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Protection de l'enfance

« Nous avons besoin d’être formés pour faire respecter la laïcité », Francis Robert, ANMECS

Publié le • Par • dans : France

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Francis Robert  MECS © Francis Robert

Alors que le débat sur les moyens de faire respecter la laïcité est relancé, Francis Robert, président de l'association des directeurs des maisons d'enfants à caractère social (ANMECS), explique comment les professionnels de la protection de l'enfance prennent en charge l'éveil à la citoyenneté des enfants placés dans leurs établissements, financés par les conseils généraux.

 

Comment assurez-vous le vivre ensemble au sein de vos établissements ?

Nos établissements se doivent d’être contenants et bien-traitants. Notre accompagnement a pour ambition d’assurer aux jeunes accueillis une écoute et une vigilance importante, qui se traduisent par des échanges individuels et collectifs réguliers. La mise en mots des actes, la reprise de discours déviants, sont une priorité dans notre travail d’éducateur. Pour remplir ce rôle, nous avons des réunions d’équipes, des groupes d’analyses de pratique, de la supervision. Le travail avec les familles, le conseil de vie sociale, et toutes les instances qui favorisent l’échange et le débat, contribuent à maintenir ce vivre ensemble indispensable à la construction identitaire de chacun.

Avez-vous à gérer des demandes à caractère religieux ?

C’est très variable. Dans mon établissement (NDLR : situé en Meurthe-et-Moselle), j’ai rarement des demandes alors que des directeurs de Mecs sur d’autres départements semblent plus sollicités. A l’admission d’un enfant, dans le cadre du contrat de séjour ou du Document individuel de prise en charge (DIPC), la question de la pratique religieuse est évoquée avec la famille, et chaque demande, faire le ramadan comme se préparer à sa première communion, est discutée. Mais la majorité des placements étant encore aujourd’hui, malgré la loi de 2007, judiciaire, l’adhésion des familles à ce projet pour l’enfant n’est pas toujours possible.

Vous estimez vous assez formés pour faire respecter la laïcité et prendre position ?

La réponse est clairement non. Nous sommes trop souvent dans des réponses individuelles ou des interprétations qui peuvent favoriser du trouble plus que de la clarté. Les enfants expriment parfois une grande confusion : avoir du mal à dire « je suis français », dire « je suis musulman », pensant qu’il s’agit d’une nationalité… En face, ils faut que nous soyons très carrés.

C’est pourquoi, au sein de notre association, nous envisageons d’organiser rapidement des journées de formation, d’échange de témoignages, ce, dans différentes régions, afin d’améliorer nos connaissances, d’avoir des orientations fondées sur des textes de lois, et aussi de disposer de règlements intérieurs conformes. Nous allons faire appel à l’ANDESI (association nationale des cadres du social), qui travaille déjà avec nous dans l’organisation de nos Journées nationales annuelles.

Comment analysez-vous le parcours des frères Kouachi, les deux terroristes de l’attentat contre Charlie Hebdo orphelins dès leur enfance, pris en charge par la protection de l’enfance ?

Le danger pour un jeune, qu’il soit suivi ou non par un service de la protection de l’enfance, c’est l’errance et l’abandon, l’absence de projet. L’être humain en général, et plus particulièrement un enfant, a besoin de donner du sens à sa vie. L’accompagnement familial ou les institutions qui accompagnent les citoyens de demain doivent garantir que personne ne reste isolé. L’isolement, encore une fois, favorise les mauvaises rencontres. Prostitution, drogue, endoctrinement… Aussi, plus qu’aux liens du sang, je crois aux liens de l’attachement.

Il se peut que les frères Kouachi n’aient pas eu l’occasion de développer cette relation constructive. J’aimerais que l’on parle aussi de nos jeunes qui réussissent leur intégration sociale. Et ils sont nombreux ! D’ailleurs, notre association soutient un travail de recherche en cours, réalisé avec l’Institut national d’études démographiques (INED), sur ce que deviennent ces jeunes adultes. Et puisque nous avez parlé du vivre-ensemble, il me semble important de repréciser que les jeunes que nous accompagnons, parfois plusieurs années (NDLR : les adolescents sont, en moyenne, placés en foyer pour une durée de trois ans, accompagnement qui peut se poursuivre par un contrat jeune majeur), que ce soit en institution, en famille d’accueil ou à domicile, ont bien entendu besoin des éducateurs et des autres professionnels, mais pas seulement. Ils ont besoin de tous les acteurs de la société, car le vivre ensemble, c’est l’affaire de tous.

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Thèmes abordés LaïcitéLutte contre l'exclusionProtection de l'enfance

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  1. 1. Nathalie Danrey 18/09/2015, 09h23

    Bonjour, En ce qui concerne votre journée d'étude sur "les établissements au prise des faits religieux", auriez-vous des documents écrits à disposition ? J'aborde ce sujet lors d'un dispositif d'accompagnement au soutien des professionnels. Je vous en remercie par avance et vous adresse mes sincères salutations.
    Nathalie DANREY -psychologue au Service Educatif d'Investigation à Epinal

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