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Education

Carte scolaire : « il faut sortir du découpage communal » et « impliquer le privé » – Marco Oberti, sociologue

Publié le 03/02/2015 • Par Michèle Foin • dans : Dossiers d'actualité, France

Marco Oberti, sociologue et directeur de l’Observatoire sociologique du changement (OCS), est un spécialiste des inégalités urbaines et scolaires, abordées sous l'angle de la ségrégation. Au moment où la ministre de l’Education nationale entend engager « une politique active de mixité pour agir sur la composition des collèges », il revient sur les conditions indispensables à la mixité scolaire.

De quels leviers Najat Vallaud Belkacem et les collectivités territoriales compétentes disposent-elles pour agir sur la mixité scolaire au collège ?

Il faut avant tout changer les découpages territoriaux de la sectorisation. Aujourd’hui, la sectorisation du collège s’organise essentiellement à l’échelle communale, et ne permet pas, dans le cadre de communes très homogènes, de changer de façon significative le profil social des établissements. Or dans certains cas d’homogénéité sociale voire ethnique, les contours de la carte scolaire doivent pouvoir sortir du cadre municipal et englober des quartiers ou des communes limitrophes.

Il faudrait ensuite définir la proportion de classes supérieure, moyenne ou défavorisée à l’échelle de ces nouveaux secteurs, afin de calculer un profil moyen d’établissement. Ainsi, tous les établissements d’un même secteur auraient sensiblement le même profil. Cela éviterait aux parents de classer les établissements selon leur profil social, ou les résultats du brevet des collèges puisqu’à l’échelle d’un bassin ou d’un secteur scolaire, il n’y aurait plus de différences significatives dans le profil des établissements.

Dans mes travaux, j’ai défini sept types de collèges en fonction du poids respectif des différentes catégories sociales. En regardant la carte des collèges par ce prisme en Ile-de-France, on visualise une répartition territoriale très typée qui renvoie à la ségrégation urbaine. Pour être dans une logique d’homogénéisation, il faudrait supprimer les extrêmes et réduire la palette de collèges à deux ou trois types. Cela n’est en revanche pas possible partout, du fait de cette ségrégation urbaine. Le département de la Seine-Saint-Denis, par exemple, ne possède aucun collège de type « supérieur ».

Un tel redécoupage n’empêcherait pas les familles aisées de se tourner vers les établissements privés. Comment remédier à cela ?

Pour être efficace, ce redécoupage des secteurs doit être associé à d’autres mesures. En premier lieu, il conviendrait d’impliquer les établissements privés dans la régulation des affectations. Il est tout de même surprenant que les établissements privés conventionnés, qui dépendent pour l’essentiel de fonds publics, échappent aux règles de sectorisation des établissements publics.
Il faudra un grand courage politique pour aborder la question, car cela risque de susciter une forte mobilisation. Mais je le dis d’autant plus volontiers que les élèves qui ont le plus à gagner à fréquenter une école privée, sont justement les élèves les plus défavorisés. Ainsi, les garçons issus d’un milieu social défavorisé ont deux à trois fois plus de chances d’obtenir leur brevet des collèges avec mention s’ils sont scolarisés dans le privé plutôt que dans le public. Il faut donc que les établissements privés jouent le jeu lorsqu’ils reçoivent des demandes d’inscription qui émanent des familles qui ne sont pas habituellement les bienvenues.

Les familles défavorisées en auraient-elles les moyens ?

Je vais être encore plus provocateur. Aux Etats-Unis, un système de « vouchers » a été mis en place dans l’état de Floride. Un chèque est ainsi donné aux ménages défavorisés avec obligation de l’utiliser pour les frais de scolarité d’une école privée. Des résultats intéressants y ont été obtenus. Pourquoi ne pas s’inspirer de ce modèle en instaurant une aide directe aux ménages les plus défavorisés qui accepteraient de mettre leur enfant dans une école privée ?

Pourtant, il n’y a pas d’établissements privés partout…

Quand vous regardez la répartition territoriale des collèges privés en Ile-de-France, il est assez frappant de constater la surreprésentation de ces établissements dans les communes les plus favorisées, qui bénéficient déjà par ailleurs de très bons établissements publics. Alors qu’il y en a peu, voire pas du tout, dans les communes où le besoin est réel. Il faudrait donc aider l’implantation d’écoles privées dans les quartiers et les communes qui n’en ont pas.

L’évitement scolaire ne date pas d’hier. Pourquoi tout cela n’a-t-il pas été fait plus tôt ?

De nombreux rapports ont été remis suite à l’assouplissement de la carte scolaire en 2007 [NDLR : voulue par Nicolas Sarkozy]. Beaucoup de pistes ont alors été évoquées. Ce que je vous dis là n’est pas nouveau. Cela pose la question de ces rapports, financés sur fonds publics, et dont on ne tire pas toutes les conclusions. Il faut un certain courage politique pour s’attaquer à ces questions sensibles. Il faudra beaucoup de tact politique pour que la majorité des familles jouent le jeu de la mixité sociale.
Les événements récents renforcent une certaine crispation. Je ne suis pas certain que cela joue en faveur d’une plus grande tolérance à la mixité dans certains établissements scolaires. La collaboration intercommunale, nécessaire pour redécouper les secteurs, n’est pas non plus facile à envisager sur le terrain scolaire. Pourtant la mixité sociale favorise la réussite des élèves défavorisés au brevet des collèges, et ne fragilise pas significativement celle des autres catégories sociales. Personne n’a vraiment à y perdre. Et pourtant, certains résistent à l’idée d’une cohabitation de leurs enfants avec d’autres milieux sociaux dans le cadre scolaire.

Cet article fait partie du Dossier

Quand les attentats bousculent les politiques de cohésion sociale

Sommaire du dossier

  1. Le logement aux premières loges du plan pour l’égalité et la citoyenneté
  2. Laïcité, éducation, ville : les acteurs locaux réagissent
  3. « Accélérons de toute urgence les réponses sociales » – Gilles Leproust, Ville et Banlieue
  4. Mixité sociale : la solution miracle qui cache les vrais enjeux
  5. « On érige entre « eux » et « nous » le mur qu’on cherche à abattre » – Thomas Kirszbaum
  6. Après les attentats, les élus locaux veulent infléchir la politique de la ville
  7. « Démunis », les professionnels souhaitent « redonner du sens » à la politique de la ville
  8. Comité interministériel à l’égalité et à la citoyenneté : que faut-il en attendre ?
  9. « Contre l’exclusion, mobilisons les politiques publiques et les énergies dans les quartiers ! » – Profession Banlieue
  10. Réussite éducative : les professionnels réagissent au plan gouvernemental
  11. «Les élus doivent avoir une approche nouvelle face à la radicalisation », Roger Vicot, président du FFSU
  12. Les éducateurs de rue promeuvent une «politique de prévention éducative et sociale de la radicalisation»
  13. France Médiation appelle à « une véritable politique de prévention sociale »
  14. « Le mouvement d’éducation par le sport est un vrai terrain d’insertion des jeunes »
  15. Après les hommages aux victimes du terrorisme, les quartiers populaires réclament un débat de fond
  16. Le territoire, « machine à trier les jeunes » ?
  17. Carte scolaire : « il faut sortir du découpage communal » et « impliquer le privé » – Marco Oberti, sociologue
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Carte scolaire : « il faut sortir du découpage communal » et « impliquer le privé » – Marco Oberti, sociologue

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Stella

04/02/2015 11h11

Si la mixité est indéniablement un but (vivre ensemble) et un moyen (s’enrichir au contact de l’autre) et doit s’imposer dans les services au public dont particulièrement l’école, au centre de la question éducative; l’ouverture d’établissements privés dans les territoires populaires est-elle réellement LA réponse?
Certaines villes, même si elles sont pus rares, connaissent une même segmentation riches-moyens-pauvres au sein du public et au sein du privé ! Le seul rapport public-privé n’explique pas tout, la qualité de l’école dans certains territoires oubliés est une vraie question à se poser! Elle ne relève bien évidemment pas que du public mais aussi des moyens affectés, notamment de la formation et de l’expérience des enseignants. Développer et faciliter l’accès au privé ne risque-t-il pas de bénéficier encore une fois à quelques un-es au détriment de la grande masse?! (cf les différents programmes internat d’excellence etc…) laissant du monde sur le bas-coté, renforçant les écarts au sein même des populations les plus vulnérables et attisant le sentiment (et la réalité) de disqualification ! L’égalité n’est pas de donner une chance a certains, mais bien de rétablir les conditions et moyens d’accès à une scolarité réussie pour tous-tes, l’école publique devrait être la mieux placée pour répondre à ce défi! Si l’éducation est un véritable enjeu, ce que tout le monde s’accorde a dire aujourd’hui, à quand un véritable plan stratégique ambitieux et surtout doté des moyens ad’hoc??? A quand des écoles d’excellence partout? attractives d’elles-mêmes pour tous les publics?

ELIOTT

04/02/2015 07h08

voilà typiquement une analyse faite à l’envers et très « démocratique » !
comme pour d’autres sujets, on ne veut pas regarder la réalité: qui va enseigner dans ces quartiers; les plus novices ! dès qu’ils le peuvent ces profs font tout pour se faire nommer dans des zones plus faciles.
que l’on commence donc par faire le ménage à l’éducation nationale et son idéologie folle sur l’égalitarisme intégriste.

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