonnez le jacobinisme et adoptez le fédéralisme à la place. Soyez démocrates. Soyez donc moins hypocrites et soyez de vrais gaullistes pour une réelle décentralisation et soyez de Jaurès pour les langues régionales!!!
Dans le cas contraire si vous vous entêtez , dans ce cas pour faire des économies vous pouvez supprimer le ministère et la ministre chargée de la décentralisation, puisqu’il n’y a en fait aucune décentralisation dans votre réforme territoriale !

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