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Bibliothèques

« On ne peut pas rayer d’un trait de plume les missions des BDP » – Mélanie Villenet-Hamel

Publié le • Par • dans : France

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Mélanie Villenet-Hamel, présidente de l'ADBDP Mélanie Villenet-Hamel, présidente de l'ADBDP © Christophe Cambon

Quatre mois après son élection à la tête de l’Association des directeurs de bibliothèques de prêt (ADBDP), Mélanie Villenet, directrice de la BDP de l’Hérault, fait le point avec La Gazette sur les grands sujets d’actualité de la profession : réforme territoriale, prêt de livres numériques, rôle de la lecture publique dans la prévention de l’intolérance.

 

Chiffres-clés

  •  95 BDP
  • 14 193 points desservis (14 896 communes), soit 22,440 millions d'habitants
  • 415 060 documents laissés en dépôt
  • 2638 agents (2461 ETP), dont 1758 de la filière culturelle (1660 ETP) et 116 conservateurs des bibliothèques (110 ETP)
  • 685 véhicules (dont 242 bibliobus)

Source : ministère de la Culture, 2011

Elue le 30 septembre 2014 à la présidence de l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt (ADBDP), Mélanie Villenet est déterminée à porter haut et fort les missions des bibliothèques départementales de prêt, alors qu’avec la réforme territoriale se profile la recomposition opérationnelle des réseaux de lecture publique. Au printemps, l’association compte publier un document sur le sujet.

Avec l’émergence des métropoles, la réforme territoriale va bousculer les BDP. Comment analysez-vous cette perspective ?

Nous n’analysons pas la question par rapport au statut des BDP, mais par rapport à leurs missions. Ce qui nous importe, c’est la pérennité de ces missions. Les bibliothèques départementales ont plus que jamais un rôle à jouer dans le paysage de la lecture publique, qu’elles relèvent d’un département rural ou urbain. Il s’agit de mutualisations à opérer, de coopérations à mettre en œuvre, de réseaux à mettre en place. Dans tous les départements, un certain nombre d’équipements ne pourraient fonctionner sans notre appui. On ne peut pas rayer d’un trait de plume les missions des BDP. Leurs propositions sont très diversifiées : certaines ont maillé leurs territoires d’annexes qui structurent des petits réseaux locaux ; d’autres rayonnent, à partir de sites centraux, au plus près des territoires ; d’autres encore ont une politique de conventionnement avec les agglomérations, etc. Nous nous adaptons à la fois aux spécificités des territoires et aux projets politiques de nos élus. D’ailleurs, il y a quelques mois, l’Inspection générale des bibliothèques a produit un rapport qui dressait un bilan très positif du rôle des BDP.

Mais dans certains cas, on risque de voir des métropoles vouloir étendre leur action là où intervient la BDP…

Actuellement existent des départements où le réseau de lecture publique de l’agglomération ne concerne pas toutes les bibliothèques présentes dans son périmètre. Dans ce cas, ces bibliothèques-là sont desservies par la BDP. Si demain, la métropole intègre tous les équipements de lecture publique, comment, dans un contexte financier contraint, pourra-t-elle se passer de l’expertise de la BDP en ingénierie culturelle, en formation personnelle ? Les futures métropoles auront-elles les moyens de mettre du personnel salarié dans toutes les bibliothèques, là où interviennent des bénévoles ? Seront-elles capables de former ces bénévoles ? A moyens constants, voire déclinants, les futures métropoles pourront-elles fournir des ressources documentaires et une programmation culturelle à tous les petits équipements qui, actuellement, dépendent fortement de la BDP ?

Les missions des BDP doivent-elles forcément continuer à relever des départements ?

L’ADBDP ne souhaite pas se positionner sur cette question, qui est du ressort des élus, mais mettre l’accent sur les missions des BDP et leur avenir. Nous préparons d’ailleurs un texte pour clarifier notre position sur ces missions.

Bibliothèque de Trouville-la-Haule (Eure)

Bibliothèque de Trouville-la-Haule (Eure). Flickr CC-BY-SA-4.0 François GOGLINS

Dans tous les départements, un certain nombre de bibliothèques ne fonctionneraient pas sans notre appui.

Le 8 décembre dernier, l’ADBDP, d’autres associations de bibliothécaires, le ministère de la Culture et les représentants des auteurs, éditeurs, libraires et diffuseurs, ont signé(1)  un document portant 12 recommandations pour le développement du prêt de livres numériques. Qu’avez-vous retiré de cette démarche ?

Nous entendons rester très vigilants sur la question du livre numérique. Car nous sommes convaincus qu’il faut diversifier et évaluer les expérimentations. Nous avons attiré sur ce point l’attention des membres du groupe de travail réuni par le ministère de la Culture en vue de la signature de ce texte. Nous regrettons que le document signé le 8 décembre ne mentionne pas cette nécessité. Nous avons envoyé le 19 janvier une lettre à la ministre de la Culture pour lui demander que soient soutenues et évaluées plusieurs expérimentations dans diverses collectivités. On ne peut pas se contenter d’évaluer la seule expérimentation « PNB » [Prêt numérique en bibliothèque, expérience organisée avec le soutien du Centre national du livre, dans une demi-douzaine de villes, ndlr]. Nous ne voulons pas nous retrouver prisonniers d’un seul modèle, alors qu’il est possible de favoriser l’émergence d’une offre nouvelle par le biais d’expérimentations.

Les événements tragiques des 7 et 9 janvier 2015 en France ont projeté une lumière crue sur l’urgence de la lutte contre l’intolérance. Quelle part les bibliothèques peuvent-elles y prendre ?

Les bibliothèques se conçoivent comme des lieux de diffusion de culture et de savoirs – de tous les savoirs. Tous les bibliothécaires sont attachés au pluralisme des collections au fait que l’on puisse retrouver dans nos équipements la diversité des idées et des opinions. Leurs collections et leurs activités – notamment les débats qu’elles peuvent organiser – font des bibliothèques des lieux qui accueillent les échanges démocratiques et pacifiques. C’est un élément majeur de notre idée professionnelle. Plus que jamais, après les actes de terrorisme que nous venons de connaître, les citoyens ont besoin de comprendre, de s’informer, d’échanger.

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    Notes

    Note 01 - Les signataires du document sont : le ministère de la Culture et de la Communication, la Fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture, l’Association des bibliothécaires de France, l’Association des directeurs de bibliothèques départementales de prêt, l’Association des directeurs des bibliothèques municipales et des groupements intercommunaux des villes de France, le Conseil permanent des écrivains, le Réseau de coopération pour l’accès aux ressources numériques en bibliothèques (Carel), le Syndicat de la librairie française, le Syndicat national de l’édition, le Syndicat des distributeurs de loisirs culturels - Retourner au texte

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Thèmes abordés BibliothèquesPolitiques culturellesRéforme territoriale

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