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Politique de la ville

Après les attentats, les élus locaux veulent infléchir la politique de la ville

Publié le • Mis à jour le • Par • dans : A la une, France

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MElKhomri © H. Hamon / MJVS

Suite aux attentats, la secrétaire d'Etat en charge de la politique de la ville, Myriam El Khomri, a reçu des représentants des collectivités territoriales pour préparer une réorientation de la politique de la ville. En première ligne sur le terrain, les maires de Ville & Banlieue ainsi que de l’association des maires des grandes villes de France (AMGVF) lui ont fait part de leur ressenti et soufflé plusieurs idées qui pourraient inspirer le gouvernement lors d’un séminaire interministériel consacré à la question, jeudi 22 janvier, à Matignon.

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Cet article fait partie du dossier

Quand les attentats bousculent les politiques de cohésion sociale

 

Quelles réponses apporter aux débats soulevés par les attentats ? Depuis une dizaine de jours, la secrétaire d’Etat en charge de la politique de la ville, Myriam El Khomri, enchaîne les consultations. Qu’il s’agisse des associations d’élus, des réseaux de professionnels, les acteurs de la politique de la ville défilent, échangent, et expriment leurs besoins.

Lire notre dossier : La nouvelle politique de la Ville répond-elle aux attentes des professionnels ?

Séminaire gouvernemental - Si les amalgames entre radicalisation islamiste et quartiers populaires doivent être évités autant que possible dans cette période trouble, selon le gouvernement, celui-ci envisage sérieusement de répondre aux tragiques évènements des 7, 8 et 9 janvier par une refonte de la politique de la ville. Lors d’un séminaire interministériel organisé jeudi 22 janvier, Patrick Kanner et Myriam El Khomri doivent en effet émettre un lot de mesures permettant de dépasser les seuls enjeux urbains, économiques et sociaux habituellement traités par les contrats de ville.

« Le cœur du sujet, c’est d’identifier comment faire toucher du doigt les valeurs de la République à la jeunesse des quartiers populaires, et pas seulement par un discours théorique mais par une expérience au quotidien » confie une conseillère de Myriam El Khomri. La ministre de l’Éducation nationale devrait pour sa part présenter une série de mesures touchant à la citoyenneté, la laïcité ainsi qu’à la mixité sociale.

Fractures territoriales - « Après que des enfants de la République soient ainsi tombés dans l’obscurantisme et la barbarie la plus totale, nous sommes obligés de nous interroger sur notre modèle de société. Ces incidents révèlent de profondes fractures au sein de nos territoires » semble prendre conscience Jean-Louis Fousseret, président (PS) du Grand Besançon, lors des vœux de l’association des maires des grandes villes de France (AMGVF).

« Ce sont dans nos quartiers, dans nos villes, que les fragilités sociales et le non-respect des valeurs républicaines se répercutent » renchérit André Rossinot, président de la communauté urbaine du Grand Nancy et secrétaire général de ce réseau de l’AMGVF. « Les acteurs locaux ont une grande responsabilité, ne serait-ce parce qu’ils sont en première ligne sur les enjeux de citoyenneté, d’éducation, de laïcité » clame encore Jean-Louis Fousseret, premier vice-président de ce réseau. Tout autant rattrapés par l’actualité que le gouvernement, les élus locaux font partie des premiers demandeurs de cette réorientation de la politique de la ville vers des enjeux quelque peu oubliés.

Remontées de terrain - Depuis deux semaines, ils n’ont de cesse de faire des remontées de terrain pour alimenter la réflexion de Myriam El Khomri et son équipe. L’association Ville & Banlieue a également participé à ce nouveau brainstorming sur la politique de la ville et fait remonter au ministère… ce qu’ils ne cessent de répéter depuis plusieurs mois à François Lamy, Najat Vallaud-Belkacem et récemment, le tandem Kanner-El Khomri.

Cet autre réseau, composés uniquement d’élus de banlieues, a ressorti de ses placards des propositions déjà formulées dans le cadre de la campagne présidentielle de 2012, en espérant cette fois-ci être davantage entendus. Ils proposent notamment d’enseigner les principes et l’histoire des différentes religions à l’école, cours « qui serait replacé dans le contexte d’une laïcité dénuée d’ambiguïté, bien expliquée et bien comprise » précise le document de cette association apolitique.

Outre une formation spécifique et un bonus de rémunération pour les enseignants affectés en REP et/ou dans les quartiers de la politique de la ville, ils réclament également d’ouvrir davantage l’école aux parents et aux partenaires de l’éducation populaire.

Politique transversale - Le maire (UMP) de Mulhouse Jean Rottner met néanmoins en garde : « le gouvernement ne trouvera pas de solutions s’il décide de rentrer par la seule porte de l’Education. Cette question doit être réfléchie en liaison avec celle du logement. Le contrat unique en préparation suite à la dernière réforme de la politique de la ville va d’ailleurs dans ce sens, c’est positif » assure-t-il.

« Il faut savoir dire les choses, et mettre les problèmes sur la table pour espérer trouver une solution. Je ne constate pas d’apartheid au sein de mon agglomération, mais j’ai une vraie interrogation sur la façon dont peut être assuré l’apprentissage du français et l’inculcation des valeurs républicaines dans une classe composée à 95% d’enfants issus de l’immigration ? La mixité à l’école doit être évoquée, et la carte scolaire très probablement rediscutée », réclame ainsi le vice-président de Mulhouse Agglomération, par ailleurs président de la fédération nationale des agences d’urbanisme (FNAU).

Réaffirmer la laïcité - Autres doléances portées par ces 120 maires de banlieues : créer la fonction de « médiateur de la laïcité » capable d’intervenir en cas de conflit opposant le service public – par définition neutre – à ses usagers ayant des pratiques ou des demandes communautaires.

« Il faut faire en sorte que chacun joue son rôle dans la promotion et la défense de ce modèle, socle du pacte républicain dans la tradition française : les élus locaux doivent résister avec autorité et bienveillance aux revendications communautaires, tandis que l’Etat doit appuyer systématiquement et sans réserve les professionnels de première ligne, qu’il s’agisse des élus, des fonctionnaires territoriaux et de l’Education nationale, de la police ou de la justice » détaille par exemple Ville & Banlieue.

Quid de la déontologie des journalistes ? - L’association d’élus locaux ne manque pas non plus d’idées en ce qui concerne les médias. Ils proposent de faire évoluer le traitement de l’actualité des banlieues dans un sens plus positif grâce à « des formations aux journalistes, et en les incitant – à travers une charte déontologique ? – à valoriser davantage les faits, personnages, expériences susceptibles de faire exemple. »

Pour contrer la radicalisation religieuse sur internet, ces maires dont les villes abritent des quartiers populaires comptent promouvoir « une éducation aux médias et aux réseaux sociaux », afin de favoriser une approche critique et une vigilance parmi les jeunes et moins jeunes internautes. »

Élargir l’introspection à l’ensemble de la Cité - A l’heure où les contrats de ville sont en cours de négociation, les revendications des acteurs locaux se portent autant sur la création de dispositifs que de principes à réaffirmer et à appliquer concrètement sur le terrain. « Il est évident que nous n’attendons plus seulement de l’ANRU qu’ils implantent des commerces en bas des immeubles » prévient Jean Rottner.

« Nous avons besoin d’une politique de la ville complètement différente, avec plus d’humain, plus de citoyenneté et surtout une vision globale des problèmes. Ce n’est pas seulement la question des quartiers difficiles qui se pose aujourd’hui en France, il faut sortir de la politique des cités pour bâtir une nouvelle politique de la cité » clame ce chantre de la participation citoyenne.

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